«C’est mon tournant de carrière»

«C’est mon tournant de carrière»

L'auteur Guillaume Morrissette vient de publier «L'Oracle et le revolver»

Crédit photo : Marie-Eve Alarie

LITTÉRATURE. L’auteur trifluvien Guillaume Morrissette dévie de l’univers des enquêtes policières de l’inspecteur Héroux le temps d’un roman qui entraînera plutôt ses lecteurs dans une dystopie psychologique et philosophique.

On y retrouve Joseph qui se réveille dans un village côtier où rien ne lui semble familier, sans compter que pour les habitants, il semble être le sauveur annoncé par une mystérieuse prophétie.

Son premier devoir de souverain: exécuter la sentence d’un condamné à mort, ce qu’il refuse. Toutefois, ce refus entraînera le village et ses habitants dans un chaos sans précédent. Le temps presse, car l’Oracle du village, une figure mythique, le condamne également à mort afin d’assurer sa domination.

«Joseph s’en fout de se faire condamner à mort. C’est que tous les habitants du village sont vulnérables à une chose à laquelle il est immunisé: se faire pointer du doigt par l’Oracle du village. C’est terriblement puissant, mais lui, ça ne le dérange pas de se faire pointer du doigt. Il fait ce qu’il a à faire», explique l’écrivain.

Joseph devient alors un modèle pour plusieurs habitants. Des gens se collent à lui, tandis que les autres se rangent du côté de l’Oracle. Le dernier espoir de Joseph réside alors en une vieille chaloupe, une arme sans munition, un nouvel ami et quelques alliés terrorisés.

«Dans la vie, je te dis: fais ce qui te tente. J’ai créé une place où tu n’en as pas le droit. J’ai mis un gars là-dedans qui ne comprend pas pourquoi il n’a pas le droit. Tout est relié au non-changement. Ça se veut une allégorie de la vie, quand tu t’empêches de faire plein de choses pour les mauvaises raisons. L’Oracle symbolise la résistance au changement», précise-t-il.

Il faut dire que chaque changement a un impact majeur dans ce petit village…

Quatre ans de travail

Guillaume Morrissette travaillait ce projet depuis plusieurs années en parallèle de ses romans policiers. Ce village, il existait déjà dans la tête de l’auteur, mais il ne l’avait pas encore modélisé tel qu’il apparaît finalement dans le roman.

«C’est mon tournant de carrière, affirme sans détour Guillaume Morrissette. J’ai travaillé ce concept en fou. Ça m’a demandé quatre ans de travail pour développer ce concept et tout l’univers du roman. J’ai même composé des chansons qu’on retrouve à la fin du bouquin. Tous les personnages ont aussi une origine réelle. Leur nom veut dire quelque chose dans une autre langue et ça les représente tous d’une certaine façon.»

«Ce n’est pas facile à écrire comme un roman policier, poursuit-il. Un roman policier, c’est cartésien: un plan A, un plan B, un transfert d’informations, la découverte d’un suspect… Il y a une trame narrative. Là, c’est différent. C’est très excitant à faire. J’ai l’impression que ça pourrait être mon premier roman à être adapté à la télévision ou au théâtre. Je serais curieux de voir cet univers dans l’œil d’un réalisateur.»

Le roman «L’Oracle et le revolver» est disponible en librairie.

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Mars 2019

Avis aux inconditionnels des enquêtes de l’inspecteur Héroux: sachez qu’une nouvelle affaire sera publiée en mars 2019.

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