Courte grève des enseignants : «Nos revendications vont bien au-delà du salaire»

Photo de Marie-Eve B. Alarie
Par Marie-Eve B. Alarie
Courte grève des enseignants : «Nos revendications vont bien au-delà du salaire»
Les enseignants ont manifesté aux quatre coins de la ville le 14 avril en début de matinée. (Photo : Marie-Eve Alarie)

Des milliers d’enseignants de la Mauricie étaient en grève jusqu’à 9h30 ce matin pour dénoncer le manque d’écoute du gouvernement à la table des négociations.

Sans contrat de travail depuis plus d’un an, les enseignants réclament des améliorations significatives dans leur quotidien, notamment par le biais d’une meilleure composition des classes et des ajouts de services, un allègement de tâche, de meilleurs salaires et moins de précarité.

«Nos revendications vont bien au-delà du salaire, souligne Claudia Cousin, présidente du Syndicat de l’enseignement des Vieilles-Forges (SEVF). Notre tâche est complexe. Il faut répondre aux besoins de chaque élève dans les classes. Ça demande de plus en plus de temps aux enseignants. On demande entre autres au gouvernement de nous laisser du temps pour répondre aux besoins de chacun des élèves.»

Mme Cousin soutient que les solutions proposées par le gouvernement ne répondent pas aux besoins des enseignements et, ultimement, aux besoins des élèves.

«C’est là que ça achoppe dans les négociations. On présente des solutions qui vont aider les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions d’exercice des enseignants, mais le gouvernement ne les écoute pas et arrive avec ses propres solutions sans tenir compte des besoins réels dans les établissements.»

Claudia Cousin, présidente du Syndicat de l’enseignement des Vieilles-Forges (SEVF)

«Le travail des enseignants, maintenant, c’est sept jours par semaine. Les conjoints et conjointes peuvent en témoigner : les enseignants sont occupés les soirées, les samedis et les dimanches. Pendant l’été, parfois, ils prennent de l’avance. Le travail d’un enseignant n’a pas de fin», affirme-t-elle.

Le SEVF (FSQ-CSQ) aurait souhaité avoir une plus grande écoute de la part du gouvernement à la table de négociations. «Il y a eu de nombreuses coupures dans les budgets dans les dernières années. Là, le gouvernement est en train de nous redonner, à la graine, ce qu’on a enlevé comme services dans le milieu de l’éducation ces dernières années. On n’a pas encore dépassé ce que ça prenait pour aider tout le monde qui travaille dans le milieu de l’éducation.»

Devant l’école Marie-Leneuf à Trois-Rivières, de nombreux klaxons se faisaient entendre en soutien aux enseignants qui manifestaient.

Claudia Cousin sent, d’ailleurs, que la population et les parents soutiennent de plus en plus la cause des enseignants. «Les gens connaissent un peu notre travail. On le dit depuis plusieurs années que notre tâche se complexifie. Je crois que la pandémie a fait réaliser aux parents l’ampleur de cette tâche et à quel point nos enseignants sont dévoués», ajoute-t-elle.

Les membres syndiqués de la FSE-CSQ ont voté à forte majorité jusqu’à un maximum de cinq jours de grève à exercer au moment jugé opportun. Ce principe de grève de courte durée expérimenté ce matin avait pour objectif de perturber l’administration scolaire, tout en minimisant les répercussions sur les services éducatifs.

«On commence avec une courte période. Beaucoup de parents sont encore en télétravail à la maison. Une journée complète de grève aurait pu être dérangeante pour eux. On sait qu’on a dérangé l’horaire des parents ce matin, mais les élèves reviennent en classe dès 9h31», conclut Mme Cousin.

Rappelons que cette grève visait tous les secteurs d’enseignement : le préscolaire, le primaire, le secondaire, la formation professionnelle et la formation générale des adultes du Centre de services scolaire Chemin-du-Roy. Le Syndicat de l’enseignement des Vieilles-Forges représente 1850 membres du Centre de services scolaire Chemin-du-Roy.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires