COMSEP fragilisé par la pandémie

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Par Marie-Eve B. Alarie
COMSEP fragilisé par la pandémie
Sylvie Tardif, coordonnatrice générale de COMSEP. (Photo : Marie-Eve Alarie)

L’organisme COMSEP est aux premières lignes pour constater les impacts de la pandémie de la COVID-19 et des mesures mises en place depuis le 12 mars auprès d’une population déjà vulnérable. L’organisme s’en est lui-même retrouvé fragilisé, des revenus de 50 000$ n’étant plus au rendez-vous.

«On ne peut pas tenir nos campagnes de financement dans les rues et la friperie, maintenant ouverte, a été fermée pendant plusieurs semaines. COMSEP est aussi propriétaire de la Maison de la solidarité. On a 16 locataires dont certains ont aussi été fragilisés pendant la pandémie. On a eu des demandes de report de paiement de loyer. Il y a aussi la Démarche des premiers quartiers, qui occupait un local, qui a fermé. On fait face à des coûts supplémentaires pour adapter nos locaux avec des revenus qu’on n’a pas», explique Sylvie Tardif, coordonnatrice générale de COMSEP.

L’organisme doit également mettre en place les mesures sanitaires nécessaires à la sécurité toutes les personnes qui travaillent ou qui viennent à la Maison de la solidarité pour recevoir des services. C’est une superficie de 40 000 pieds carrés qu’il faut ainsi sécuriser. Des bouteilles de désinfectant ont notamment été déposées aux quatre coins de la bâtisse et il a fallu produire des bannières d’information sur les mesures sanitaires. De nombreuses modifications ont aussi dû être apportées à la cafétéria.

Le Centre intégré universitaire en santé et services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec  et le bureau du député Jean Boulet ont accordé une subvention à COMSEP pour l’aider à débourser les frais reliés à l’adaptation du bâtiment pour respecter les mesures sanitaires en vigueur.

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Par ailleurs, deux agentes de prévention sanitaire sont affectées à la désinfection des rampes, poignées et toilettes. Elles sont aussi sur place pour donner les consignes de santé publique aux usagers.

«On a aussi une clientèle de faibles lecteurs qui prennent normalement part à nos ateliers d’alphabétisation. Il a fallu penser à eux lorsqu’on a conçu les bannières d’information. On y a intégré des pictogrammes avec les consignes afin que ce soit plus simple à comprendre», précise Mme Tardif.

La clientèle éprouvée

Les faibles lecteurs ont aussi connu des temps durs ces dernières semaines. Ceux d’entre eux qui ont perdu leur emploi ont éprouvé plusieurs difficultés à remplir les informations nécessaires pour recevoir la Prestation canadienne d’urgence (PCU).

«On les sent plus fragiles. On a fait beaucoup de suivis téléphoniques. L’équipe en a aussi aidé plusieurs à remplir leur demande de PCU, souligne Mme Tardif. Les faibles lecteurs qui sont dans le réseau n’ont pas été laissés à eux-mêmes. On leur faisait parvenir du matériel d’alphabétisation sur leur balcon. Mais on a seulement 600 noms dans nos dossiers. On sait qu’on ne rejoint pas tous ceux qui en auraient réellement besoin.»

«La facture d’épicerie a beaucoup augmenté et ils n’ont pas eu d’aide gouvernementale du provincial pour passer à travers» -Sylvie Tardif

«L’accès à la technologie a également été un obstacle pour bien des personnes qui utilisent nos services, ajoute-t-elle. En ce moment, quand on fait des demandes de subvention, on demande aussi des tablettes électroniques pour pouvoir aider et en prêter, au besoin. On aimerait aussi que l’accès WiFi soit élargi au centre-ville jusque dans les quartiers populaires.»

Mme Tardif fait aussi remarquer que les prestataires de l’aide sociale ont été peu gâtés pendant la pandémie. «Les coûts pour s’alimenter ont augmenté pendant le confinement. Il n’était plus recommandé de faire deux ou trois épiceries pour chercher les rabais, alors tu te limites à une épicerie. La facture d’épicerie a beaucoup augmenté et ils n’ont pas eu d’aide gouvernementale du provincial pour passer à travers», plaide-t-elle.

Des traductions en langue arabe

Lorsque la réouverture des écoles a été annoncée, l’équipe de COMSEP a effectué un important blitz d’appels pour rejoindre les parents inscrits à leurs services. Certains d’entre eux n’étaient pas au courant de la réouverture des écoles.

«Il y avait des faibles lecteurs, mais aussi des immigrants qui ne maîtrisent pas encore la langue française. On a même fait traduire des documents d’information en arabe pour une quarantaine de familles. Même au début du confinement, on remarquait que ce n’était pas tout le monde qui était au courant après deux semaines», raconte la coordonnatrice de COMSEP.

Entre télétravail et bureau

COMSEP se prépare à reprendre l’essentiel de ses activités dès la fin août ou le début du mois de septembre. Les équipes en place planchent actuellement sur la mise en place d’une méthode de travail hybride qui allierait le travail à la maison au travail en présentiel au bureau.

C’est que les locaux de la Maison de la solidarité, relativement petits, doivent être repensés pour respecter les normes sanitaires puisque la distance de deux mètres entre des bureaux peut être difficilement respectée. Certains ateliers devront aussi se faire en groupe plus réduit en raison de l’espace disponible dans les locaux.

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