Les «wake-ups» sont-ils néfastes?

Les wake-ups sont populaires, notamment, auprès des étudiants. Ces capsules sont disponibles en vente libre dans toutes les pharmacies du coin. Elles permettent au consommateur de repousser le sentiment de fatigue… ou du moins, lui en donne l’impression.

«La popularité des comprimés de wake-ups chez la population étudiante est particulièrement élevée lors de la session d’examen. La charge de travail est grande et les heures viennent à manquer. Les comprimés de wake-ups sont utilisés pour combattre la fatigue et ils sont en vente libre les pharmacies. L’agent actif de ces comprimés est essentiellement la caféine. L’équipe qui travaille sur le projet a extrait la caféine des comprimés de wake-ups pour en connaître la quantité exacte», explique Virginie Laurin, enseignante du cours Projet de fin d’études en sciences de la santé au Cégep de Trois-Rivières.

S’en suit la vraie question: est-ce que la quantité de caféine absorbée est sécuritaire si l’on respecte la posologie à l’endos de la boîte?

«Derrière la boîte, il est spécifié que les gens peuvent prendre un comprimé toutes les quatre heures. Nous allons vérifier la quantité de caféine qu’un comprimé contient et nous allons évaluer si c’est dangereux de respecter ce qui est inscrit sur la boîte. L’indication stipule qu’on peut consommer dix consommés en 24 heures, ce qui correspond à 1 000 mg de caféine. Ce serait donc risqué si l’on se fie à Santé Canada qui recommande de ne pas dépasser 400 mg de caféine par jour, et ce, pour une personne en santé», soulignent Bianca Marois et Amélie Lehouiller.

«La dose maximale serait excédée de deux fois et demie. D’abord, la personne peut développer une dépendance, au même type que pour le tabac. Ça peut engendrer des risques au niveau des maladies du cœur. Ça tient éveillé, mais ça n’aide pas du tout à se concentrer. La caféine va prendre la place de l’adénosine sur les récepteurs du cerveau, une hormone chargée du sommeil. On ne peut donc pas s’endormir, mais on est tout autant fatigué par contre», ajoutent les deux autres membres de l’équipe, Jonathan Caron et Simon Durette.

Extraire la caféine

Il y a plusieurs étapes à franchir avant d’extraire la caféine.

«Nous écrasons le comprimé d’abord pour ensuite le placer dans l’eau. Ensuite, nous y mettons un solvant qui sert à aller chercher toutes les particules de caféine et les dissocier de tout ce qu’on ne veut pas. Puis nous allons faire sécher le précipité et nous pourrons peser la caféine pure. Nous découvrirons alors la quantité exacte de caféine par comprimé», ajoutent-elles.

Confiance aveugle?

«C’est difficile d’expliquer pourquoi le gouvernement laisse le produit en vente libre. Le consommateur fait confiance à ce qui est écrit par le fabricant ou le fournisseur. Au moins, dans la mise en garde, il précise de ne pas prendre de café en plus», confie Mme Laurin.

Caféine omniprésente

«Les gens doivent faire attention parce qu’on retrouve de la caféine ailleurs, notamment dans le chocolat ou dans les boissons gazeuses. Aussi, il y a de la caféine dans des produits qu’on ne se douterait même pas. On en retrouve dans des pilules de type Mydol, par exemple, qui sont notamment utilisées pour soulager les douleurs menstruelles. La personne est soulagée, mais elle ne sera pas capable de dormir. Elle ne fera jamais le lien avec la caféine car les ingrédients sont indiqués derrière le contenant, mais en tous petits caractères», conclut-elle.