Les producteurs de la Mauricie débattent des enjeux agricoles
RÉGION. Une quarantaine de producteurs agricoles et forestiers de la Fédération de l’UPA de la Mauricie se sont réunis lundi à Trois-Rivières dans le cadre de leur congrès régional. Les délégués représentant les syndicats locaux ont adopté plusieurs résolutions portant sur des enjeux économiques, énergétiques et environnementaux qui touchent directement les entreprises agricoles de la région.
Parmi les sujets discutés, le projet TES Canada, qui prévoit l’implantation d’éoliennes industrielles en Mauricie, a suscité de vives préoccupations. Les participants ont adopté une résolution demandant au ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie d’attribuer un bloc énergétique additionnel à TES Canada afin d’éviter la construction d’éoliennes en milieu agricole. La Fédération invite également le ministre de l’Agriculture, Donald Martel, à intervenir en ce sens.
“L’abandon de plusieurs grands projets industriels, notamment dans la filière batterie, libère une capacité énergétique importante. Il n’y a donc aucune raison d’imposer un projet éolien en plein cœur de nos terres agricoles, alors que des mégawatts sont disponibles ailleurs. Le gouvernement doit faire preuve de cohérence dans sa planification énergétique”, souligne Martin Marcouiller, président de la Fédération de l’UPA de la Mauricie.
Trois autres résolutions, à portée provinciale, ont été adoptées pour interpeller le gouvernement du Québec. Les producteurs réclament d’abord une hausse du financement public accordé à l’agriculture, afin d’atteindre la moyenne canadienne et de soutenir la relève, la recherche, l’innovation et la transition écologique. Ils demandent également une meilleure équité dans le système du marché du carbone, souhaitant qu’une part des revenus générés par la tarification soit retournée au secteur agricole ou, à défaut, son retrait complet du système. Une dernière résolution vise à accélérer et simplifier les procédures d’autorisation liées à la gestion des cours d’eau pour alléger la charge administrative des producteurs.
Présente à l’assemblée, la deuxième vice-présidente générale de l’UPA, Stéphanie Levasseur, a rappelé l’urgence d’un meilleur soutien gouvernemental :
“Les gouvernements à travers le monde consacrent en moyenne 2% de leurs dépenses à leur agriculture, alors que les soutiens québécois et canadien ne dépassent toujours pas 1%. Il est impératif de rectifier le tir. Investir en agriculture et en foresterie, c’est aussi miser sur des secteurs d’avenir qui permettent de créer des milliers d’emplois en région, de développer le territoire, d’innover et de nourrir durablement les consommateurs d’ici et d’ailleurs. Un appui indéfectible des gouvernements est nécessaire pour assurer le plein développement de ces secteurs stratégiques.”
Rappelons que la Fédération de l’UPA de la Mauricie représente un millier de fermes exploitées par environ 1 500 producteurs agricoles et forestiers, et qu’elle œuvre à la défense et à la promotion des intérêts professionnels, économiques et environnementaux de ses membres. (F.D.)
