Femmes sans peur en marche

Par marie_eve_alarie
Femmes sans peur en marche
La marche "La rue, la nuit, femmes sans peur" aura lieu le 16 septembre à Trois-Rivières. (Photo : (Photo courtoisie - CALACS Trois-Rivières))

Dans le cadre de la Journée d’action contre la violence sexuelle faite aux femmes, la marche « La rue, la nuit, femmes sans peur » aura lieu le 16 septembre dès 19h à Trois-Rivières.

Depuis 1978, cette marche est organisée afin de permettre aux femmes de revendiquer le droit de se sentir en sécurité la nuit. Cette marche redonne également aux femmes le droit de se réapproprier les espaces publics, qui très souvent, sont synonymes de peur à la tombée de la nuit.

Le départ de la marche se fera à partir du stationnement de la Bâtisse industrielle. Notons qu’un service de navette sera également offert gratuitement pour raccompagner les participants et participantes de la marche à la Bâtisse industrielle à la fin de l’événement qui est organisé par le CALACS de Trois-Rivières et du CALACS Entraid’Action de Shawinigan, Mékinac et Haute-Mauricie.

« On souhaite sensibiliser la population aux droits que tout le monde puisse avoir un sentiment de sécurité peu importe où il ou elle se trouve en public, dans la rue, la nuit. Marcher tous ensemble de la sorte, c’est une reprise de pouvoir sur la sécurité physique, intérieure et psychologique. On dit que ça prend une communauté pour élever des enfants. Pour sensibiliser les gens aussi », indique Marie-Soleil Desrosiers, intervenante au CALACS Trois-Rivières.

« Quand je marche seule, je me fais siffler, crier des noms. Il y a un apprentissage à la peur qui se fait chez les femmes et ça inclut de ne pas aller marcher seule le soir dans la rue, ajoute-t-elle. C’est comme si la responsabilité allait à la victime plutôt que de faire comprendre que ça ne se fait pas de taper une fesse et de harceler les femmes dans les rues. »

Les agressions à caractère sexuel prennent différentes formes. Elles incluent l’agression sexuelle, le viol, l’inceste, les attouchements, mais aussi le voyeurisme, l’exhibitionnisme, les agressions par intoxication volontaire ou involontaire, l’exploitation sexuelle, le harcèlement sexuel et la cybercriminalité sexuelle.

Mme Desrosiers travaille dans le domaine de l’intervention auprès des gens victimes de violence depuis une vingtaine d’années. Elle est à même de constater la forte évolution de la cyberviolence à caractère sexuel.

« Ce nouveau médium permet à des agresseurs d’agresser, d’intimider, de menacer et de harceler et tout ça se fait derrière des caméras. On veut éventuellement demander à nos politiciens et à la population d’intervenir et d’adapter des lois. On pourrait, par exemple, former des policiers spécifiquement pour intervenir sur ce qu’il se passe sur les réseaux sociaux et accorder un meilleur budget pour la lutte à la cyberviolence. Il faut que le gouvernement reconnaisse le problème et son ampleur pour y investir de l’argent. La cyberviolence est aussi dans une zone grise, juridiquement. C’est plus souvent vu comme des propos méchants, mais pas des crimes », explique Mme Desrosiers en citant l’Allemagne qui a mis en place de fortes amendes pour décourager les potentiels agresseurs en ligne.

« Ça devient banal de voir quelqu’un se faire insulter sur les réseaux sociaux. Ça donne des modèles à des jeunes qui réutilisent ces discours. Même si on pense que c’est une forme d’agression indirecte, ça a des conséquences directes sur le cœur, l’âme et même physiquement », précise-t-elle.

L’intervenante au CALACS de Trois-Rivières se réjouit cependant de voir que les jeunes comprennent le phénomène de plus en plus et sont sensibilisés à cette problématique. Il faut savoir que l’organisme fait la tournée des écoles secondaires durant l’année scolaire pour discuter avec les adolescents.

« Il sont contents de nous voir, de parler des vraies choses et d’avoir des solutions, soutient Mme Desrosiers. On voit aussi que les intervenants autour des victimes sont plus sensibilisées également quand ils accueillent des victimes. Avant, on savait qu’il y avait des victimes, mais on parlait peu des conséquences. Aujourd’hui, on comprend plus le phénomène, mais il y a toujours des exceptions à la règle qui nous ramènent au fait qu’il n’y a rien d’acquis et qu’il faut continuer de lutter pour sensibiliser les gens et leur faire comprendre la problématique. »

Le CALACS de Trois-Rivières reçoit entre 150 et 200 demandes d’aide de victimes d’agressions à caractère sexuel. L’organisme vise à aider les femmes et adolescentes victimes d’agressions sexuelles, informer et sensibiliser la population à la problématique des agressions sexuelles et à susciter des réflexions dans le but de favoriser des changements sociaux et politiques.

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