Conflits à l’UQTR: la rectrice se défend

Parlant de bilan de la rectrice Nadia Ghazzali, difficile de passer à côté des récents conflits au sein de la haute direction de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Une firme externe indépendante diagnostique actuellement la structure organisationnelle de la direction supérieure et du personnel d’encadrement de l’UQTR.

C’est que la Commission des études souhaite en savoir davantage sur la façon de faire de la rectrice Nadia Ghazzali et le nouvel organigramme qu’elle propose. La Commission veut prendre le temps de regarder plus attentivement certains documents.

«La culture ici est très particulière. C’est une université régionale avec une culture et une mentalité régionales. Lorsqu’on vient de l’extérieur et qu’on n’a pas d’historique dans l’institution, c’est normal qu’on questionne certaines façons de faire, qu’on bouscule les habitudes. Certains le prennent bien…d’autres non», mentionne Mme Ghazzali.

«Alors on se fait demander: «Pourquoi on fait telle chose? On l’a toujours fait de cette façon.» Mon objectif n’est pas de virer l’université à 180°. L’inertie est très forte dans les universités. Il y a beaucoup de valeurs à respecter auxquelles j’adhère. D’un autre côté, à un certain moment, quand on présente les choses légèrement différemment, il faut les argumenter, les justifier et on ne fait pas ça seul. Je n’ai aucun problème à faire un débat si quelqu’un est réfractaire à la façon de voir les choses. Mais quand on prend une décision, il faut être solidaire autour de cette décision», insiste-t-elle.

On reprocherait à la nouvelle structure proposée par la rectrice le fait qu’il y ait moins de synergie entre les directeurs des départements et les vice-recteurs aux études.

Yves Tousignant, membre du sous-comité chargé d’épauler la firme externe, confie que «des plaintes ont provoqué certains malaises dans la haute direction de l’UQTR.»

«Avec les humains, il y a des conflits»

«Est-ce que c’est normal d’avoir des problématiques reliées aux ressources humaines? Oui, surtout qu’on emploie 2000 personnes. C’est certain qu’un dirigeant aimerait n’avoir que des cas faciles, mais quand on est nommé ou élu, on dirige beau temps, mauvais temps. Il faut garder en tête qu’on travaille avec des humains», soutient la rectrice.

«Avec les humains, il y a des conflits, des gens qui ne sont pas d’accord et d’autres qui sont d’accord. Le tout, comme direction, c’est de traiter les problèmes lorsqu’ils sont petits. Quand ils grossissent, ça devient plus compliqué, mais ils peuvent encore être réglés», ajoute-t-elle.

Transparence, solidarité, loyauté

«C’est important que j’aie mon équipe. Dans cette équipe de direction, je m’attends à de la transparence, la confiance, la solidarité et, surtout, la loyauté», lance Mme Ghazzali.

La doyenne Nicole Bouchard a quitté l’UQTR après un peu plus d’un an de mandat, il y a quelques semaines. Le vice-recteur Claude Arbour a également quitté le navire.

Mme Ghazzali affirme qu’aucun d’entre eux ne se sont fait montrer la porte et qu’ils sont tous deux partis de leur plein gré.

«Je ne peux pas empêcher des gens de postuler ailleurs. Claude Arbour a postulé ailleurs, il a eu le poste. C’est le seul vice-recteur qui a quitté», précise-t-elle.

L’équipe de vice-recteurs est maintenant composée de Sylvain Delisle, Lucie Guillemette (par intérim) et Cléo Marchand (par intérim).

«Les gens jugent sur un petit bout d’informations. Ils n’ont pas le portrait global. Tout le monde a apprécié le travail de Mme Bouchard, mais the show must go on. On doit regarder vers l’avant. On a de très belles réalisations et il nous reste des choses à améliorer. On a déjà mis le doigt sur certaines choses. On doit le faire dans le respect de chacun, pas une histoire de guerre de pouvoir ou de conflit de personnalité. Il faut aller au-devant de tout ça», indique Mme Ghazzali.

Parmi ces choses à améliorer: la mise en valeur des expertises de l’université afin de les faire rayonner à l’extérieur des murs de l’établissement.

«Pleinement soutenue»

La rectrice Nadia Ghazzali dit se sentir «pleinement soutenue» par ses collègues de la haute direction et le conseil d’administration de l’établissement, mais «pas à 100%».

«J’ai un appui très fort. Peut-il être généralisé à 100% ? Non, mais j’y travaille. Au CA, je ne vois pas d’hostilités ni de conflits. Il y a des débats dans l’intérêt de l’université. Pour le reste, j’essaie d’atténuer les choses pour que tout le monde se sente bien, mais jusqu’à preuve du contraire, c’est moi la rectrice», conclut-elle.

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