Artistes de l’horticulture

Jacques Lottinville et Céline Trodéchaud possèdent un immense jardin qui peut faire l’envie des amateurs d’arbres, de plantes et de fleurs. Leur cour a fait l’objet de reportages photos dans des magazines et d’émissions à la télévision. Depuis des décennies, ils en prennent grand soin.

Le couple s’est installé sur le chemins des Pins à la fin des années 70. Jacques, technicien en arts plastiques au Cégep de Trois-Rivières, a lui-même bâti la maison et tout ce que ça comporte: foyer, armoires, etc…

C’est en 1993 que le couple s’attaque à l’aménagement paysager. Une petite dénivellation formant un bassin est devenue le point de départ pour un jardin d’eau où des poissons ont été intégrés.

« Autour de ça, on a commencé à organiser les plates-bandes. »

Et c’est ainsi que le jardin anglais a été aménagé. Au fil des ans, d’autres sections ont été ajoutées.

« Derrière c’est à l’européenne avec les petites haies et les petits arrangements », explique Jacques. « En avant c’est plus flamboyant, ici c’est plus calme parce qu’il y a beaucoup d’ombre », ajoute Céline.

Une section orientale fait aussi partie de la cour.

« Les pots sont suspendus, c’est un peu plus bas, souligne-t-il. Il faut de la créativité. »

Avec tout son talent et sa débrouillardise, Jacques a fabriqué tout ce qu’on peut voir dans la cour: pots, clôtures, fontaines, bancs, ainsi que des tableaux et articles décoratifs. C’est ce qui donne une continuité au décor. Lorsqu’il a bâti une première cabane de jardin pour entreposer les outils et les équipements, Céline a préféré donner une autre vocation au bâtiment.

« L’hiver, on rentre plein de choses ici. Mais l’été, au début, il voulait mettre le tracteur. J’ai dit non, c’est trop beau. Laisse faire le tracteur, on va faire un pavillon à la place! » 

La conjugaison de leurs passions respectives a donné le résultat éclatant qu’on observe.

« Moi, ce sont les fleurs qui m’intéressaient, poursuit Céline. Depuis l’adolescence, j’aime faire des bouquets de fleurs coupées, planter mes plantes. Lui il fait les pots, moi je les garnis! »

Leur cour compte plusieurs centaines de variétés de plantes ce qui assure une successions de punchs tout au long du printemps et de l’été, souligne Céline.

« Au printemps, tous les arbres sont en fleurs: les pommetiers, les aubépines, ensuite le marronnier. J’ai des plantes de printemps pour faire un peu de coloration. Je les concentre à la même place pour faire un petit bouquet en attendant les autres. Après, ce sont les plates-bandes qui partent. L’idée, c’est d’avoir le bouquet en juillet. Le jardin fleurit de la Saint-Jean-Baptiste à la mi-septembre. C’est tout le processus d’évolution d’une plate-bande. Ça nous fait plein de places pour aller prendre l’apéro, rigole-t-elle. Quand la saison avance, on change de place! »

Entretenir une cour de cette envergure demande beaucoup de temps et une certaine discipline.

« Moi, j’appelle ça mon sport, dit Jacques. Je ne joue pas au golf ni au baseball. Je ne sais pas combien de temps je travaille là-dessus, ce n’est pas quelque chose qu’on compte. »

« Pour nous l’été, il y a ça et le vélo. Pour le reste on n’a pas temps, renchérit Céline. L’été, on perd 10 livres! »

Cependant, pas question pour le couple de partir en vacances deux semaines durant la belle saison.

« Ça ne peut pas arriver. Il y aurait trop d’ouvrage en revenant! Et on veut vivre notre jardin aussi. »

Même chose pour les dépenses que cela occasionne.

« Ce n’est pas une question d’argent parce que ça ne coûte quasiment rien », calcule Jacques. Ma fortune, c’est que j’ai toujours réussi à faire ce que je voulais faire. »

« C’est sûr que les plantes, on les achète, ajoute Céline. Je ne les tricote pas l’hiver! C’est quand même un bon budget annuel parce que ça prend du paillis, de la terre et tout. »

Le débat se poursuit entre Jacques et Céline à savoir combien de temps encore ils entretiendront toute la superficie de leur magnifique cour. Souhaitons qu’elle fasse partie du paysage encore longtemps!