Une colle qui pourrait résoudre des crimes

Une colle qui pourrait résoudre des crimes

Le chimiste Benoit Daoust a fait une découverte qui pourrait être utile dans de futures enquêtes policières.

Crédit photo : Audrey Leblanc

SCIENCES. Professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), le chimiste Benoit Daoust a découvert qu’une colle utilisée en médecine vétérinaire est efficace pour révéler de vieilles empreintes digitales sur des surfaces lisses telles que le verre et le plastique. Une découverte qui laissera sans doute sa trace dans les futures enquêtes policières.

En criminalistique, il existe plusieurs façons de révéler les empreintes digitales. La colle est l’une d’entre elles. Depuis les années 80, les spécialistes utilisent la colle cyanoacrylate d’éthyle. Le problème avec cette substance, c’est qu’elle est moins efficace lorsque les empreintes sont vieilles. Benoit Daoust et ses étudiants ont trouvé une façon de remédier à cela.

Ils ont testé trois colles parentes à celle utilisée lors des enquêtes. «On a fait plein de tests pour se rendre compte qu’il y en a une qui est vraiment plus efficace, soit la colle cyanoacrylate de butyle, indique M. Daoust. Elle est un peu plus lourde et un peu plus coûteuse que celle utilisée normalement, mais elle fonctionne très bien sur les vieilles empreintes, particulièrement sur le plastique.»

Il s’agit d’une colle utilisée en médecine vétérinaire, mais pas encore en criminalistique. «C’est la première fois que je faisais une expérience comme ça, mentionne le chimiste. On est bien contents des résultats, mais on ne sait pas pourquoi cette colle fonctionne mieux qu’une autre pour ce type d’empreintes.»

La colle doit d’abord être chauffée pour devenir pratiquement aussi liquide que de l’eau. Elle est ensuite appliquée sur la surface à l’étude. Quand la colle entre en contact avec un composant que l’on retrouve dans les empreintes digitales, elle réagit. C’est cette réaction qui permet de voir et d’analyser les empreintes.

«On a fait l’expérience à différentes températures et on a regardé plein de paramètres pour finalement se rendre compte que ça fonctionne également, indique Benoit Daoust. Des étudiants ont aussi testé le produit avec des cabinets commerciaux chauffants utilisés par les spécialistes. Les résultats étaient sensiblement les mêmes, donc on peut dire que ça fonctionne aussi.»

Un stage au laboratoire de la SQ

C’est en discutant avec Alexandre Beaudoin, un spécialiste dans le domaine criminalistique au Québec, que le professeur a eu l’idée de faire des recherches sur les autres types de colles. «J’ai fait un stage avec lui au laboratoire de la SQ. Pendant une discussion, j’ai soumis l’hypothèse d’utiliser d’autres types de colle. Il m’a dit que personne ne s’était intéressé à ça. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. J’ai voulu tester ça», raconte M. Daoust.

Ce dernier a travaillé au développement du programme en criminalistique à l’UQTR. Cette tâche lui a permis de rencontrer plusieurs partenaires, dont Alexandre Beaudoin.

Quatre types de traces

La criminalistique, c’est la science de la trace. Et il existe quatre types de traces : chimiques (ex. : stupéfiants), physiques (ex. : une porte forcée, des égratignures), biologiques (ex. : ADN) et numériques (ex. : contenu d’un ordinateur).

Il existe également des méthodes pour révéler des empreintes sur des surfaces poreuses (comme le papier) et sur surfaces non poreuses (comme le verre et le plastique). «Nos empreintes sont principalement faites d’eau, mais il y a d’autres choses comme des acides aminés, des gras et des minéraux», énumère le chimiste.

Révéler des empreintes digitales à la maison

Le chimiste Benoit Daoust a écrit un livre expliquant comment révéler des empreintes digitales avec ce que l’on trouve à la maison. Il a aussi fait des tests à l’aide de poudre d’épices.

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