«C’est une trahison tellement grande» – Nathalie Vincent

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Par Jonathan Cossette
«C’est une trahison tellement grande» – Nathalie Vincent

Laurence Vincent Lapointe a pu lancer un soupir de soulagement lorsque la décision de la Fédération internationale de canoë l’a blanchi dans cette histoire de dopage au ligandrol. Sachez que derrière elle, un père et une mère ont aussi été libérés de tout tracas, eux qui ont vécu au cœur de cette histoire.

Rappelons d’abord que des traces de ligandrol avaient été trouvées dans le système de la canoéiste à la suite d’un contrôle antidopage effectué au mois de juillet. La Fédération a accepté la version du clan Vincent Lapointe qui a réussi à prouver que la contamination provenait de son conjoint de l’époque. C’est une analyse de cheveux qui aurait permis de découvrir que ce dernier avait consommé une quantité importante de ligandrol et que la transmission a été faite par fluides corporels.

«C’est un des plus beaux jours de ma vie», a lancé la maman de Laurence, Nathalie Vincent. «Depuis le début, je l’ai dit que ça ne se pouvait pas. On s’est assis avec elle et on a tout revu ses faits et gestes et ses déplacements. Elle a une très bonne mémoire! On a tout tourné pour essayer de trouver d’où ça pouvait venir. On a regardé elle avait mangé où et quand. C’est maintenant derrière nous et je la vois sur un podium aux Jeux olympiques.»

«C’était un long cauchemar et ce matin, le soleil s’est levé», ajoute le papa, Guy Lapointe. «Nous allons pouvoir mettre toute cette histoire-là derrière nous et ne plus avoir de rancune. On n’a pas eu beaucoup de sommeil. Ma fille était complètement démolie et salie sur la place publique. J’ai moi-même dû consulter. On a fermé tous nos réseaux sociaux parce qu’elle se faisait basher. On a des cheveux blancs supplémentaires, je peux vous le dire. On était rendu à tout analyser. On a même acheté de la nourriture qu’elle avait consommée pour la faire tester.»

Au cours des six derniers mois, madame Vincent et monsieur Lapointe se sont beaucoup renseignés sur le ligandrol. Ils ont toujours été là pour appuyer leur fille. Ils ont évidemment commenté le fait que ce soit l’ex-conjoint qui s’est finalement avéré la source de toute cette histoire.

«C’est le désappointement total. De l’autre côté, c’est un soulagement d’avoir trouvé la source», a lancé le paternel.

«C’est une trahison tellement grande. Pour ma fille, pire que pour nous», a renchéri Mme Vincent. «Tu penses connaître quelqu’un, mais tu ne le connais pas vraiment finalement. Je l’ai regardé à deux reprises dans les yeux pour lui demander s’il avait pris des substances et il me répondait non, non et non. Je lui expliquais que pour lui, ce n’était pas grave, mais que ce l’était vraiment pour ma fille.»

Pour ce qui est de la principale intéressée, il s’agit d’une grande décision pour le bien-être de sa carrière. «Je suis tellement soulagée! Ça fait du bien de mettre fin à ce périple-là pour retourner faire ce que j’aime, retourner sur l’eau et me préparer pour les Jeux. Je suis prête. Je m’enligne pour les Jeux olympiques», a-t-elle confié.

Des athlètes plus craintifs?

L’histoire de Laurence Vincent Lapointe a fait le tour du monde, elle qui représente un espoir de premier plan en vue des prochains Jeux olympiques d’été. Son avocat, Me Adam Klevinas, ne croit pas qu’elle va venir créer un précédent dans le monde des athlètes.

«Il y a déjà eu des précédents du même genre avec les histoires de Gasquet, Roberts et Barber. C’est possible que les athlètes deviennent plus craintifs, mais il faut tenir compte qu’il y a seulement quatre cas connus de transfert entre personnes dans le monde. C’est possible qu’on en voie d’autres, surtout avec la sensibilité des instruments des laboratoires, mais je pense que le risque demeure la même qu’avant», a-t-il témoigné.

«Ce n’est pas un cas isolé, mais un cas rare. Il y a d’autres cas rares dans le monde aussi. Comme j’ai mentionné, je pense que les athlètes vont surveiller leur entourage un peu plus.»

Et à savoir si les entraîneurs ou les centres de performance vont intégrer l’histoire de Laurence Vincent Lapointe dans leur enseignement?

«Les athlètes surveillent déjà beaucoup leurs habitudes de vie, surtout Laurence. Ils sont déjà très craintifs. C’est probable que les athlètes vont surveiller leurs relations amoureuses un peu plus et qu’ils vont poser plus de questions à leur entourage. C’est peut-être la meilleure leçon à tirer: surveillez votre entourage», a-t-il conclu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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