Nouvelle maison pour Carpe Diem

Nouvelle maison pour Carpe Diem

Marianne Daveluy et Nicole Poirier de Carpe Diem.

Crédit photo : Audrey Leblanc

ALZHEIMER. Une nouvelle maison Carpe Diem sera construite tout juste à côté de l’actuelle bâtisse où vivent des gens atteints d’Alzheimer. C’est un projet de 3,5 millions de dollars dont rêve la directrice générale Nicole Poirier depuis plus de 30 ans.

La nouvelle maison pourrait accueillir jusqu’à 32 personnes. L’architecture et l’aménagement du bâtiment reflètent l’approche de Carpe Diem, c’est-à-dire un endroit où le respect de la personne est au cœur de toute action. Cette nouvelle demeure incarnera les 22 années d’expérience cumulées par le personnel.

«C’est une maison, tout ce qu’il y a de plus normal pour que les gens s’y sentent comme chez eux et qu’ils aient envie de rester, explique Mme Poirier. Quand les gens vont entrer, ils vont avoir une vue sur la cuisine dans laquelle on va préparer les repas tout le monde ensemble. Normalement, la cuisine n’est pas accessible aux gens par peur qu’ils se blessent, mais ici, on vit avec eux, on cuisine avec eux, on mange avec eux. Le défi architectural, c’est de rendre la cuisine à la fois accessible et sécuritaire.»

Il n’y aura pas non plus de grande salle à manger, mais plutôt de petits espaces pour déguster les repas en petits groupes, selon les besoins et les désirs de chacun. Cela permettra de réduire le bruit. De plus, les bureaux du personnel seront dispersés à travers la maison afin de se fondre au décor.

«Normalement, quand les gens entrent dans des résidences, ils ont une vue sur des bureaux administratifs, remarque Mme Poirier. Pas chez nous. Il n’y aura pas non plus d’enseignes qui indiquent que c’est le bureau de l’infirmière ou la toilette, par exemple. Le personnel n’est pas habillé d’une façon distincte. C’est une maison comme n’importe quelle autre. Tout ce qui pourrait rappeler les hôpitaux et autres institutions de ce genre sera camouflé.»

Un sentiment de liberté

Les gens seront également libres d’entrer et de sortir de la maison à leur guise. «On ne veut pas brimer leur liberté, mentionne la directrice générale de Carpe Diem. On va plutôt mettre en place un système qui va nous permettre de savoir si une personne vient d’entrer ou de sortir. Il y aura aussi des escaliers. Le personnel est formé pour ça et on a appris avec le temps une foule de trucs, comme ne pas parler à la personne qui monte ou descend l’escalier.»

Dans cette maison, on ne retrouvera pas de longs couloirs puisque ceux-ci peuvent être désorientants pour les personnes atteintes d’Alzheimer. «Il y aura des portes coulissantes pour contrôler le bruit et créer des zones différentes dans la maison, ajoute Mme Poirier. Il faut garder en tête que les gens qui habitent ici n’ont pas choisi les personnes avec lesquelles ils cohabitent. On doit alors faire en sorte de leur offrir différents espaces pour qu’elles puissent se sentir bien selon leur humeur.»

Début des travaux cette année?

Bien d’autres détails ont aussi été considérés dans l’élaboration des plans de la maison. Par exemple, les planchers ne seront ni brillants ni bruyants. Quant à l’actuelle bâtisse, elle sera reliée à la nouvelle et elle servira encore aux membres de Carpe Diem.

Mme Poirier souhaite que la construction puisse débuter cette année. Carpe Diem attend une réponse à sa demande de subvention faite dans le cadre du programme AccèsLogis de la Société d’habitation du Québec. Si cette réponse s’avère positive, la Ville de Trois-Rivières apportera elle aussi sa contribution financière. Carpe Diem devra pour sa part mettre sur pied une campagne de financement pour payer la balance du montant.

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