Briser l’isolement social par le parrainage civique

Par Emmanuelle LeBlond
Briser l’isolement social par le parrainage civique
L'organisme est à la recherche de bénévoles. (Photo : Emmanuelle LeBlond)

Il est parfois difficile de vivre avec des limitations physiques ou psychologiques. Ces handicaps peuvent mener à un isolement social difficile à surmonter. Le Parrainage civique du Trois-Rivières métropolitain offre un service de jumelage qui permet l’inclusion de ces personnes vulnérables. L’objectif: leur donner un brin de bonheur au quotidien.

Le parrainage civique a fait une différence dans la vie de Francine Julien, administratrice et membre de l’organisme. En tant que filleule, elle est jumelée avec une étudiante en psychologie qui lui consacre trois heures par mois. Mme Julien chérit tous les moments passés avec la bénévole qui lui est attitrée.

«J’ai un trouble de personnalité limite. Malgré tout, la bénévole me comprend et elle m’encourage. À travers tout ça, elle donne beaucoup de son temps, d’écoute et de générosité», confie-t-elle, les yeux brillants.

Un lien fort s’est développé entre Francine et sa marraine. Même en dehors des activités, la bénévole prend le temps de l’appeler pour prendre de ses nouvelles. «La mienne m’a appelée de Montréal en fin de semaine. Ils [les bénévoles] nous apportent du temps précieux et ils ne sont pas payés pour ça», supporte-t-elle.

Francine explique que cette expérience est très bénéfique pour elle: «Pour des gens qui en ont besoin, ça vient combler un vide. Ça donne de l’espoir à certaines personnes de pouvoir s’accrocher à des gens positifs.»

Diane Bourassa est en accord avec sa collègue. Mère monoparentale d’une fille de 33 ans, le parrainage civique lui donne un certain répit. «Ma fille a une problématique en santé mentale. Les activités, ça lui fait son social, ça lui fait voir pleins de choses. Ça lui apporte plein d’expériences qu’elle ne pourrait pas vivre autrement», renchérit-elle.

À quelques reprises, Mme Bourassa assiste aux activités par le biais du service d’accompagnement avec les parents. «Je n’ai pas d’amis ni de famille. Je me considère moi-même comme un membre parce que ça m’apporte beaucoup quand je suis présente. Sinon, je ne sortirais jamais.»

Les participants ne sont pas les seuls à ressentir les impacts du parrainage civique, c’est aussi le cas des bénévoles. La directrice générale s’implique dans l’organisme depuis son ouverture en 1994. À travers les années, Julie Durand a remarqué que les bénévoles «sortent de cette expérience grandis».

D’ailleurs, les parrains et les marraines prennent rapidement goût à cette activité. «Quand ils ont fait le premier pas pour venir en contact avec le processus, ils ne veulent plus arrêter», soutient-elle.

À la recherche de bénévoles

L’organisme est à la recherche d’une cinquantaine de bénévoles de tout âge et de tous horizons afin de créer des relations d’amitié avec les personnes filleules.

Cette implication demande un minimum de trois heures par mois. Les bénévoles sont amenés à faire plusieurs activités avec les participants comme aller au cinéma, boire un café ou même faire une promenade.

Une clientèle variée prend part au service de jumelage, explique la directrice générale.

«On a quatre grandes clientèles: déficience intellectuelle, les troubles de santé mentale, handicap physique et personnes âgées en perte d’autonomie», énumère Mme Durand. Il faut aussi prendre en compte que plusieurs membres peuvent avoir une double problématique, précise-t-elle.

Durant la période estivale, plusieurs activités sont aussi offertes en groupe.

«On a un service d’accompagnement pour l’été avec une programmation prédéterminée pour les activités de groupe. Les membres ont une banque d’heures individuelle à laquelle ils peuvent partager du temps, soit individuel ou en petit groupe, pour optimiser leurs heures», ajoute-t-elle.

En moyenne, les participants détiennent une banque de 15 heures pour tisser des liens d’amitié avec les bénévoles.

Mme Durand souligne que l’organisme possède un grand bassin d’étudiants bénévoles. «Il nous manque des gens retraités, des gens de la communauté, outre que des étudiants, qui pourraient s’investir avec notre clientèle. On a des personnes qui sont plus âgées et qui voudraient avoir des gens de leur âge pour partager des moments particuliers ensemble», conclut-elle.

Pour plus d’informations: http://www.parrainageciviquetr.org/acceuil.php.

Pour s’inscrire: 819 370-4334 ou parrainagetr@cgocable.ca.

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