Audrey-Anne Le Sieur excelle en tir olympique

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Par Jonathan Cossette
Audrey-Anne Le Sieur excelle en tir olympique
Photo Jonathan Cossette

Outre les cadets ou les membres des forces armées, bien peu d’athlètes pratiquent le tir olympique malgré le fait que nous ayons un des plus gros clubs de tir de la province, ici à Trois-Rivières, soit le Club sportif de la Mauricie. Parmi ces athlètes se trouve Audrey-Anne Le Sieur, âgée de 24 ans et très talentueuse.

La jeune athlète et son entraîneur de tir, Gérard Michaud, se souviennent très bien où tout a commencé.

«Elle était petite (13 ans) et elle faisait du patinage. Sa mère s’en venait ici après les entraînements parce que son frère Francis (Le Sieur) faisait du tir. Je la revois encore assise là et ses pieds ne touchaient même pas au sol. Un jour, elle m’a dit «Je veux tirer moi aussi, monsieur Michaud». Je lui ai dit qu’elle était un peu jeune, mais elle me répondait toujours qu’elle allait être bonne», se remémore-t-il.

«Peu de temps après, je lui ai expliqué comment ça fonctionnait et elle a pris le pistolet à deux mains. Elle a tiré dans le target! Ç’a n’a pas été long, je dirais trois ou quatre semaines, avant qu’elle me dise qu’elle voulait tirer à une main. Elle n’a jamais arrêté de tirer depuis, tout en continuant le patinage.»

Une partie de tir olympique ou une séance de compétition offre 75 minutes au tireur pour déclencher 60 coups. Ce dernier, armé d’un pistolet à air comprimé, est libre de gérer son temps. Contrairement à la vieille époque, la cible est maintenant informatisée, ce qui a remplacé les cibles de carton que le tireur devait ramener manuellement à l’aide d’une poulie.

«C’est un sport différent des autres et c’est le fun de se retrouver avec soi-même, dans sa tête. Ce n’est pas le tant le physique qui fait la différence, mais surtout le mental. Le plus dur, c’est de ne pas se laisser emporter par les émotions, surtout qu’avec les écrans du public devant, on voit les résultats des autres», confie la Trifluvienne.

«Ce n’est pas simple le tir, ni faire le vide mental», renchérit coach Michaud. «Le tir, ça ne commence pas en arrivant ici, mais bien avant, chez toi. Commences-tu à relaxer, visualiser et rentrer dans ta bulle? Comment tu entends arriver ici parce qu’il y a une game à jouer tantôt. C’est une maudite belle discipline, parce que ton pire ennemi, c’est toi.»

La jeune Le Sieur fait partie de l’Équipe du Québec et de l’Équipe identifiée de développement du Canada. Avec la pandémie actuelle, il est difficile de prévoir ce qui adviendra des prochaines compétitions prévues à l’horaire.

«Je viens de participer à une compétition Sattelite Event, à distance. On a fait le tournoi d’ici et on avait une heure pour envoyer nos résultats. J’ai terminé en 4e place, ce qui est très bon parce que je n’ai pas pu m’entraîner beaucoup avec la COVID-19», lance celle qui a déniché sa technique d’analyses biomédicales au Collège Shawinigan.

«J’ai aussi participé à deux championnats du monde. En Allemagne, ça s’est mal passé. Ç’a avait bien été lors de la séance de pratique, mais ça s’est mal passé en compétition. Je pense que je m’étais mis un peu trop de pression. Aux États-Unis, ça s’était bien passé et c’est là que je me suis qualifiée pour les Jeux olympiques de la jeunesse.»

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En temps normal, un tireur devrait s’entraîner à raison d’au moins trois fois par semaine, cinq séances étant l’idéal.

«Mon objectif principal, ce serait de faire l’Équipe nationale principale. Je vais continuer de regarder les compétitions internationales qui s’offriront à moi dans les prochaines années, ou encore les coupes du monde. Le rêve olympique est toujours là, mais le temps avance et un moment donné, je vais sûrement avoir une petite famille», confie-t-elle.

«C’est une très bonne athlète, ajoute son entraîneur. Elle a toujours pratiqué deux sports, elle a fini ses études, elle s’est trouvé un bon job et elle coache en patinage. C’est une athlète très disciplinée!», conclut-il.

Le Club sportif de la Mauricie, ancien Club de tir mauricien, qui existait depuis plus de 45 ans et où avaient eu lieu deux championnats canadiens, a déménagé à la bâtisse industrielle de Trois-Rivières en 1998. De son côté, le tir olympique est une discipline olympique depuis 1988.

 

 

 

 

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