Du hockey sans violence? «Aucune autre équipe n’a une telle clause dans son contrat»

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Par Michel Scarpino
Du hockey sans violence? «Aucune autre équipe n’a une telle clause dans son contrat»

Les dirigeants des Loups de La Tuque veulent rencontrer Ville de La Tuque.

Le conseil municipal de La Tuque a adopté, après un vote serré, le protocole d’entente avec l’organisation des Loups pour la prochaine année. D’entrée de jeu, le conseiller municipal Luc Martel avait proposé d’en retirer l’article 3,7, qui impose à l’équipe latuquoise de «prendre les dispositions nécessaires pour éviter tout geste de violence sous toutes ses formes, verbale, psychologique, physique et harcèlement».

Cela, en référence à l’événement impliquant le joueur Robby Petiquay qui aurait asséné un violent coup de poing au visage a un joueur adverse lors d’une mêlée générale au Colisée Denis-Morel.

«Il y a 17 clauses administratives, dont deux qui font référence au fait que la Ville n’accepte aucune violence dans ses activités ou dans ce qui est municipal», tranche Pierre-David Tremblay, en entrevue. «Ça fait référence, vous le savez, aux événements de janvier dernier, de violence gratuite. On n’est pas à l’abri de ça. On comprend qu’une bonne «game» de hockey, c’est émotif, de temps en temps, ça lâche les gants. Mais au-delà de ça, on ne peut pas se permettre cela», ajoute le maire.

Selon ce dernier, non seulement faut-il bannir la violence dans les installations municipales, mais également se donner les outils pour aviser l’organisation des Loups et de la ligue dans de tels cas.

«Le Club doit s’engager le plus possible à ne pas favoriser les activités de violence. La Ville est partenaire avec le Club […] Si vous êtes partenaires et que c’est dans nos installations, vous ne pouvez pas vous mettre la tête dans le sable», poursuit M. Tremblay.

Le maire s’est servi de son droit de vote pour trancher, puisqu’en plus de Luc Martel, les conseillers Caroline Bérubé et Jean Duchesneau voulaient aussi retrancher l’article 3,7 du protocole alors que deux autres conseillers, Éric Chagnon et Roger Mantha, ont opté pour le conserver. Pierre-David Tremblay a souligné au passage que c’est une prérogative du maire, qui n’est pas couramment utilisée, lui qui tenait à se prononcer dans ce cas précis. Devant l’égalité qui a été provoquée,  la loi prévoit que le refus de retirer l’article l’emporte.

«Je n’ai pas à me priver ou à me dissocier de mon vote, d’autant plus que j’ai des responsabilités comme maire […] j’y crois énormément à cette clause-là, je sais pourquoi elle est là. D’ailleurs, on me dit que le club de hockey va jouer cette année, ça ne les empêchera pas, mais nous, ça nous assure avoir le contrôle sur ces activités-là», expose M. Tremblay, qui précise que ce type de clause existait déjà dans de précédents contrats, mais rédigés de façon différente.

Déception

Le vice-président des Loups de La Tuque, Martin Charest, cache difficilement sa déception suite à l’adoption de ce règlement.

«On a signé avec le couteau sous la gorge», laisse-t-il tomber, puisque le contrat a été signé quelques semaines seulement avant  la nouvelle saison.

Selon ce dernier, l’organisation des Loups ne peut être tenue responsable de ce que les joueurs font sur la glace.

Luc Martel renchérit : «Comment on fait pour appliquer cela ?»

Même son de cloche pour le propriétaire des Loups, Gilles Veillette qui a tenu à apporter sa vision des choses à L’Écho de La Tuque.

Gilles Veillette, propriétaire

D’entrée de jeu, il confie qu’il n’a pas encore reçu le contrat en provenance de Ville de La Tuque. Mais à la lumière des événements qui lui ont été présentés, il tient à rencontrer le conseil municipal, avec les dirigeants de l’équipe, pour établir avec une définition de la violence au hockey, tel qu’elle est visée dans le protocole d’entente.

«Qu’est-ce que la violence, quelles sont les situations qui sont punissables ? À partir de là, on va être en mesure de dire, oui, on accepte ou non on n’accepte pas. Mais on est prêt à faire notre bout de chemin», apporte Gilles Veillette.

Rappelant que les Loups ont constitué un «club plus que compétitif» l’an dernier, Gilles Veillette est d’avis que c’est facile d’établir des critères, mais les faire respecter est toute autre chose.

Comme Martin Charest, il atteste qu’aucune autre équipe de la ligue n’a une telle clause dans son contrat. «Je me rends aux arguments de M. le maire, on veut que la Ville soit protégée. On ne veut que personne ne puisse occasionner des poursuites. On en est conscient. Mais il faut définir quelles sont nos responsabilités […] la Ligue a beaucoup resserré la réglementation à ce niveau-là», propose M. Veillette.

Il soutient qu’aucun événement disgracieux ne s’est produit sur la glace depuis qu’il est propriétaire de l’équipe latuquoise, mis à part le coup de poing de janvier dernier.

«Des émeutes, il n’y a jamais rien eu de ça. Même l’année passée, quand j’ai vu qu’on jouait contre Joliette, qui est un groupe assez turbulent, on a été jusqu’à engager des gens d’une agence indépendante de La Tuque. J’ai payé de ma poche cette agence-là pour les séries demi-finales. C’est une preuve qu’on ne veut pas d’événement déplorable».

C’est un secret de polichinelle que des bagarres éclatent régulièrement entre deux joueurs au hockey sénior, mais Gilles Veillette souligne que son organisation amène un spectacle de qualité.

Il veut trouver un compromis : «Mais là, ce n’est pas un compromis, on n’a pas le choix de signer».

Il est beaucoup trop tôt pour aborder l’hypothèse d’un déménagement de l’équipe, l’an prochain, si la clause demeure : il ne veut pas de conflit avec Ville de La Tuque. «Si on est confortable avec le contrat qu’ils nous donnent, c’est parfait, mais si on ne l’est pas, on va aller à une réunion avec eux et on va établir des règles. Mais les mêmes règles n’existent pas, nulle part».

«En aucun temps, je ne veux faire de guerre avec le conseil de ville, je veux travailler avec eux», a complété le propriétaire des Loups.

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