Armande Ouellette vient de souffler 100 bougies

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Par Jonathan Cossette
Armande Ouellette vient de souffler 100 bougies
Germaine Ouellette, Armande Ouellette et Lyne Neault représentent trois des cinq générations familiales. Photo Hebdo Journal - Jonathan Cossette

Armande Ouellette vient de célébrer son 100e anniversaire entourée de tous ses proches, dont ses six enfants. La santé est bonne et la mémoire est intacte. Encore très active, elle adore cuisiner, magasiner, danser et festoyer. Assise devant moi, je l’écouterais pendant des heures…

Armande vient de célébrer son anniversaire où toute la famille s’était réunie pour l’occasion. «Maman est arrivée à 16h15 et elle est partie à minuit. Elle a vu tout le monde partir avant elle!», lance d’emblée sa fille, Germaine Ouellette.

«Le monde quittait et elle restait là. Elle a dit «les vieux s’en vont se coucher». Il ne restait que Laurie et grand-maman qui chantait encore», ajoute sa petite-fille, Lyne Neault. «Ça veut dire qu’il restait les cinq générations de filles dans la salle pour la dernière chanson.»

Mme Ouellette s’est mariée un an avant le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale. «Quand le pacte de paix a été signé, les gens se sautaient dans les bras et s’embrassaient tous dans la rue. C’était beau à voir!»

Habitant son duplex depuis maintenant 62 ans, elle avait sa sœur comme voisine directe avant que sa fille Germaine y emménage. La centenaire est complètement autonome dans son loyer. «Il y a juste l’escabeau qu’ils m’ont enlevé quand ils m’ont vu laver mes palmes de ventilateur. Ils ont aussi descendu mon lit en bas, car je suis tombée deux fois en bas de l’escalier. Je suis arrivée la tête la première dans le châssis.»

«Regardez sous l’évier», me lance-t-elle. Il y a un trou communicateur à l’autre appartement. «On a fait ça il y a longtemps et aujourd’hui, on se passe le journal pour que je puisse faire mes mots croisés. On a toujours communiqué et promené des choses par le trou. Parfois, je passe des desserts à mon gendre. Je me souviens du mari de ma sœur qui m’appelait lorsque le chat traversait. On a eu un chien, mais lui n’était pas capable de passer.»

Mme Ouellette n’a jamais fumé et jamais vraiment consommé de boisson, outre quelques verres de vin ici et là, et c’est encore le cas aujourd’hui. Et n’allez pas croire qu’il s’agit d’une casanière.

«Je sors encore souvent au restaurant et faire mes commissions dans les magasins et au centre d’achat. Je vais aux fêtes de toute la famille et à tous les spectacles des petits enfants. Dans les partys, je surveille mes enfants avec la boisson. C’est moi qui garde les clés et je leur fais attention. Je danse encore quelques chansons», ajoute celle qui ne se couche pas avant 23h.

«Elle cuisine encore beaucoup», ajoute sa petite-fille. «Et c’est elle qui roule sa pâte! On n’a pas le droit d’y toucher alors notre job, c’est de remplir les pâtés avec la viande. Elle m’a tellement fait acheter de fraises l’été dernier que son congélateur était plein. Les enfants viennent chercher ça ensuite.»

Et son plus beau souvenir?

«Le plus beau de tous, ce sont mes enfants. Je ne peux pas avoir plus beau souvenir que mes enfants. Je les ai tous vu grandir, sauf mon fils qui s’est tué à 45 ans en motocyclette.»

Elle a fait le tour du monde après la mort de son mari. Elle a visité le Venezuela, Acapulco, Cancún et même Walt Disney World, notamment. Elle n’a pas beaucoup de regrets.

«J’aurais aimé être capable de faire du vélo ou conduire une auto. Quand j’embarquais sur un vélo, je tombais tout de suite ou je rentrais dans les poteaux. J’avais eu un permis de conduire temporaire de voiture», se remémore-t-elle.

«Je me souviens aussi lorsque mon mari s’est acheté un Ford et j’avais fait le tour de Pointe-du-Lac. J’avais conduit avec mon fils Gilles aussi et il avait failli perdre connaissance. Il m’avait donné le volant pour rentrer dans le garage et un peu plus, je me ramassais sur la rue Saint-Paul. J’ai mis les breaks au fond du garage et Gilles s’est retrouvé dans le windshield. Il y a deux ans, j’ai fait du 4 roues avec Pierre aussi. Je ne serais pas allée en croisière, car j’ai peur de l’eau.»

Sa vue est encore très bonne, elle qui ne manque pas de faire ses mots cachés à chaque jour. Et de mon côté? Trois morceaux de sucre à la crème plus tard, je suis reparti grandit de cette rencontre.

 

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