Apprendre à la dure son métier

Par superadmin
Apprendre à la dure son métier

SANTÉ. Dix finissants du programme de podiatrie à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) reviennent tout juste d’une mission de trois semaines au Vietnam, où ils ont soigné environ 470 personnes.

Cette mission était chapeautée par  l’Association des podiatres sans frontières, créée en 2013 par le Dr Thanh Liem Nguyen, un des finissants de la toute première cohorte du programme, en 2008. Elle s’est déroulée dans quatre lieux, notamment des endroits éloignés des grands centres, et dans des conditions loin d’être faciles.

Une série d’imprévus a parsemé l’ensemble du séjour, obligeant les participants à faire preuve d’une grande capacité d’adaptation. «Par exemple, lors de notre troisième mission, on devait travailler en ville. Finalement, on a eu à se rendre en montage, à 400 km de l’endroit où on devait aller au départ, ce qui représente 10 heures d’autobus! Sur place, il n’y avait pas d’hôtel. Alors on était 12 (avec l’interprète) dans une chambre communautaire, à dormir sur des matelas au sol. Un camping collectif qui a duré 4 jours!», raconte le Dr Nguyen.

Personne du groupe n’a toutefois ronchonné. «À un autre moment de notre mission, le gouvernement avait envoyé tout un régiment de personnes pour surveiller nos activités: 7 médecins locaux, 3 policiers et 2 fonctionnaires. Toutefois, étant moi-même originaire du Vietnam, je savais que ça pouvait arriver et j’avais avisé les étudiants que dans pareille situation, on n’avait qu’à faire notre ouvrage normalement et que tout serait "ok". En bout de ligne, ces gens ont été émerveillés par notre travail et on a eu droit à des félicitations.»

La délégation a par ailleurs eu à faire preuve d’ingéniosité dans certaines situations afin de prodiguer aux patients des traitements efficaces et durables. C’est le cas, notamment, pour ceux dont l’état nécessitait le port d’une orthèse. «Les gens, là-bas, se promènent en gougounes. Ils n’ont pas de souliers fermés, alors il fallait trouver un moyen pour faire tenir l’orthèse en place. On a utilisé de la colle à soulier, qu’on a appliquée sur les supports d’arche», illustre le Dr Nguyen.

Ces supports d’arche sont fabriqués en caoutchouc et sont malléables pour pouvoir s’adapter au besoin du pied. Ils ont été offerts gratuitement par des entreprises partenaires de Podiatres sans frontières. La délégation les avait dans ses valises, avec d’autre matériel, comme des médicaments et des onguents, provenant aussi de donateurs sans qui la mission n’aurait pu se réaliser.

Donnant-donnant

En plus de soulager des centaines de patients, les finissants de l’UQTR ont transmis leur savoir podiatrique aux médecins locaux, qui n’ont pas beaucoup de formation en la matière. «La podiatrie n’est pas commune au Vietnam, alors le personnel médical qu’on a côtoyé a pris beaucoup de notes», indique le Dr Nguyen.

C’est donc beaucoup de positif qui ressort de cette expérience, y compris pour les membres de la délégation.

«Cette expérience s’est avérée surprenante et enrichissante, témoigne Melly-Anne Bouchard, qui en faisait partie. D’abord, la mission nous a exposés à de rares pathologies qu’il nous aurait fallu des années à rencontrer en clinique privée. L’expérience nous a aussi permis de faire des rencontres bouleversantes. Cela influencera certainement ma façon d’interagir avec mes futurs patients.»

«Nous avons pu mettre en pratique toutes les connaissances théoriques acquises durant notre parcours universitaire, mais dans un contexte qui nous a fait sortir de notre bulle de confort. J’en ressors plus humble et avec une meilleure compréhension de la réalité avec laquelle vivent les personnes des pays du tiers monde», renchérit Alexandra Nguyen.

En septembre, la délégation rencontrera les finissants de la prochaine cohorte du programme pour leur parler de son expérience. Selon le Dr Nguyen, 14 semblent intéressés à prendre part à la prochaine mission. «Je suis content qu’il y ait autant de gens intéressés, car plus on est nombreux, plus on va pouvoir traiter et éduquer», conclut-il.

 

Un peu plus sur Podiatres sans frontières

Cet organisme sans but lucratif réalise des missions humanitaires dont le but est de soulager les douleurs aux pieds (ongles incarnés, mycoses, verrues, etc.) de patients démunis qui ne peuvent pas avoir recours à des soins podiatriques. Il a été fondé en 2013 par le Dr Thanh Liem Nguyen, qui souhaitait redonner au suivant après avoir connu la misère dans son enfance au Vietnam, puis au Canada. Depuis sa fondation, Podiatres sans frontière s’est notamment rendu au Sénégal, au Cameroun, au Maroc, en Bolivie et au Pérou. Les Honduras et Madagascar sont dans sa mire.

 

La mission étape par étape

1- Vinh Thanh, Nhon Trach, Dong  Nai. 

2- Hôpital de réadaptation St-Jean de Dieu à Bien Hoa

3- Maison Chance à Hô-Chi-Minh-Ville.

4- Maison Chance à Dak Nong

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