Le bruit du Groupe Bellemare représente un risque pour la santé, conclut la Santé publique
Les activités industrielles du Groupe Bellemare exposent certains résidents de Trois-Rivières à des niveaux de bruit susceptibles de nuire à leur santé, conclut une enquête épidémiologique de la Direction de la santé publique de la Mauricie et du Centre-du-Québec.
Rendues publiques lundi, les conclusions de l’enquête reposent sur l’analyse de signalements formulés par des citoyens, de mesures environnementales et de différentes études techniques. La démarche visait à évaluer les effets possibles du bruit, des odeurs, des poussières et de la qualité de l’eau sur la population vivant à proximité des installations de l’entreprise.
Les mesures sonores analysées dépassent certains seuils recommandés par l’Organisation mondiale de la Santé. Des basses fréquences, décrites comme particulièrement dérangeantes, ont également été détectées.
Selon la Santé publique, les niveaux mesurés ne sont pas suffisamment élevés pour provoquer une perte auditive. L’exposition prolongée peut néanmoins entraîner des troubles du sommeil, du dérangement et une dégradation de la qualité de vie.
« Nous comprenons les préoccupations exprimées par les citoyens au fil des années et nous les avons prises très au sérieux », affirme la Dre Caroline Marcoux-Huard, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive.
L’enquête permet maintenant à la Santé publique de formuler des recommandations afin que le problème soit traité de manière durable, ajoute-t-elle.
Des mesures jugées insuffisantes
Le rapport recommande notamment de renforcer les mesures d’atténuation du bruit, de respecter le cadre réglementaire et d’effectuer une évaluation rigoureuse avant toute intensification des activités industrielles.
Bien que le Groupe Bellemare ait déjà apporté certains correctifs, ceux-ci ne suffisent pas à éliminer le risque observé, conclut la Santé publique.
« Un risque atténué demeure un risque pour la santé », souligne le Dr Sylvain Abel, médecin-conseil en santé publique et médecine préventive.
La Direction de la santé publique prévoit poursuivre ses démarches auprès de l’entreprise, de la Ville de Trois-Rivières et du ministère de l’Environnement afin d’assurer un suivi des recommandations et une meilleure concertation entre les parties concernées.
Des nuisances sans effet direct démontré
Les données disponibles ne permettent pas d’établir que les odeurs et les poussières provenant des activités industrielles entraînent directement des effets sur la santé.
La Santé publique reconnaît toutefois que ces éléments constituent des nuisances importantes pour les résidents du secteur. Ils peuvent notamment les amener à limiter leurs activités extérieures ou à moins profiter de leur propriété.
« Éviter des activités extérieures en raison de la présence d’odeurs désagréables représente des désagréments importants qui privent les citoyens de profiter de leur milieu de vie », explique le Dr Abel.
La qualité de l’eau potable consommée par la majorité des résidents est pour sa part jugée sécuritaire. Les risques associés aux activités récréatives dans l’eau sont également considérés comme négligeables.
Une vigilance demeure toutefois recommandée pour les propriétaires de puits individuels, en raison des caractéristiques naturelles du sol et de l’absence de résultats permettant d’évaluer précisément la qualité de l’eau de chacun de ces puits.
Le rapport synthèse de l’enquête a été publié sur le site de Santé Québec Mauricie-et-Centre-du-Québec – Universitaire.
