UQTR: une population étudiante stable malgré la baisse du nombre d’étudiants internationaux
C’est encore près de 15 000 étudiants qui sont inscrits à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) cet automne, soit sensiblement le même nombre que l’an dernier, malgré une baisse importante des étudiants internationaux en lien avec les limites imposées par le gouvernement du Québec dans les derniers mois.
“Je pense qu’avec la planification des migrations qu’on fera au gouvernement du Québec cet automne, on aura une stabilité dans ce qui s’en vient. Je pense que ce sera positif pour les universités dans le futur. La baisse du nombre d’étudiants internationaux a un impact financier, mais on gère bien notre université. On est prudent et on a pris en compte qu’il y aurait une baisse des étudiants internationaux. (…) Nos programmes sont viables sans nécessairement la présence des étudiants internationaux”, explique le recteur de l’UQTR, Christian Blanchette.
Les universités du Québec continuent de militer pour sensibiliser le gouvernement à l’importance de l’immigration étudiante. Le Bureau coordonnateur interuniversitaire (BCI) Québec, présidé par le recteur de l’UQTR, a d’ailleurs adressé une lettre au ministre de l’Immigration, de la Francisation et de Intégration pour mettre en lumière des constats et enjeux propres à l’immigration étudiante universitaire.
Le BCI recommande notamment de maintenir le nombre actuel de certificats d’acceptation du Québec pour études universitaires et de soustraire les étudiants universitaires internationaux des cibles de réduction proposées.
“On s’est rendu compte qu’il y a des étudiants qui, à des moments, ont reçu des certificats d’acceptabilité puis des permis d’études qui ne couvrent pas pleinement la durée de leurs études parce qu’ils ont pris du retard. Comme tous les étudiants, ils doivent alors demander un renouvellement. On a cependant réalisé que ces demandes de renouvellement se retrouvaient dans la même pile que les premières demandes. Ça entraîne des délais”, explique M. Blanchette.
“Il y a des jeunes à travers le Québec qui ont été désinscrits automatiquement. Ça crée de l’angoisse pour tout le monde. On demande donc d’avoir des mécanismes qui soient bien efficaces et qui protègent ceux qui sont en fin d’études, ajoute-t-il. Quelquefois, il leur reste un trimestre ou une année à compléter, mais les délais sont tellement longs pour obtenir le permis d’étude que ça entraîne des enjeux au sein des universités pour ces jeunes. Le fait de préserver le nombre actuel de certificats d’acceptation jusqu’en 2029, comme on le recommande, permettrait de garantir que ces étudiants puissent finir leur cheminement universitaire.”
La lettre du BCI plaide également que les étudiants universitaires internationaux “dynamisent le développement de la recherche de pointe et de l’innovation au Québec”. Ils étaient plus de 62 000 inscrits à temps plein aux cycles supérieurs de recherche (maîtrise et doctorat) dans les universités québécoises en 2024.

(Photo courtoisie)
Des infrastructures à élargir
M. Blanchette fait aussi remarquer que le financement par étudiant que reçoivent les universités est en baisse continue depuis deux ans. “Ça, ça a un impact important parce qu’au fil des ans, ça va nous affecter de manière négative, indique-t-il. En plus de l’absence d’investissement pour des infrastructures, pour les édifices, ça vient créer un enjeu.”
“En voyant les inscriptions qui augmentent dans les cégeps de nos régions, on sait que deux ou trois ans après, ces jeunes-là viennent ici. Donc on commence à penser aux infrastructures pour les accueillir dans le futur. Le ministère prévoit d’ailleurs une hausse marquée du nombre d’étudiants avant la fin de la décennie. On parle d’une hausse de près de 30%. Les universités n’ont pas encore l’espace pour tous les accueillir. L’enjeu des infrastructures est très important”, précise-t-il.
L’année 2025-2026 sera occupée à l’UQTR. En plus de la construction du Pavillon Pellerin-Marmen qui suit son cours au centre-ville, et qui devrait être prêt au printemps 2026, l’université trifluvienne a obtenu l’autorisation de développer un baccalauréat en nutrition qui sera ouvert dès l’année prochaine.
Avec l’arrivée récente du baccalauréat en physiothérapie dans un continuum baccalauréat-maîtrise et la mise sur pied du programme de maîtrise en thérapie du sport il y a deux ans, l’UQTR doit planifier l’ajout de laboratoires et d’infrastructures sportives pour desservir ces programmes.
“Ces professions demandent beaucoup d’espace et de laboratoires. Ça implique d’élargir nos infrastructures vu qu’on est à l’étroit dans nos infrastructures sportives actuelles. On a une quinzaine de professions en santé pour lesquelles on offre une formation. On aura besoin d’ajouter un gymnase et, éventuellement, si les finances publiques le permettent, un amphithéâtre de hockey où l’on retrouverait aussi un laboratoire de formation et de recherche. On a un des seuls groupes de recherche sur le hockey au Canada. On doit planifier les choses à l’avance. Et avec la possibilité d’avoir un amphithéâtre de hockey, on envisage aussi la réflexion sur le hockey féminin dans les universités au Québec.”
L’UQTR continue également de travailler sur son projet d’Institut national en anatomie.
“On n’arrive plus à satisfaire la demande de formation des étudiants de médecine et des spécialités en chirurgie qui viennent étudier le corps humain chez nous. On a l’un des plus grands programmes de don de corps au Québec. On était saturé. On y forme également tous les professeurs de cégep qui enseignent ou qui ont besoin d’enseigner l’anatomie. C’est un joyau de l’UQTR”, lance Christian Blanchette.
“On s’est demandé comment l’amener à une prochaine étape et fédérer l’ensemble des projets de recherche qui y ont lieu, dont certains projets de recherche de pointe, poursuit-il. On a l’impression qu’on connaît tout, mais il y a, par exemple, des recherches sur les massages cardiaques pour développement des approches plus efficaces. On a donc formellement créé l’infrastructure de l’Institut national en anatomie pour nous permettre de recevoir un financement adéquat, car à moyen terme, il faudra le reloger puisqu’on manquera d’espace.”
Réfléchir à la mobilité durable
L’Université du Québec à Trois-Rivières souhaite aussi travailler sur une stratégie de mobilité pour réduire la pression sur les stationnements sur le campus et autour. Cela permettra également de mieux planifier l’emplacement d’éventuels nouveaux édifices, tout en protégeant les boisés.
“Il y a de l’espace. Par exemple, le conseil d’administration a accepté de lever une restriction qu’on s’imposait sur la hauteur de édifices et accepte dorénavant qu’on développe des bâtiments de huit étages, soit ce qui est permis par la Ville pour notre terrain. Ça nous permettra d’avoir moins d’impacts sur les eaux de ruissellement, de maximiser les espaces utilisés et d’intensifier l’usage. Ça pourrait aussi permettre, par exemple, d’ériger de nouvelles résidences sur le campus”, conclut M. Blanchette.
