Une première rencontre publique des candidats à la mairie de Trois-Rivières
Près de 190 citoyens ont assisté lundi soir à une rencontre inédite réunissant les candidats à la mairie de Trois-Rivières. Organisée par huit organismes locaux, l’initiative a permis aux aspirants de se prononcer sur des enjeux environnementaux et sociaux, à un peu plus de deux mois du scrutin du 2 novembre.
Réunis le 18 août à la Place de l’Hôtel de Ville, les citoyens ont eu droit à un échange rythmé et chronométré où les candidats se sont succédé au micro pour répondre à huit questions préparées à l’avance. Milieux humides, îlots de chaleur, développement industriel, transport collectif, chauffage au gaz naturel, quartiers défavorisés, leadership et économie circulaire : autant de thèmes qui ont permis de donner le ton à une campagne électorale déjà bien lancée.
« J’ai aimé l’expérience parce que j’aimais ça les entendre tous les quatre. J’ai trouvé que c’était bien intéressant de tout voir. Il y en avait qui se recoupaient, il y en avait qui avaient des idées différentes, mais de les entendre comme ça se prononcer sur nos enjeux à nous, j’ai trippé », a réagi avec enthousiasme Johanne Rocheleau, porte-parole de l’organisme Terre précieuse et organisatrice de l’événement.
Quatre candidats présents, une absente
Quatre des cinq aspirants à la chaise du maire Jean Lamarche ont pris part à l’exercice : Jean-François Aubin, Jonathan Bradley, Dany Carpentier et Jean-Claude Ayotte, ce dernier ayant officialisé sa candidature sous la bannière d’Action -Trois-Rivières le 14 août. La conseillère du district des Rivières, Pascale Alberne-Lahaie, avait pour sa part prévenu l’organisation qu’elle ne pourrait participer pour des raisons familiales.
Des visions nuancées
Pour le directeur de l’école secondaire Chavigny et conseiller du district de Richelieu Jonathan Bradley, l’exercice était l’occasion de réaffirmer la compatibilité entre environnement et économie.
« -Le développement économique ne peut pas exister s’il n’est pas en partenariat avec la conscience environnementale. Ça s’appelle le développement durable. Si nos décisions sont toutes dans ce -sens-là, je pense qu’on va avancer et qu’on va aller loin », -a-t-il affirmé, rappelant que la crise climatique et la crise du logement figurent parmi ses dix priorités.
De son côté, le conseiller -Dany -Carpentier a insisté sur l’importance d’une gouvernance collaborative.
« -Un seul capitaine qui décide et les autres suivent, on ne veut plus fonctionner comme ça. Ce qu’on veut, c’est un leadership qui collabore avec les citoyens, les entreprises, les organismes et les membres du conseil. Ça va prendre de l’humilité, et de là peut émerger de la confiance », -a-t-il expliqué, disant se voir dans un rôle de médiateur capable de rallier un conseil municipal diversifié.
Les échanges n’ont pas été exempts de piques. Le candidat -Jean-Claude -Ayotte a notamment reproché aux autres élus d’avoir tardé à agir dans le dossier du boisé des Estacades. «Pendant quatre ans, ces personnes-là n’ont rien fait et c’est maintenant qu’on les entend dire que c’est important. »
Le boisé des Estacades, situé en bordure de la rivière Saint-Maurice à Trois-Rivières, est au cœur d’un vif débat entre développement immobilier et conservation. Menacé par un projet de tour résidentielle de neuf étages et par le prolongement de rues avoisinantes, ce milieu naturel est défendu depuis des années par des citoyens et des organismes qui soulignent sa valeur écologique, récréative et éducative. En juillet dernier, une pétition signée par près de 21 000 personnes a été déposée au conseil municipal pour en réclamer la protection.
Sur la question de l’économie circulaire, Jean-François Aubin a plaidé pour que Trois-Rivières emboîte le pas à d’autres municipalités. « Il y a des villes comme Sherbrooke, Montréal et Québec qui ont adopté une feuille de route pour développer l’économie circulaire de façon majeure. Il serait temps que la Ville de Trois-Rivières embarque plus solidement là-dedans », a-t-il déclaré.
Le candidat, qui en est à sa troisième campagne pour la mairie, a aussi dénoncé certains achats municipaux effectués sur Amazon. « Des choses qu’on peut acheter ici, est-ce vraiment logique ? Ce n’est -peut-être pas des gros montants, mais c’est symbolique et contraire à l’achat local », a-t-il critiqué, proposant également que les entreprises locales soient mieux valorisées dans les processus d’appels d’offres.
Un coup d’envoi citoyen
Coanimée par Valérie Renaud-Martin et Luc Massicotte, la soirée avait été préparée par huit organisations locales : Collectif biodiversité Mauricie, Collectif Marthelinois, Comité de solidarité Trois-Rivières, Comité du boisé des Estacades, COMSEP, Comité vigilance hydrocarbures Trois-Rivières, Eautage et Terre précieuse.
Pour les organisateurs, cette mobilisation visait à créer un espace d’échanges sans partisannerie, où les citoyens pouvaient comparer directement les positions des candidats sur des enjeux concrets. Une période de questions ouverte a d’ailleurs conclu l’événement.
À en juger par l’affluence et les réactions recueillies, la rencontre a donné le coup d’envoi non-officiel d’une campagne municipale qui s’annonce animée à Trois-Rivières.
