Une nouvelle vision de développement pour les parcs industriels
La Ville de Trois-Rivières mandate Innovation et Développement économique (IDÉ) pour repenser en profondeur le modèle de développement des parcs industriels, dans un contexte où il ne reste qu’un potentiel de développement de 10% dans les parcs industriels existants.
L’objectif de la démarche est de densifier les espaces existants, à identifier de nouveaux sites et à établir un cadre de développement aligné sur les réalités économiques, environnementales et sociales actuelles, mais également à développer un parc industriel modèle pour Trois-Rivières.
La démarche explorera également l’aménagement respectueux du milieu, l’énergie en circuit court, l’écomobilité, l’économie circulaire, la densification intelligente et la gouvernance collaborative.
“L’idée est de définir le cadre du prochain parc industriel modèle. On peut évaluer les possibilités de densification verticale. On a aussi des discussions déjà avec des entreprises ou des propriétaires de terrains dans nos parcs industriels pour faire cette densification. Certains sont très intéressés à ce que ça se fasse sur leurs terrains. Il y en a qui ne ferment pas la porte. Ce n’est jamais très simple ce type de discussion, mais on a entamé des démarches très sérieuses qui pourraient aboutir plus tôt que tard”, avance Grégory Gihoul, directeur général d’IDÉ Trois-Rivières.
“On veut passer à des parcs industriels de deuxième, voire de troisième génération, c’est-à-dire un parc industriel qui a le moins de rejets possibles des eaux usées, le plus de rétention d’eau et de pluie, renchérit M. Aubin. Ce qu’on vise, c’est moins d’infrastructures, plus de circuits courts. Ça peut être de trouver comment composer avec des milieux humides protégés dans un parc industriel. Ça pourrait être des stationnements partagés en commun, un milieu intégré où on retrouverait une garderie pour les enfants des employés qui y travaillent. Il y a même des parcs industriels existants où il y a du résidentiel à côté ou au-dessus de l’entreprise. Ça ne veut pas dire que c’est ce qu’on aura, mais ça fait partie des réflexions. On veut voir ce qui se faire de mieux au Québec et dans le monde pour trouver notre recette à nous.”
Les besoins sont là. Sur une superficie totale de 70 millions de pieds carrés dans les parcs industriels de Trois-Rivières, il ne reste que 1,6 million de pieds carrés disponibles, ce qui représente un terrain au parc des Hautes-Forges et deux terrains au parc industriel Charles-Mailhot. Quant au Carrefour 40-55, sur les 11 millions de pieds carrés de la phase 1, IDÉ évalue à 8% du parc la superficie encore disponible pour du développement industriel, soit 1,5 million de pieds carrés.
Le maire Aubin évoque même la possibilité d’un parc industriel commun avec une autre ville.
“Il reste encore un peu de place, mais on a de moins en moins de terrains pour développer. On souhaite pouvoir voir plus loin. Il faut évaluer ce qu’on fait. Par exemple, les villes ont maintenant le droit de faire un partage sur la fiscalité municipale quand on a un équipement commun avec une autre ville. Si la vision nous dirige en ce sens, on pourrait, par exemple, avoir une entente de parc industriel avec Shawinigan ou Louiseville et partager la fiscalité en conséquence. Il faut d’abord prendre le temps de réfléchir à une vision pour notre développement industriel”, explique-t-il.
Un comité d’experts composé notamment de gens du milieu des affaires, d’urbanistes et de gens spécialistes en environnement sera mis en place pour pousser la réflexion plus loin.
Les recommandations seront rendues publiques à l’automne 2026.
Quant à l’éventualité de poursuivre davantage le développement du Carrefour 40-55, le maire Jean-François Aubin n’a pas souhaité se prononcer. “Je veux qu’on ait d’abord une réflexion d’où on s’en va, ce qu’on fait et comment on le fait. À mon arrivée au conseil municipal, j’ai discuté avec les différents élus de la phase 2 du Carrefour 40-55 notamment. Là, on va mettre la table, on va se donner le paysage au complet et les gens feront les choix qu’ils ont à faire”, conclut le maire.
