Une nouvelle étape franchie vers un projet de marché public à Trois-Rivières
Dans l’optique de se doter d’un marché public permanent, la Ville de Trois-Rivières confie à IDÉ Trois-Rivières le mandat de réaliser une étude afin d’identifier les conditions de succès favorisant la viabilité d’un marché public sur le territoire.
L’objectif est d’examiner les besoins et les habitudes de consommation en matière d’alimentation de proximité, d’évaluer la demande des consommateurs et les perspectives d’achalandage, d’estimer les retombées économiques et les revenus potentiels, de déterminer le site optimal selon des critères de performance et d’accessibilité, ainsi que de définir les conditions de succès du projet.
“Il y a plus d’offres de produits locaux, mais plus de concurrence aussi. Les structures de coûts du projet seront très importantes. Il faut trouver un juste équilibre pour que ce soit avantageux pour tout le monde. Ça nous permettra également de faire une mise à jour des données socioéconomiques qui commencent à dater, de même que les habitudes des consommateurs Les choses ont changé en quelques années. On voit aussi souvent des marchés publics être près d’une épicerie, d’une SAQ ou de commerces de proximité, ce qui permet de regrouper les déplacements des consommateurs. Ce sont différentes choses qu’on doit analyser”, détaille David Berthelot, directeur – Attractivité & Projets stratégiques chez IDÉ Trois-Rivières.
Cinq secteurs ont déjà été identifiés pour accueillir le projet: les secteurs Est et Ouest, le centre-ville, un pôle commercial, ainsi que la zone de l’Exposition. Ces secteurs ont été sélectionnés pour leur potentiel de clientèle, la viabilité économique pour les marchands, l’accessibilité, la disponibilité des sites et la complémentarité commerciale.
“Il faut s’assurer que ce soit au bon endroit et que les gens vont se déplacer pour y aller. On doit également se pencher sur la forme de marché qu’on souhaite avoir. On sait déjà qu’on le souhaite permanent. Pour les secteurs identifiés, on les a voulu variés. Du côté de l’Est, des gens avaient mentionné le coin du District Lupel et du Sanctuaire comme endroit intéressant. Il y a bien sûr le centre-ville qui a été évoqué à plusieurs occasions. Le Pavillon des bovins, au parc de l’Exposition pourrait être une possibilité, tout comme dans le secteur de Pointe-du-Lac, à l’Ouest, puisque c’est proche de plusieurs producteurs”, explique le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin.
Le Groupe Montoni, qui a reçu le mandat d’imaginer le développement du parc de l’Exposition, a été informé de l’intérêt de la ville à intégrer un projet de marché public. Le Groupe présentera d’ailleurs la première mouture du projet aux élus municipaux en juin.
Le projet public a aussi longtemps été associé au Hangar no 1, qui appartient au Port de Trois-Rivières. Les discussions sont encore en cours concernant le hangar. “Le problème qu’on a avec le dossier du Hangar no 1 qu’il y avait à l’époque, ce sont les délais. On ne sait pas quand ça va finir par s’attacher. Il semble, du côté fédéral, qu’il y ait de plus en plus la volonté de céder le hangar pour faire un projet qui pourrait avoir différentes dimensions, dont peut-être un marché public. Mais les délais sont encore très incertains”, mentionne le maire.
La Ville et IDÉ Trois-Rivières s’entendent pour demeurer ouverts quant aux propositions nouvelles que pourrait soutenir l’étude, qui sera réalisée conjointement avec l’Association des Marchés publics du Québec et Raymond Chabot Grant Thornton.
“Il y a huit marchés publics permanents au Québec. Un marché public, c’est un bien collectif qui répond à une demande bien réelle pour une alimentation locale, saine et accessible. Dans un contexte où les gens recherchent davantage de transparence et de lien direct avec ceux qui les nourrissent, ce projet s’inscrit pleinement dans les réalités d’aujourd’hui”, explique Jean-Nick Trudel, directeur général de l’Association des marchés publics du Québec.
Pensé comme un marché public permanent, ouvert à l’année et accessible à tous, le projet vise à créer un véritable lieu de vie où citoyens, producteurs, transformateurs et artisans pourront se rencontrer autour de produits locaux frais et de qualité. Le futur marché offrira également une vitrine aux entreprises agroalimentaires de la région, une visibilité essentielle pour les entreprises agricoles.
“La visibilité est le nerf de la guerre, car on est bombardés de part et d’autre avec la publicité, avec Facebook. Ça va vite et les gens n’ont pas nécessairement le temps d’acheter local. Le fait de regrouper tout le monde au même endroit, ça viendrait simplifier les choses pour le consommateur, fait remarquer Valérie Gauthier, propriétaire des Jardins de la Pointe. Ça fait plusieurs années que je souhaite que Trois-Rivières mette de l’avant les entreprises agricoles et je crois qu’un marché public permettrait de changer les habitudes des consommateurs. C’est un enjeu de vente, de visibilité, de partenariat et de simplifier l’achat local pour les citoyens.”
“Il y a une montée en flèche de l’agrotourisme. Un marché public est une belle solution pour les achats réguliers, d’autant plus que beaucoup de producteurs n’ont pas de boutique à la ferme. C’est une belle façon de découvrir facilement des produits locaux”, ajoute-t-elle
L’étude d’IDÉ Trois-Rivières est attendue à l’automne 2026.
Une concurrence avec le Marché Godefroy?
Le maire assure ne pas vouloir nuire aux activités du Marché Godefroy avec ce projet de marché public permanent. “J’avais écrit au conseil d’administration du Marché Godefroy dès la campagne électorale parce que je savais que ça pouvait être reçu avec des questions. Quand on saura plus où on s’en va, on va s’asseoir avec eux et on va collaborer. Il y a plusieurs façons de collaborer avec le Marché Godefroy, qui n’est pas un marché annuel. Ça, c’est une des façons. Ensuite, le type de fonctionnement pour notre projet pourrait permettre d’avoir des liens entre les deux marchés aussi. On va s’arranger pour trouver de bons partenariats ensemble”, conclut le maire.
