Une maison vendue, 1000$ à un organisme

Deux nouveaux courtiers immobiliers veulent se démarquer, tout en ayant un impact sur leur communauté. Chaque fois que William Bélanger et Isaac Mañon Beauchemin vendront une maison, ils effectueront un don de 1000 $ à un organisme désigné par leurs clients.

Les courtiers ont été touchés par la crise qui secoue actuellement le monde communautaire à Shawinigan et Trois-Rivières et qui devrait mener à une grève afin d’attirer l’attention sur le sous-financement chronique des organismes.

“Ma mère travaillait dans le communautaire, confie un des deux courtiers à la base de cette initiative, Isaac Mañon Beauchemin. Nous, on voulait faire de quoi de différent. On vient de commencer comme courtier immobilier. C’est une très bonne manière de faire notre nom parce qu’on veut montrer aux gens que c’est en s’entraidant qu’on réussit. Il y a vraiment beaucoup de courtiers, on veut sortir du lot, travailler plus fort et redonner à notre communauté, avoir un sentiment d’accomplissement. Beaucoup de gens dans notre domaine font beaucoup d’argent et ne redonnent pas assez. On est une jeune équipe, on veut créer un mouvement et c’est avec des initiatives comme ça qu’on pense qu’on va changer notre région.”

Les deux courtiers pourront suggérer des causes ou des organismes à leurs clients, mais ce sont ces derniers qui décideront à quels organismes iront les dons de 1000 $.

“On essaie d’aller rejoindre le plus d’organismes différents avec des missions différentes. On sait que le nerf de la guerre dans le communautaire, c’est le financement. Beaucoup de gens voient les courtiers immobiliers comme des gens qui font beaucoup d’argent en ne faisant pas grand-chose. Au début, on ne savait pas trop comment redonner aux organismes, on voulait peut-être faire du bénévolat, mais on voulait avoir un gros impact. On a regardé notre modèle d’affaires, puis ça, c’est vraiment la manière qu’on pouvait le mieux aider notre communauté.”

Les acheteurs de maison sont privilégiés de pouvoir se permettre un tel achat, observe M. Mañon Beauchemin. “On voit de plus en plus de sans-abri dans les rues. On voit que l’économie devient de plus en plus difficile. Les gens ont moins de pouvoir d’achat. C’est quand même un luxe de nos jours en 2025 de pouvoir acheter une maison. Pour nous, les jeunes, c’est vraiment plus compliqué que ça l’était avant. Il faut redonner aux gens qui ne peuvent pas. Selon nous, c’est la meilleure manière d’agir et de faire une différence concrète.”

Les deux agents ont l’intention de faire de leur initiative leur marque de commerce et non un coup de publicité éphémère.

“On voit ça à long terme. Notre but, ce n’est pas seulement de redonner, c’est de créer un mouvement, qu’on soit les pionniers d’un mouvement d’entraide parce qu’actuellement la demande est grande. Si tout le monde apporte un peu, on va être capables d’améliorer les choses.”

Entre-temps, les nouveaux venus dans le monde immobilier viennent d’effectuer leur première mise en marché et entrevoient le moment où ils effectueront un premier don de 1000 $.