Une famille de Trois-Rivières choisit l’aquamation

FUNÉRAILLES. Une famille de Trois-Rivières a fait le choix, l’an dernier, de se tourner vers des funérailles écologiques. Elle a choisi l’aquamation.

Contrairement à l’incinération, le corps est consumé à l’aide de l’eau plutôt que par le feu. La dépouille est plongée dans un bassin d’eau contenant du sodium et du potassium et dont la température est près de 100 degrés Celsius. Le volume d’eau utilisé représente environ la quantité d’eau consommée par une personne en deux jours.

Le corps se dissout tranquillement pendant plusieurs heures. À la fin, il ne reste que les os, qui sont broyés et remis dans une urne à la famille. L’eau prend quant à elle le chemin de l’usine de traitement des eaux.

Il s’agit de l’option la plus écologique à ce jour offerte au Québec puisque cette méthode est peu énergivore. À titre de comparaison, l’énergie qu’utilise un four crématoire est l’équivalent d’un aller-retour en voiture entre Montréal et Vancouver.

Pour le moment, l’aquamation n’est pas offerte en Mauricie. Marie-Claude Bérubé et sa mère, Nicole Larouche, ont donc fait affaire avec Le Sieur Complexe Funéraire à Granby lorsque le père de la famille, Alain Bérubé, est décédé en décembre 2015.

«J’ai vu une publicité à la télévision sur l’aquamation, alors j’ai fait une recherche sur Internet et j’ai vu que c’était seulement offert à Granby, raconte Mme Larouche. J’en ai ensuite parlé à mon mari. Il était déjà en fin de vie. On a su en avril 2015 qu’il était très malade.»

«Quand je lui ai parlé de l’aquamation, il m’a répondu que l’eau, c’était mieux que le feu, poursuit-elle. J’ai donc appelé à Granby et je me suis informée. Quand mon mari est finalement décédé, on les a appelés et ils sont venus chercher le corps en après-midi. Ces gens-là ont été géniaux avec nous, du début à la fin.»

Un choix représentatif

Ce qui a d’abord plu à Mme Larouche, c’est la faible dépense énergétique engendrée par l’aquamation. «J’aimais aussi l’idée que l’on est conçu dans l’eau dans l’utérus de notre mère et qu’on se défait dans l’eau à notre mort. C’est une boucle pour moi», dit-elle.

«C’était aussi pour nous un choix naturel, renchérit sa fille. Nos choix de vie sont faits en fonction de l’environnement, énormément. Faire attention à l’environnement fait partie de nos valeurs. L’urne qu’on a choisie sera mise en terre et un arbre poussera par-dessus.»

Comme dans le temps

Alain Bérubé souhaitait que ses funérailles soient l’occasion d’organiser une grande fête à la maison. Et c’est exactement ce que sa famille a fait. «On a fait les funérailles à la maison comme dans le temps. On a mis l’urne dans le salon. C’est ce qu’il voulait et je tenais à ce que ce soit comme il voulait», confie Mme Larouche.

Malgré la peine immense que vivait la famille, cette journée a été représentative de la vie du défunt. «Papa voulait faire le party, alors on a fait le party, lance Marie-Claude Bérubé. On est des gens tissés serrés. On a décidé de célébrer la vie au lieu de célébrer la mort. C’était très différent comme approche.»

«Pour nous, c’était aussi de se respecter dans nos valeurs. Il y a des gens qui ne comprennent pas nos choix, mais, nous, on a été nous-mêmes du début à la fin. On n’a aucun regret. On a tout organisé nous-mêmes en une semaine. On était épuisé après, mais on est content de l’avoir fait», conclut-elle.