Production de lingettes biodégradables: un projet de 333 M$ à l’usine Kruger Wayagamack

Kruger reçoit une aide financière de 100 M$ des gouvernements fédéral et provincial pour mettre en place, à son usine Wayagamack à Trois-Rivières, une production innovatrice de matériaux non-tissés biodégradables destinés à la fabrication de lingettes.

L’entreprise diversifiera ainsi les activités de son usine reconnue jusqu’à maintenant pour la production de papier spécialisé. Ce projet, qui totalise un investissement de 333 M$, permettra à Kruger de fabriquer un matériau composé d’ingrédients naturels.

“D’abord, la question du jour, qu’est-ce que c’est au juste un matériau non-tissé? Ce n’est pas du papier, ce n’est pas du tissu, mais quelque chose entre les deux, explique le vice-président exécutif et chef de l’exploitation de Kruger, Éric Ashby. Dans notre cas, ces lingettes de tissu non-tissé seront fabriquées à 100 % à partir de fibres de bois, sans plastique et sans produit chimique. C’est ça, l’innovation pour ce produit-là.”

Les retombées économiques sont importantes pour la Mauricie tant lorsque la fabrication sera lancée que pendant la construction de la machine qu’on prévoit être en opération dans près de deux ans.

“56 nouveaux emplois permanents, 500 emplois directs et indirects durant les deux ans de la construction, 200 M$ de dépenses directes dans la région, et le développement d’une expertise locale dans un nouveau secteur d’activité à croître.”

L’entreprise utilisera une technologie unique en Amérique du Nord. Le produit sera entièrement biodégradable et compostable, une avancée importante dans un marché où plus de 80 % des lingettes contiennent encore du plastique.

“Ce projet est l’aboutissement de plusieurs années de recherche et de développement pour arriver à une production réellement écologique, sans compromis sur la qualité et la performance. Nous allons installer ici une ligne de production hybride et ultramoderne qui nous donnera la flexibilité de fournir des produits sur mesure, selon les besoins très variés de nos clients, pour un vaste éventail d’usages, tant pour les consommateurs que sur les marchés commerciaux et institutionnels.”

“Ce n’est pas un hasard que ces innovations-là se fassent ici à Trois-Rivières parce qu’on a un écosystème de recherche appliquée qui est un des meilleurs, sinon le meilleur au Canada, souligne la députée fédérale de Trois-Rivières, Caroline Desrochers. Le Centre de transfert et de technologie Innofibre va continuer d’être un partenaire important. Ces centres de recherche font un travail exceptionnel. Il faut absolument continuer de financer la recherche.”

Le gouvernement du Canada contribue pour un montant de 35 M$ via son Fonds de réponse stratégique.

“Au-delà de la bonne nouvelle, c’est également une histoire de résilience qui donne espoir aux travailleurs ici, mais qui peut être un exemple pour tout le secteur des pâtes et papier et du secteur forestier, mentionne la ministre de l’Industrie et ministre responsable de Développement économique Canada pour les régions du Québec, Mélanie Joly. Le secteur forestier est victime de la guerre tarifaire. On doit continuer à se défendre contre ces tarifs injustifiés et illégaux. Ce que ça va permettre à la Wayagamack, c’est de pouvoir développer les nouveaux marchés, partout à travers le pays, mais aussi à l’international. Et ça va permettre de protéger les emplois ici à l’usine, mais aussi à travers le Québec, à travers la chaîne d’approvisionnement.”

La participation financière du gouvernement du Québec est constituée d’un prêt de 35 M$ accordé par Investissement Québec, agissant à titre de mandataire financier du gouvernement du Québec, assorti d’une souscription à des parts de Kruger Pâtes et papiers Holding S.E.C. à hauteur de 5 025 000 $. Investissement Québec s’engage également à travers ses fonds propres à hauteur de 25 M$.

“C’est un très beau jour pour l’économie de la Mauricie et pour l’économie du Québec, lance le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Bernard Drainville, parce qu’on a devant nous une entreprise qui a plus de 120 ans et qui continue à prendre les moyens pour assurer son avenir. Ce qui nous amène ici aujourd’hui, c’est une nouvelle technologie en Amérique du Nord qui vous ouvre les portes du marché nord-américain. C’est une très belle façon de s’assurer de diversifier, de ne pas dépendre d’un seul marché, mais de s’ouvrir sur plusieurs autres marchés.”

On estime que 75 % de la production sera exportée.

“Au-delà de leur écoresponsabilité, il y a un marché mondial qui propose des perspectives particulièrement intéressantes, indique le député de Trois-Rivières et ministre du Travail, Jean Boulet. On parle d’un marché qui est évalué à 28 milliards de dollars en 2024. On importe à peu près 80 % de ces lingettes-là des États-Unis. Il faut réduire notre dépendance et Kruger participe à relever ces défis-là. Quand on a des entreprises qui sont des fleurons ici et qui décident d’avoir une vision de l’avenir, c’est un bénéfice énorme pour le Québec.”

“C’est une belle réussite. De plus, on le fait dans une industrie qui se veut de plus en plus durable. On pourrait même dire que Kruger exerce un leadership industriel dont on a besoin aujourd’hui en 2026. Nos autres entreprises doivent aussi s’inspirer. Ça fait plus de 100 ans que le site ici existe, rappelle le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin. Et grâce à la famille Kruger, ça va continuer. Avec le nouveau projet, on va être rendu à près de 700 emplois de Kruger à Trois-Rivières.”