Un éventail de services psychosociaux plus disponibles qu’on pense
On l’ignore, on l’oublie ou on n’a simplement pas le réflexe de se tourner vers les CLSC lorsque nous aurions besoin de services psychosociaux. Même si les trois travailleuses sociales que nous avons rencontrées sont très près du terrain -parfois depuis plus de 20 ans- elles se surprennent encore à découvrir l’existence de certaines ressources.
Au fil du temps, les services se sont adaptés et diversifiés, et beaucoup plus de professionnels se consacrent à la santé psychosociale: travailleurs sociaux, psychoéducateurs, techniciens en éducation spécialisée.
“C’est difficile de tout décrire ce qui existe, convient Julie Houde, coordonnatrice, services adultes. Les intervenants à l’accueil sont curieux. Dès qu’ils ont de l’information, ils se la partagent. Parfois, on va même rappeler une personne qui a fait une demande de service pour lui dire: j’ai discuté avec mes collègues, il y aurait peut-être telle affaire qui pourrait vous aider dans la communauté.”
Certains services sont offerts dans tous les CLSC, d’autres varient en fonction des besoins de la population du territoire desservi. On peut se présenter sur place durant les heures d’ouverture ou prendre rendez-vous.
“L’intervenante de l’accueil psychosocial, c’est une première porte d’entrée. Elle va analyser avec la personne quels sont ses besoins et quel service est le meilleur. Elle peut la référer à un organisme communautaire ou elle pourrait évaluer que la problématique peut être répondue par un des services offerts dans le CLSC.”
Au-delà du psychologue
Quand on pense à soutien psychosocial, on imagine souvent une consultation avec un psychologue.
“On entend beaucoup ça, mais ce n’est pas toujours le meilleur service selon leurs besoins. Parfois, un autre professionnel va être beaucoup plus aidant. Une personne qui vient de se séparer ou qui vit un deuil, qui présente des symptômes de stress, de déprime, ça commence à affecter son fonctionnement au quotidien. Même si on l’envoyait en psychologie, c’est d’un soutien beaucoup plus rapide dont elle a besoin concrètement.”
“Les psychoéducateurs et travailleurs sociaux vont travailler à reprendre du pouvoir rapidement dans son quotidien, à voir les forces qu’on peut utiliser pour pallier ce qui est difficile. On n’ira pas travailler sur toutes les causes profondes, mais on va l’outiller pour se sentir rapidement mieux puis être capable de réutiliser ça plus tard.”
Le professionnel consulté pourrait aussi soupçonner un besoin supplémentaire.
“On va avoir un suivi pour une séparation, par exemple, et on va remarquer qu’il y a des enfants qui ont des besoins. On va procéder à une référence vers le secteur Jeunesse, selon ce qui se passe.”
En ce sens, des services sont offerts aux enfants et adolescents ayant des besoins liés à leur santé ou à des difficultés personnelles, ainsi que dans le cas de relations parents-enfants difficiles.
“On a une grande gamme de services de la femme enceinte jusqu’à ce que l’ado ait 18 ans, indique Mélanie Masse, conseillère-cadre jeunes en difficulté, services jeunesse. Les services psychosociaux, la femme enceinte peut en avoir pour le soutien dans sa grossesse, pour apprendre son nouveau rôle de parent, pour savoir quels sont les besoins de son bébé.”
Il existe aussi des services pour les enfants vivant des défis en matière de développement, ainsi qu’à leurs parents et à leur famille qui peuvent en vivre les impacts.
La technologie à la rescousse
Parmi les nouvelles façons de faire, la technologie devient un outil supplémentaire. Un service a notamment été déployé, récemment, en télépratique régionale via la plateforme Teams. Un groupe éducatif de quatre rencontres auprès des parents d’adolescents a été mis en place.
“L’adolescence est une transition difficile. Ça challenge le parent. On a l’impression de ne pas être compétent. On a décidé de prendre tous les thèmes qu’on aborde avec les parents dans cette transition-là. Il se fait en télépratique parce qu’on veut transcender tout le territoire. Via Teams, le parent a accès au service peut échanger. Il reçoit la documentation. Ce qu’on se fait dire, c’est que tout parent devrait passer par là. C’est comme un gros coffre à outils qu’on donne. Après, s’ils ont plus de besoins, on évalue et on oriente.”
La télépratique amène aussi certaines personnes, qui ne l’auraient pas fait autrement, à consulter, puisqu’elles n’ont pas à se déplacer.
“Pourquoi s’en passer? Il faut s’adapter à ça, même s’il y a de l’inquiétude des parents par rapport à ça: est-ce qu’il faut que je me livre, que je me confie? On a décidé de faire ce virage technologique pour outiller rapidement les parents dans cette transition. On ne veut pas qu’ils attendent, mais qu’on leur fournisse rapidement des services après la demande d’aide. On a développé ça pour les parents d’adolescents. Ce qu’on veut, c’est de le développer pour les parents d’enfants de 0-5 ans et 6-12 ans.”
“Personne n’est obligé de parler de son vécu, précise Mme Houde. Souvent, la personne qui n’a pas parlé de vive voix va le faire dans le clavardage. C’est ce que permet la télépratique. L’animateur va rebondir sur son commentaire et donner des exemples.”
Personnes âgées
L’accompagnement social lié au développement trouve sa pertinence à tout âge. Par exemple, Ma santé à vie est un programme de prévention axé sur les saines habitudes de vie et qui s’adresse aux personnes aînées.
“Ça englobe la prévention des maladies chroniques, l’obésité, indique Martine Rouette, spécialiste en activités cliniques, services adultes. C’est dans le secteur des maladies chroniques, avec infirmière, nutritionniste, physiothérapeute, ergothérapeute. Ça dépend des besoins. Ils vont évaluer qui est le meilleur professionnel. On a plein de services, mais parfois, des organismes vont répondre davantage à des besoins plus précis. Souvent c’est là qu’on va les orienter.”
“Des travailleurs sociaux vont évaluer les besoins de la personne âgée, à son domicile, au niveau de son autonomie, ses besoins, puis offrir un service psychosocial adapté, précise Mme Houde. Il y a de belles ressources. On va discuter de solitude, des visites de l’amitié, du centre d’action bénévole. Des gens ont des difficultés avec la fibromyalgie: il existe un groupe de soutien, mais dans chaque secteur, il y a des particularités.”
Ligne Info-Social
On connaît bien la ligne Info-Santé et on gagnerait à savoir que l’option 2 du 811, l’Info-Social, constitue une autre porte d’entrée vers les services psychosociaux. “
“Ça pourrait arriver, un jeune qui fait une crise, la maman ne sait plus quoi faire, elle a tout essayé et dépassée, elle va appeler l’Info-Social, illustre Mme Masse. Ils vont la guider pour tempérer la crise. Si ça ne fonctionne pas, que l’enfant est vraiment violent, dangereux, l’intervenant peut même se rendre sur place pour aller gérer la crise.”
