Un colloque citoyen pour repenser la stratégie éolienne du Québec ce samedi

Alors qu’Hydro-Québec s’appuie toujours sur une éventuelle pénurie d’électricité pour justifier une expansion massive de l’énergie éolienne, de nombreuses voix s’élèvent pour remettre en question cette stratégie. En effet, plusieurs projets industriels énergivores ayant été abandonnés, les besoins réels du Québec en électricité sont de plus en plus contestés. Malgré cela, la société d’État maintient le développement de parcs éoliens de grande envergure, notamment en Mauricie.

Les éoliennes prévues pourraient atteindre plus de 200 mètres de hauteur, soit le double du pont Laviolette. Et jusqu’à 40 unités pourraient installées par village.

Comment “Repenser l’éolien au Québec”? Cette question sera le thème d’un colloque citoyen qui se tiendra ce samedi 14 juin, de 9h à 17h, au Cégep de Trois-Rivières (Pavillon des Humanités).

Il sera structuré autour de trois tables rondes réunissant douze panélistes. Les discussions porteront sur les choix énergétiques à long terme, la gouvernance municipale et l’acceptabilité sociale, ainsi que les impacts sur l’agriculture, les forêts et la santé. L’événement sera également l’occasion de dévoiler un numéro spécial de la revue L’Action nationale consacré aux enjeux de l’éolien au Québec.

L’événement est organisé par le Regroupement vigilance énergie Québec (RVEQ), en collaboration avec Vent d’élus, Toujours Maître chez Nous, Pour un choix éclairé dans Nicolet-Yamaska, Climat Québec, L’Action nationale et le Syndicat canadien de la fonction publique Québec. Il réunira des experts, des élus et des citoyens désireux de débattre publiquement de la gouvernance énergétique québécoise et de proposer une alternative plus démocratique et transparente.

Il sera notamment question des 10 000 mégawatts d’énergie éolienne prévus (soit environ 1 500 mégaéoliennes “imposées à des communautés souvent peu ou pas consultées”) et de la pertinence d’instaurer un moratoire tant que la lumière n’aura pas été faite sur les besoins énergétiques réels du Québec.

Cette demande, déjà formulée en janvier dernier par une coalition citoyenne composée de 25 comités locaux, de chercheurs, de groupes syndicaux et de deux partis politiques, vise à éviter que le développement de l’éolien ne serve des intérêts privés au détriment du bien commun.

“Ce qu’on veut pour le Québec, c’est un développement éolien justifié, cohérent, démocratique, public, transparent et respectueux du territoire et de ses habitants”, souligne Janie Vachon-Robillard, co-organisatrice du colloque et porte-parole du collectif Pour un choix éclairé dans Nicolet-Yamaska. Une position partagée par Louise Morand, coordonnatrice du RVEQ: “Nous assistons à l’accélération de la privatisation de l’énergie éolienne. Les citoyens ruraux subissent les impacts tandis que de précieuses forêts et terres agricoles sont sacrifiées. Les profits enrichissent seulement quelques actionnaires au lieu de bénéficier à toute la société québécoise à travers Hydro-Québec”.