Un centre pour les mamans

Installée au 1125, rue Sainte-Marguerite depuis un peu plus d’un an, la franchise Bougeotte et Placotine propose des cours spécialisés en entraînement pré et postnatal, misant à la fois sur l’expertise professionnelle et la création d’une communauté pour briser l’isolement des mères.

PAR FATOUMATA DAPA/ fdapa@icimedias.ca

Ouvert en 2012 à Québec par la kinésiologue Sarah Baribeau, Bougeotte et Placotine est né d’un constat: le manque d’informations accessibles et scientifiques sur l’activité physique pendant la grossesse et le postpartum. “À la base, je trouvais que ça n’avait pas de bon sens qu’une femme n’ait pas l’information par rapport à son propre corps pendant ces périodes de leur vie”, explique la fondatrice.

Diplômée en kinésiologie, détentrice d’un DESS en exercice thérapeutique et d’une maîtrise portant notamment sur la prévention des douleurs lombaires et pelviennes durant la grossesse, elle a lancé le premier centre pendant son congé de maternité. Le concept combine cours d’entraînement fonctionnel fondés sur la science et espace café afin de contrer l’isolement. “On va redonner le pouvoir aux femmes d’être au courant de ce qui se passe vraiment dans leur corps”, affirme-t-elle.

Devant la popularité grandissante, l’entreprise a pris de l’expansion et adopté un modèle de franchise encadré. “100 % des entraîneurs des franchises doivent suivre la formation que je donne en entraînement pré-postnatal”, précise Mme Baribeau, qui insiste sur le respect des standards de qualité à travers le Québec.

La franchise trifluvienne de Bougeotte et Placotine est dirigée par Karen Ward, qui a choisi de se lancer en affaires à la naissance de son deuxième enfant. “J’ai eu mon deuxième garçon. Et à chaque fois que j’ai un projet de maternité, je change de carrière. Donc là, je voulais changer le monde. Puis je me disais qu’il n’y avait pas assez de choses pour les mamans à Trois-Rivières.”

Originaire de Montréal et établie en Mauricie depuis l’enfance, elle affirme avoir elle-même ressenti l’isolement du congé de maternité. “Je me suis sentie seule dans mes congés de maternité”, confie-t-elle. “Je voulais que les mamans puissent venir avec leurs enfants, ce que je n’ai pas eu dans mes deux congés de maternité.”

Séduite par l’approche, elle décide d’implanter le modèle trifluvien. “Je suis tombée en amour avec le concept”, dit-elle. Elle souligne notamment l’offre diversifiée, qui couvre plusieurs étapes de la vie d’une femme: cours pour femmes enceintes du premier au troisième trimestre, séances dès deux semaines postpartum (quatre semaines après une césarienne), remise en forme, retour à l’intensité, cours pour mamans au travail, ainsi que programmes destinés aux préadolescentes et aux femmes en périménopause et ménopause.

Les séances, offertes en blocs de huit semaines (180 $), sont encadrées par des kinésiologues formés en pré et postnatal. “On est vraiment spécialisés. C’est offert par des kins qui sont expérimentés”, souligne Mme Ward. Les participantes peuvent également reprendre des cours en cas d’absence, une flexibilité appréciée par les jeunes familles.

Au-delà de l’activité physique, l’espace se veut un lieu d’échanges. “Le volet café favorise beaucoup les échanges entre les participantes. Même si tu ne t’entraînes pas à la base, tu sais qu’il y a d’autres mamans qui commencent”, explique la franchisée. “Juste de sortir de chez vous, venir prendre un café avec des mamans que tu ne connais pas, ça devient naturel”, ajoute Karen Ward.

Après un an d’opération, l’achalandage est en croissance, principalement par le bouche-à-oreille et les partenariats avec des professionnels de la santé. Il est passé d’une quarantaine à près de 80 participantes par session. L’objectif est d’atteindre 150 inscriptions. Si le recrutement demeure un défi, Mme Ward se montre confiante. “Je suis persuadée que ça change les vies. Il faut juste qu’elles se permettent d’essayer”, conclut-elle.