Sommet économique : 4 projets issus des consultations

De nombreux acteurs économiques de la région sont réunis au centre d’évènements et de congrès à l’occasion de la journée P3RSPECTIVES, un sommet économique mené par Innovation et Développement économique Trois-Rivières (IDÉ).

Par ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimedias.ca

Dans le cadre de l’offensive pour la productivité et l’innovation, une démarche de consultation a été menée auprès d’entreprises, d’organismes et d’institutions de Trois-Rivières.

Le directeur général d’IDÉ Trois-Rivières Grégory Gihoul a annoncé quatre projets qui ont découlé des constats de la consultation.

Grâce à une collaboration avec le Carrefour Québec international (CQI), dix entreprises de la région pourront bénéficier d’une meilleure présence à l’international, dans le but d’« accélérer la diversification de leur marché hors du Québec. »

Avec la Ville de Trois-Rivières, IDÉ annonce la création d’un Bureau de l’innovation. L’institution jouera un rôle de « courtier » entre les besoins du milieu des entreprises et de ceux de l’administration, en plus d’intégrer les différentes technologies de Trois-Rivières et d’ailleurs.

Grégory Gihoul planifie également « rapprocher » le Centre national intégré du manufacturier intelligent (CNIMI), situé au campus de l’UQTR à Drummondville. Le centre de recherche, dont la mission est d’accompagner les manufacturiers dans leur transition numérique grâce aux outils de l’enseignement supérieur, aura un pied à terre à Trois-Rivières.

Finalement, en partenariat avec le groupe 3737, une organisation à but non lucratif établie à Montréal, IDÉ proposera une offre spécialisée de conseils entrepreneuriaux destinés aux personnes immigrantes.

Une « vaste » démarche de consultation

Six constats transversaux se dégagent des consultations menées auprès des représentants de plusieurs secteurs d’activité, notamment des secteurs commerciaux, manufacturiers, industriels, du tourisme et de la culture, de l’agroalimentaire ainsi que de l’économie sociale.

L’ensemble des secteurs consultés reconnaissent l’urgence d’améliorer la productivité, devenue un enjeu stratégique majeur. « Le principal frein n’est pas le manque de volonté, mais la difficulté à passer à l’action », peut-on lire, souvent par manque de temps ou de ressources spécialisées.

Les dirigeants de plusieurs PME et organismes cumulent une surcharge opérationnelle, qui limite l’expérimentation, l’implantation de nouvelles pratiques et la capacité d’innovation en général.

La transformation numérique demeure incomplète pour la majorité des organisations, qui mentionnent entre autres des enjeux de faible centralisation des données et d’outils sous-utilisés.

L’intelligence artificielle suscite à la fois enthousiasme et inquiétude chez les entreprises consultées. Les usages possibles observés concernent la rédaction, les communications, la gestion documentaire et l’administration. L’utilisation de l’IA comme d’un outil d’assistance qui ne remplace pas l’humain est un consensus qui ressort clairement des consultations.

La gestion du changement représente un frein majeur dans presque toutes les consultations. « Plusieurs organisations soulignent que les projets pilotes constituent souvent la meilleure façon de rassurer les équipes, de tester les approches et de favoriser l’acceptabilité. »

Finalement, la rareté d’employés spécialisés demeure un enjeu central et la pénurie de main-d’œuvre continue de freiner la croissance.

Et maintenant?

Près de 400 entrepreneurs, dirigeants, chercheurs, partenaires économiques et représentants institutionnels ont participé, lundi, à P3Rspectives, le grand rendez-vous de l’innovation et de la productivité organisé par IDÉ Trois-Rivières. 

De nombreux enjeux ont été exprimés durant la journée: la complexité du changement de culture en entreprise, la complexité de l’écosystème entrepreneurial, des délais administratifs longs et des règlements qui gagneraient à être allégés. 

Parmi les projets les plus porteurs qui en sont ressortis, notons la création d’un pôle numérique, la mise en place d’un guichet unique en repreneuriat et l’implantation d’une Maison de l’innovation sociale.

L’idée de ce sommet, c’était avant tout un engagement électoral de Jean-François Aubin. Au terme de la journée, le maire de Trois-Rivières était ravi des discussions qui s’y sont déroulées.

“Cette journée, c’est un pas pour poursuivre parce que ce n’est pas vrai qu’on change une culture, qu’on apprend à tous collaborer et travailler ensemble et à innover en peu de temps. On souhaite mettre en place une démarche qui a déjà amené de nouvelles collaborations pour le développement économique de Trois-Rivières”, indique-t-il.

L’ensemble des discussions de la journée serviront à élaborer un plan d’action et à créer des groupes de travail pour faire avancer différentes réflexions mises de l’avant durant l’événement. 

“Il y a une série de discussions qui a déjà été amorcée, que ce soit sur l’entrepreneuriat, sur l’idée d’un bureau de l’innovation dont on ignore encore la forme qu’il prendra, précise le maire. L’idée d’une Maison de l’innovation sociale a été amenée, mais là encore, est-ce que ce sera une vraie maison ou plutôt un concept pour amener tout le monde à travailler ensemble. Mais on a senti que les gens des différents milieux qui étaient réunis aujourd’hui avaient une volonté de faire tomber les silos et de collaborer”, mentionne Jean-François Aubin

Le plan d’action devrait être dévoilé au cours de l’automne. Plusieurs annonces en découleront par la suite. M. Aubin assure que plusieurs annonces seront faites dans les prochains mois en ce sens. 

“C’est réaliste de penser qu’il sera prêt avant Noël parce qu’on va essayer d’attacher différentes choses à l’automne. Assurément, on reviendra avec un événement semblable au sommet P3RSPECTIVES l’an prochain pour faire le bilan de ce qui a été réalisé et établir quels seront les prochains pas à faire. On souhaite poursuivre l’initiative”, affirme le maire.

Ville-laboratoire

La question de ville-laboratoire est ressortie à plusieurs occasions durant l’événement P3RSPECTIVES.

“Les gens veulent que la Ville puisse offrir une place pour innover, expérimenter et tester des choses, autant des processus que des produits ou des technologies. C’est un élément important des discussions. Il y a toute la question du pôle numérique également, en ce sens où la question du numérique, en plein essor, n’est pas bien implantée partout. C’est en plus de ce qui touche à l’intelligence artificielle. Je pense que la question du pôle numérique sera l’une des annonces qui suivra le plus rapidement possible”, précise Jean-François Aubin.