Secteur forestier : Innofibre reçoit 266 900 $
MAURICIE. En raison de la période d’instabilité que traverse le secteur forestier canadien, le gouvernement du Canada injectera plus de 17 millions de dollars pour soutenir 12 projets de transformation du secteur forestier dans la province. L’entreprise Xylo-Carbone de Saint-Tite, le centre d’innovation trifluvien Innofibre et la Scierie Tackipotcikan de Wemotaci sont les projets de la Mauricie mis en lumière.
Par ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimedias.ca
« On le sait, le secteur forestier couvre une grosse partie de notre territoire, au Québec. Ça crée des bons emplois, ça fait vivre beaucoup de familles puis ça sert d’ancrage pour plusieurs de nos communautés à travers le pays. Mais on sait aussi qu’il y a de gros défis », lance Claude Guay, député libéral de LaSalle-Émard-Verdun et secrétaire parlementaire du ministre fédéral de l’Énergie et des Ressources naturelles.
« Il y a la transformation des marchés mondiaux, des pressions commerciales persistantes, des problèmes d’approvisionnement qui sont bien réels et, naturellement, les droits de douane américains qui sont ressentis par les travailleurs, les familles, les collectivités à travers le Québec et le Canada. »

Caroline Desrochers, députée de Trois-Rivières, en compagnie de Claude Guay, député libéral de LaSalle-Émard-Verdun et secrétaire parlementaire du ministre fédéral de l’Énergie et des Ressources naturelles. (Photo : Émile Héroux)
Environ le tiers des 17 millions de dollars annoncés par le gouvernement du Canada pour répondre à ces difficultés sera octroyé pour le projet de diversification des marchés du Bureau de promotion des produits du bois du Québec (QWEB). Cette initiative vise à aider l’industrie forestière, autant en Mauricie que dans le reste du Québec, à exporter à l’extérieur des États-Unis.
Trois projets mis en lumière en Mauricie
D’abord, la société en commandite Scierie Tackipotcikan située à Wemotaci sera soutenue par un montant de 510 000 $ issu de l’Initiative de foresterie autochtone (IFA) pour sa mise en activité. L’aide financière est accordée dans le but d’optimiser l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la transformation des produits de bois massifs destinés aux marchés locaux canadiens, selon Claude Guay.
Xylo-Carbone reçoit 4,5 millions de dollars du programme Investissements dans la transformation de l’industrie forestière (ITIF) pour le projet de production d’un nouveau composite de biocarbone pour la métallurgie.
Spécialisée dans le développement de biocharbon, l’entreprise établie à Saint-Tite œuvre dans différents secteurs, allant du produit pour barbecue au charbon activé pour filtrer l’eau.
Ce financement va de pair avec le montant de 266 900 $ octroyé pour le centre d’innovation Innofibre. Il s’agit d’une aide pour mener à bien un projet de recherche visant à mieux comprendre comment le biocarbone pourrait se substituer au charbon fossile utilisé dans l’industrie métallurgique.
« C’est un projet qui est mobilisateur, sur lequel nous allons travailler pour pouvoir identifier les opportunités et les enjeux de la filière du biocarbone auprès du secteur forestier, qui est producteur de biocarbone, ainsi qu’auprès des utilisateurs finaux de l’industrie métallurgique », explique Jean-Philippe Jacques, directeur d’Innofibre.
« Le financement va nous permettre d’accélérer le développement technologique, de travailler sur des enjeux précis qu’on retrouve dans l’industrie, que ce soit au niveau de l’approvisionnement en fibre, au niveau des procédés de conversion, ou même encore au niveau de l’utilisation de biocarbone dans le procédé métallurgique », ajoute-t-il.

Jean-Philippe Jacques, directeur d’Innofibre. (Photo : Émile Héroux)
Les informations transmises par le centre d’innovation précisent que les travaux effectués jusqu’à maintenant démontrent un potentiel environnemental « significatif », puisque remplacer une tonne de charbon fossile par du biocarbone pourrait réduire jusqu’à trois tonnes de CO₂ équivalent.
« Le projet a aussi permis de constater un intérêt réel de l’industrie métallurgique pour cette alternative. Une adoption à grande échelle pourrait entraîner la valorisation de millions de tonnes de résidus forestiers dans différentes régions du Québec, tout en contribuant à la transition énergétique du secteur métallurgique », peut-on lire dans le communiqué d’Innofibre.
Fort de ces premiers constats, Innofibre poursuivra ses travaux de recherche aux échelles pilote et précommerciale, soit la dernière étape avant la commercialisation d’un produit, en collaboration avec les secteurs métallurgique et forestier.
« Je dis souvent que dans chaque crise, il y a une opportunité. Il y a tellement d’opportunités qui s’adressent à nous et j’ose dire que nous allons relever ce défi, avec des collaborateurs et avec le secteur privé », conclut le directeur d’Innofibre.
