Sciences sur scène: un événement national à l’école Saint-Paul de Trois-Rivières

L’organisation de Sciences sur scène (Sciences on Stage) a choisi l’école Saint-Paul de Trois-Rivières pour tenir son événement annuel. Une quarantaine d’enseignants et de pédagogues ainsi que plusieurs organismes ont présenté samedi le fruit de leurs recherches et leurs projets scientifiques.

“L’école a été choisie parce qu’on a inauguré notre laboratoire, le Lab C3,  en avril 2024. C’est plutôt rare un laboratoire de science dans une école primaire, et le fait qu’on soit dans un quartier populaire, le C.A. de Sciences on Stage trouvait tout désigné l’école Saint-Paul comme lieu d’accueil. C’est la première fois que Sciences on Stage choisit le Québec”, indique l’ancienne directrice de l’école Saint-Paul, Mylène Poudrier, maintenant directrice de l’école intégrée des Forges.

“C’est quand même un très grand pays, le Canada, ajoute la vice-présidente de Sciences on Stage Canada, Élisabeth Jobin. On s’est questionnés à savoir dans quelle province on devrait faire notre événement pour rejoindre le plus de gens possible. Comme dans les dernières années c’est principalement le Québec qui a été représenté, et comme l’École Saint-Paul est une école à vocation sciences et technologies, on s’est dit que ça pourrait être un bon choix pour faire notre événement.”

Des conférences scientifiques étaient présentées, des kiosques et des ateliers interactifs étaient animés par des enseignants de partout qui mettent en valeur les projets en sciences et technologies et font découvrir des approches pédagogiques innovantes favorisant l’apprentissage scientifique.

“L’ancienne présidente et fondatrice de Science on Stage, Joanne Patry, a animé la conférence d’ouverture qui visait à semer des étoiles pour nous inspirer sur notre vocation de pédagogue en ce qui concerne, oui, l’enseignement des sciences, mais surtout à aller un peu plus loin, les compétences du 21e siècle de résolution de problèmes, d’esprit critique, de créativité”, explique Mme Poudrier.

“Il y a beaucoup de réseautage qui se fait pendant la journée, beaucoup de liens qui se créent, constate Mme Jobin. Ensuite, la collaboration se poursuit tout au long de l’année. Parfois, il y a même des projets qui sont amorcés entre deux participants qui ne se connaissaient pas du tout.”

Une enseignante, Audrey Dufresne, et une orthophoniste, Vanessa Guilbault, toutes deux de l’école Saint-Paul, ont présenté un de leurs ateliers, l’hôpital des tout-petits.

“C’est un projet inclusif avec des élèves qui ont un trouble développemental du langage, indique Mme Poudrier. Les enfants avaient créé un hôpital fictif où chacun exerce un rôle, au triage, aux rayons X, etc. Ils voient des notions de sciences liées au corps humain et ils développent aussi leur langage oral et écrit dans un contexte qui se rapproche d’un contexte authentique.”

Des organisations partenaires ont tenu des kiosques: Fusion jeunesse, la Baleine nomade, Young Engineers, les écoles eSTIMe, notamment.

“Des organismes qui font souvent des présentations dans les écoles qui sont venus non seulement présenter leurs ateliers, mais échanger avec les participants, mentionne Mme Jobin. Des partenaires m’ont dit qu’ils ont apprécié les échanges avec les enseignants parce qu’ils pouvaient bonifier leurs activités en fonction des réalités des écoles.”

Plusieurs partenaires liés à l’UQTR se sont fait un devoir de tenir des activités durant l’événement.

“SOUAD, TAB et le Réseau québécoise de l’énergie intelligente, poursuit Mme Poudrier. Technoscience était là avec la fameuse bulle éducative. Des enseignantes de l’école Saint-Paul ont participé à l’élaboration de cette bulle, Joany Toutant et Amélie Leclerc. Il y avait l’Expérimentarium UQTR, des chercheurs scientifiques qui vont à la rencontre d’élèves de 8 à 16 ans pour vulgariser leurs recherches et leurs découvertes.”

Fait à noter, Mme Poudrier a été sélectionnée deux fois pour aller présenter ses projets à Sciences sur scène. En tant que jeune enseignante, elle s’était rendue à Saskatoon en 2009 et à Copenhague en 2011.

“M’étant retrouvée à l’école Saint-Paul en 2020, une école à vocation scientifique, je m’étais bien promis que j’allais tisser des liens avec Sciences on Stage parce qu’ici, en région, c’était très peu connu. Le fait de clôturer mon passage à l’école Saint-Paul avec cet événement-là, oui, il y avait de la fierté. Un samedi du mois d’août où il fait 30 degrés, 40 personnes, des trippeux de pédagogie qui se réunissent, j’ai trouvé ça assez exceptionnel.”

Les enseignants participants courent maintenant la chance d’aller représenter le Canada en 2026 lors de la conférence européenne qui se tiendra en Lituanie. Mme Jobin décrit les critères qui guideront le jury dont la décision devrait être rendue à la mi-octobre.

“Ça doit être des projets qui sont vécus avec des élèves, peu importe le niveau. Ça doit être un projet motivant et engageant pour les élèves, donc ils doivent être mis en action. Ça peut être un sujet qui est abordé d’une autre façon. On vise aussi l’interdisciplinarité, comment on inclut les sciences dans le parcours de l’élève en les jumelant avec d’autres matières.”