Répar-O-Tech : favoriser l’autonomie citoyenne

Réparer soi-même plutôt que jeter : c’est l’idée derrière la Répar-O-Tech, une initiative de l’entreprise Uni-Recycle visant à promouvoir l’autonomie citoyenne face à la consommation éphémère. Échelonné en trois volets différents, le développement du projet sera complété au début du mois de mars avec la possibilité d’utiliser les équipements dans des espaces dédiés, aménagés dans les locaux de l’entreprise.

PAR ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimedias.ca 

« On veut vraiment stimuler le réflexe citoyen de réparer soi-même ses choses, au lieu de jeter et de passer au suivant », explique Philippe Gignac, PDG d’Uni-Recycle. Pour lui, il s’agit d’un modèle axé sur la valeur éducative et communautaire de l’entreprise, plutôt que sur la simple remise à neuf d’appareils électroniques destinés à la revente. Le projet a d’ailleurs été rendu possible par le fonds de soutien d’Environnement Mauricie, annoncé en novembre dernier.

Pour la revalorisation et la revente d’équipements électroniques, Uni-Recycle est affilié à l’entreprise trifluvienne Econext Informatique. La Répar-O-Tech met la participation active du citoyen au centre du processus de réparation.

« Amener le citoyen à faire la réparation lui-même, implanter cette idée-là d’autonomie, c’est un geste qui est beaucoup plus ancré dans le temps, à notre avis », soutient le PDG.

Développement en trois volets

La première étape du développement de la Répar-O-Tech est l’accès libre-service au catalogue d’instruments de réparation. Pour offrir en ligne leurs outils, Uni-Recycle mise sur l’application Partage Club, une initiative québécoise permettant de faciliter le prêt d’objets entre abonnés de la plateforme. Son écosystème de mutualisation est déjà bien implanté à Trois-Rivières, selon Philippe Gignac. 

La chargée du projet de la Répar-O-Tech, Laeticia Bertolino, détaille l’offre de Partage Club : « on a un partenariat avec l’application qui fait que c’est gratuit pour les clients d’Uni-Recycle jusqu’au mois de juin ».

Dès le 5 février, des formations seront données deux fois par mois par les employés de l’équipe d’Uni-Recycle. Au cout de 50 $ chacun, ces ateliers sont destinés aux citoyens souhaitant approfondir leurs habiletés en réparation d’appareils électroniques. Des tarifs variés sont offerts pour l’inscription à plus d’une formation, ainsi qu’un abonnement mensuel donnant droit à plusieurs avantages.

« Le premier jeudi du mois, c’est “réparation électronique débutant”. Donc, vraiment les bases : comment on diagnostique un problème, soudure électronique de base […] Et pour l’autre formation, c’est “réparation électronique niveau avancé”, là on va un peu plus loin dans les connaissances », explique Laeticia Bertolino.

La troisième phase du projet, prévue pour début mars, ouvrira des espaces de travail dédiés au grand public tous les jours, y compris les fins de semaine. Les citoyens pourront alors réserver des établis équipés d’outils spécialisés et bénéficier d’un accompagnement sur place par les électrotechniciens d’Uni-Recycle, tout en apprenant à diagnostiquer et réparer eux-mêmes leurs appareils grâce à des tutoriels et des ressources numériques mis à disposition.

« Donne un poisson à un homme … »

« … il mangera une journée, apprends-lui à pêcher, il mangera toute sa vie. » C’est cette mentalité qui a inspiré ce projet d’Uni-Recycle. « L’objectif de la Répar-O-Tech, c’est vraiment d’amener les gens à être autonomes au niveau de la réparation. Donc, surtout apprendre aux gens à développer le réflexe de dire “je vais voir ce qui se passe, le diagnostiquer et essayer de le réparer moi-même” », conclut Laeticia Bertolino.