Paradis Perdus : une ode aux marginaux

Le Cirque du Soleil et l’Amphithéâtre Cogeco dévoilent le thème derrière le dixième spectacle issu de leur collaboration. PARADIS PERDUS rendra hommage à Jean Leloup et à son univers dense et éclectique, en plus de permettre à 80 spectateurs d’assister au spectacle en tant que figurants, directement sur scène.

Par ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimedias.ca

Échelonné sur 20 représentations du 15 juillet au 15 août prochains, le dixième opus de la Série Hommage célébrera l’œuvre de Jean Leloup, forte de 11 albums qui lui ont mérité 16 Félix. 

 » Il n’y a pas meilleur choix pour une dixième année à Trois-Rivières que d’avoir un artiste comme Jean Leloup à hommager. C’est un artiste qui est une figure phare de la musique et de la culture québécoise en général. C’est quelqu’un qui nous a tous marqués « , explique Daniel Ross, directeur de création.

Daniel Ross. (Photo : Émile Héroux)

 » L’univers que Jean Leloup a créé, les personnages, les contextes, sont hyper théâtraux, donc un terrain hyper fertile pour une approche dramaturgique ou acrobatique « , ajoute-t-il.

L’héritage culturel de Leloup offre un terrain fertile pour les artistes du Cirque du Soleil, qui présenteront plusieurs disciplines sur scène, dont six numéros encore jamais vus à Trois-Rivières.

Parmi ces disciplines, on retrouve un numéro de parkour urbain, une pratique du déplacement née dans les grandes villes. Le tissu aérien fera son retour cette année, cette fois avec une seconde personne servant de contrepoids, ajoutant une nouvelle dimension au numéro.

 » On va revisiter un classique qu’on a déjà eu au cirque avec un trio de cerceaux aériens, pour en faire quelque chose de spécial qui s’imbrique bien avec l’œuvre de Jean Leloup « , indique le directeur de création.

 » Aussi, un duo de perche, qui nous vient beaucoup du cirque traditionnel. C’est un numéro plutôt périlleux, qui capitalise beaucoup sur une relation de partenariat entre un homme et une femme. « 

 » L’enfant terrible  » et ses personnages

Le spectacle PARADIS PERDUS entrainera le public  » dans un royaume étrange peuplé de marginaux, de poètes et de créatures de la nuit « , au rythme des chansons de Jean Leloup. Jean-Phi Goncalves, habitué de la Série Hommage, signe les arrangements musicaux.

L’enfant-fou, personnage de l’univers de l’artiste, guidera une horde de  » perdus qui cherchent le paradis  » au cœur d’une forêt hallucinée, en route vers Le Dôme.

 » C’est une invitation, cet été, à sortir des sentiers battus, à sortir de sa zone de confort « , indique Marie-Ève Milot, qui assure la mise en scène.  » Comme dans toute l’œuvre de Jean Leloup, le sublime rencontre la beauté, la beauté rencontre la laideur et le tragique. « 

Marie-Ève Milot, metteuse en scène, et Geneviève Lizotte, scénographe. (Photo : Émile Héroux)

 » Ce sera un univers de fort contraste, de paradoxe, d’imprévisibilité, mais l’ensemble est une grande cérémonie où le chaos va magiquement s’organiser « , ajoute-t-elle.

Au fil des tableaux, les figures égarées rencontreront l’enfant-fou, puis le Roi Ponpon, autre personnage issu de la mythologie de Jean Leloup. Chef d’orchestre d’un band imaginaire, il mènera la  » procession « , fidèle à l’esprit libre et imprévisible de l’auteur-compositeur-interprète.

 » C’est un espace un peu irréel, mystérieux, une terre promise où tout est possible, où tous les gens peuvent exister, les gens marginaux, les différents, les fous, les acrobates, les artistes de cirque « , énumère la scénographe Geneviève Lizotte.

Comme dans la chanson de son album de 1996, les personnages seront tous en route vers le Dôme, qui  » éclaire à des milles à la ronde « .

 » Les cent toucans rouges et jaunes « 

Pour la première fois à l’Amphithéâtre Cogeco, les spectateurs pourront prendre part au spectacle en devenant figurants avec une nouvelle catégorie de billet offerte. Jusqu’à 80 spectateurs par soir seront invités à monter sur scène et à s’intégrer à la scénographie, installés sur un gradin sur la scène. Ils représenteront les  » cent toucans rouges et jaunes  » de la chanson.

Cette expérience immersive,  » à mi-chemin entre le VIP et la figuration « , permettra aux participants d’être en proximité directe avec les artistes circassiens.

 » On va inviter tout le monde, même ceux dans la salle, à s’habiller en noir et blanc, avec des accents de rouge et de jaune « , précise Geneviève Lizotte.

Geneviève Lizotte. (Photo : Émile Héroux)

Les 80 spectateurs-figurants porteront des éléments de costumes conçus par l’équipe du Cirque du Soleil, pour incarner ces oiseaux créés par Jean Leloup. Les billets pour cette expérience spéciale, offerte en nombre limité pour chacune des 20 représentations, sont en vente dès maintenant.