Olymel construira sa nouvelle usine à Trois-Rivières
Olymel a confirmé ce matin l’agrandissement de son usine La Fernandière, à Trois-Rivières, soit un projet majeur de 142 M$. Il intégrera de toutes nouvelles technologies, dont l’intelligence artificielle, mais entraînera également la fermeture de deux de ses usines.
Olymel, chef de file canadien dans la production, la transformation et la commercialisation des viandes de porc et de volaille, amorcera les travaux dans les prochains jours et le début des opérations est prévu au printemps 2026.
“Cette usine de pointe nous offrira de nouvelles possibilités d’expansion et améliorera de façon significative notre efficacité, un élément central à la performance de notre entreprise. En contrepartie, nos usines d’Anjou et du Cap-de-la-Madeleine fermeront leurs portes, mais les employés seront invités à rejoindre les équipes de Trois-Rivières, ou encore celles de Saint-Esprit ou Berthierville”, a témoigné Yanick Gervais, le président directeur général d’Olymel.
“Ce projet s’inscrit parfaitement dans notre stratégie de miser sur la création de produits à valeur ajoutée, en s’appuyant sur une viande de qualité supérieure, produite par les agriculteurs de chez nous. On a choisi Trois-Rivières parce que c’est central et les terrains de La Fernandière nous permettaient d’agrandir adéquatement. (…) On en a parcouru du chemin depuis le boulevard des Récollets et je repensais à mon grand-père qui détestait monter nos escaliers ici, avec son journal et son café. Aujourd’hui, je n’ai pas le choix de remercier mon oncle, son fils, qui m’a fait confiance à moi, un jeune de 25 ans.”
L’usine trifluvienne, qui produit à l’heure actuelle essentiellement des saucisses, élargira sa gamme pour inclure un éventail plus diversifié de produits de porc et de volaille. Elle sera par ailleurs convertie en un établissement intégré qui permettra sur place une transformation complète des produits jusqu’à l’emballage, réduisant ainsi les déplacements de matières premières, améliorant la coordination des processus et renforçant la productivité de l’entreprise. Rappelons que La Fernandière a également fait l’acquisition l’ancien terrain d’Elmec, qui avait été victime d’un violent incendie, ce qui lui ouvre d’autres portes d’agrandissement dans 5 ou 10 ans.
“C’est une annonce qui place Trois-Rivières dans la conjonctive qu’on veut prendre, dans l’optique de productivité, de compétitivité et d’optimisation, a pour sa part ajouté le ministre du Travail, Jean Boulet. Olymel est un modèle à suivre et il peut inspirer d’autres entreprises dans un avenir rapproché.”
“Les Gervais ont toujours été des gagnants dans tous les sports et aujourd’hui, on gagne encore avec eux, a lancé le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche. Ils ont fait le choix de nous choisir, Trois-Rivières, avec une usine qui correspond aux critères qu’on s’était donnés, qui touche les notions d’innovation, d’optimisation et humaines.”
Intelligence artificielle
Tel que mentionné plus tôt, il y aura l’implantation de systèmes optimisés par l’intelligence artificielle. La connectivité de l’ensemble des équipements et composantes permettra ainsi une gestion maximisée des opérations. Ces technologies, innovantes pour le secteur agroalimentaire canadien, comprennent entre autres un système de batteries industrielles unique, une ligne de cuisson en continu, des activités complètement automatisées tel le tranchage, l’emballage, la mise en caisse et la palettisation, et en plus de véhicules autonomes.
“La modernisation des opérations permettra une production plus uniforme, ce qui répondra aux besoins de nos clients d’ici et d’ailleurs, a ajouté M. Gervais. Grâce à des équipements de pointe, l’usine bénéficiera du dernier cri technologique en matière d’emballage, lui offrant une flexibilité accrue favorisant l’utilisation de solutions écoresponsables. En alliant ces technologies à l’expertise de notre main-d’œuvre, nous maximiserons notre efficacité opérationnelle tout en valorisant le savoir-faire de nos équipes.”
Un projet responsable
Au niveau de la santé et de la sécurité au travail, les nouveaux équipements ergonomiques diminueront les tâches exigeantes physiquement pour les employés, permettant d’améliorer le confort sur les différents postes d’opération et de concentrer la main-d’œuvre sur les tâches exigeant davantage de précision.
Tout a été pensé dans le projet pour optimiser la consommation énergétique, incluant donc la récupération de la chaleur, une cuisson à l’eau permettant de réduire à zéro les émissions de GES liés à cette étape, et un échangeur thermique pour récupérer la chaleur des eaux usées, entre autres. Les systèmes de cuisson des jambons permettront quant à eux une gestion de l’eau en circuit fermé, beaucoup plus économe en énergie et en eau.
“Nous allons construire une usine de traitement des eaux primaires et secondaires, sur place, avec un bassin de rétention conséquent, destiné à gérer les ruissellements pluviaux. Des gains environnementaux seront donc obtenus grâce à la réduction des émissions de gaz à effet de serre provenant du transport et à la meilleure gestion du gaz naturel, des réfrigérants, de l’électricité et des matières résiduelles”, a conclu M. Gervais.
Localement, l’usine engendrera de nouvelles opportunités économiques grâce à la création d’environ 50 emplois, qui portera à 400 le nombre total d’employés, en plus de nombreux emplois indirects. L’entrepreneur retenu pour le chantier, Construction Bertrand Dionne, est drummondvillois, tandis que le secteur de la palettisation et de la mise en caisse sera conçu par Premier Tech, une entreprise de Rivière-du-Loup.
