Objectif de deux tonnes par année pour SUMO

En opération depuis bientôt quatre ans, l’entreprise trifluvienne SUMO prévoit être en mesure de produire en 2026 tout près de 2000 kg de cannabis, soit deux tonnes, grâce l’ouverture d’une troisième salle de floraison l’automne dernier.

Dans l’industrie québécoise du cannabis qui compte un peu plus de 70 joueurs, il s’agit d’une production relativement modeste, mais qui réussit néanmoins à se frayer un chemin sur les tablettes de la centaine de SQDC du Québec et même jusqu’auprès des consommateurs de cinq autres provinces canadiennes (Terre-Neuve, Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick, Ontario et prochainement Saskatchewan).

“Ici, on produit principalement des plans indica qui sont plus trapus contrairement aux plants sativa qui poussent plus en hauteur”, explique Jonathan Bossé, coactionnaire et directeur des opérations de SUMO.  Le cannabis issu de la famille indica procure un effet relaxant et sédatif tandis que son cousin sativa est davantage utilisé pour ses propriétés énergisante et stimulante.

Avec Francis Descôteaux et Éric Morel, il est le cofondateur de l’entreprise basée dans l’ancien centre international de couchage sur le boulevard Parent à Trois-Rivières. “On s’est incorporé en 2019, mais on a commencé à travailler sur le projet dès 2016, bien avant que Trudeau ne légalise le cannabis”, souligne Jonathan Bossé.

Depuis les débuts, c’est tout près de 20 millions$ qui ont été investis dans l’aventure de SUMO. “Ça prend les reins solides, car aucune banque au Canada n’accorde de financement aux producteurs de cannabis. Ce sont exclusivement des capitaux privés.”

Le cannabis produit par SUMO se démarque par son taux de THC élevé – de 25 à 30%, soit le maximum vendu dans les SQDC – et le procédé aéroponique utilisé comme méthode de culture. L’aéroponie est une méthode horticole hors-sol écologique où les racines des plantes sont suspendues dans l’air, enfermées dans une chambre, et vaporisées par un brouillard de solution nutritive. “C’est un type de culture qui nous permet d’avoir un meilleur contrôle au niveau des terpènes, c’est-à-dire sur l’odeur du cannabis”, note Jonathan Bossé.

L’Allemagne ferme ses portes

SUMO vendait une partie de sa production en Allemagne jusqu’au moment que le pays ne ferme ses portes aux exportateurs dans les derniers mois. “Tout le monde s’est retrouvé subitement avec de gros inventaires et ça a fait diminuer les prix”, poursuit le directeur des opérations, ajoutant que la frénésie suscitée par la légalisation du cannabis au Canada en 2018 s’est désormais estompée. D’ailleurs, des dizaines de producteurs ont fermé leurs portes depuis ce temps.

Le marché du Québec est évidemment le plus important pour l’entreprise trifluvienne. Quand elle va en appel d’offres pour regarnir ses succursales, la SQDC regarde différentes caractéristiques comme le taux de THC et les terpènes du produit proposé, son prix, sa génétique, mais aussi la réputation du fournisseur. “On se débrouille bien avec tous ces éléments, estime le directeur des opérations de SUMO. Dernièrement, un inspecteur de l’agence de revenu est venu nous rendre visite et en voyant nos chiffres, ils nous a dit qu’on allait bien.”

À l’intérieur de ses installations de 30 000 pieds carrés, SUMO possède l’espace pour aménager huit salles de floraison, mais l’entreprise n’entend  pas brûler les étapes. “Il faut gérer la croissance, Jusqu’ici, on a eu des investisseurs qui nous ont épaulés, mais pour les prochaines étapes, on est rendu à le faire avec nos propres revenus”, conclut Jonathan Bossé.