Les répercussions concrètes du soutien trifluvien au Sénégal
Une initiative de solidarité internationale lancée l’an dernier apporte des résultats positifs concrets dans la communauté de 2000 personnes de Khalambasse au Sénégal. Le projet, échelonné sur trois ans et porté par le Club du 1 % de la Communauté Partage et le Comité de solidarité Trois-Rivières, entre maintenant dans sa deuxième phase.
Le coordonnateur des partenariats et des projets internationaux au Comité de solidarité Trois-Rivières, Richard Grenier, s’est rendu au Sénégal en juin. Il a pu passer quatre jours à Khalambasse et constater l’avancement du projet communautaire.
“C’est un coin assez reculé du Sénégal. On arrive à Dakar et on a l’équivalent de quatre heures de route pour se rendre jusqu’à Khalambasse, un village composé de huit hameaux, distants entre 500 mètres et 1 à 2 km chacun. J’ai pu comprendre dans quel contexte plus précisément s’inscrit le projet, quels sont les forces de la communauté, les défis climatiques, les défis au niveau de la précarité, de la pauvreté, de la sécheresse, mais également tout le potentiel de ces gens-là, qui sont très motivés par ce projet de solidarité. Ils perçoivent ça comme une chance pour eux à saisir. Le projet a été initié en avril. En deux mois, j’ai été vraiment surpris de tout ce que la communauté avait déjà mis en place.”

Richard Grenier s’est rendu rencontrer la communauté de Khalambasse au Sénégal en juin.
La communauté, le Groupement d’intérêt économique agricole La Solidarité, s’était consultée afin d’établir les priorités et les premières étapes du projet. Il a été convenu de réhabiliter une parcelle du jardin communautaire.
“Le puits était à sec, la nappe phréatique était rendue tellement basse qu’ils ont dû d’abord recreuser le puits, manuellement. Ils ont gagné deux mètres cubes d’eau. Ils ont acheté un capteur solaire qui leur a permis d’activer une pompe au lieu d’aller chercher l’eau à la chaudière. Ça leur a donné beaucoup de motivation pour couler, je ne sais pas combien de milliers de briques, pour construire un mur pour protéger la parcelle pour éviter les vols, pour éviter que les animaux entrent.”

Le puits était à sec et il a dû être recreusé, manuellement.
Ils ont ensuite pu s’attarder au jardin.
“Les citronniers étaient déjà dans la parcelle. On a préparé la terre avec du compost pour faire les semences. On a d’abord planté le gombo, un légume traditionnel qui produit énormément. La première récolte a été excellente. Avoir accès à des légumes, c’est vraiment important pour l’alimentation. Comme c’est une coopérative, tout ça est réparti entre les membres qui peuvent décider d’utiliser les plants pour nourrir leur famille, mais également pour en vendre, se faire des revenus.”
Un autre aspect du projet était de générer des activités pour augmenter l’autonomie économique des femmes.
“Elles se sont regroupées et ont formé une coopérative de fabrication de savon artisanal à base de lait de chèvre. C’est tellement populaire qu’elles ont généré des centaines de dollars de revenus juste en fabriquant du savon qu’elles ont vendu dans la communauté et dans des villages aux alentours. Et là, les villages des alentours veulent également apprendre comment faire le savon pour eux-mêmes être autonomes.”
Le passage de M. Grenier dans la communauté sénégalaise lui a confirmé le bien-fondé que les organismes trifluviens apportent leur soutien à ce projet.
“Ça a vraiment fait une différence. On a de l’eau, on a un jardin pour la communauté, les femmes ont une dignité avec un travail, des revenus, et surtout, une belle motivation pour continuer. Leur joie était contagieuse. Ça m’a rempli de joie et ça me dit que ça a tellement de sens ce qu’on fait là. On devrait tellement multiplier cette expérience-là.”

Des femmes ont mis su pied une coopérative de fabrication de savon artisanal à base de lait de chèvre.
Boulangerie solidaire
La deuxième phase qui s’amorcera au printemps consiste à établir une boulangerie communautaire pour nourrir la population, créer des emplois, favoriser l’insertion sociale et tirer des revenus de la production de pain afin de gagner encore davantage en autonomie.
“Ils ont décidé de faire la première partie de la boulangerie cette année, l’infrastructure, le bâtiment lui-même et les équipements pour pouvoir fabriquer le pain, explique Lucie Plamondon du Club du 1 % de la Communauté Partage. Ça va être une production de 200 pains par jour. Ils vont être en mesure non seulement de fournir la population locale mais aussi les hameaux autour et ça va générer un revenu qui va leur permettre de faire les autres projets. Ça va débloquer des revenus pour donner de la formation et acheter les éléments pour faire la fabrication de savon dans les autres hameaux. Le côté circulaire, il est vraiment là.”
Le but du projet était de donner une autonomie financière à une communauté.
“On atteint déjà une partie du but à l’an 1. Imaginez quand on va avoir atteint l’an 3, de voir cette communauté-là devenir florissante. La quatrième année, avec la génération de revenus, ils vont être en mesure de faire la transformation du lait de chèvre, d’avoir des systèmes de réfrigération puis d’avoir une cantine mobile pour aller dans les écoles.”
Les membres du Club du 1 % ont commencé à amasser de l’argent. Une école de Saint-Pierre-les-Becquets a apporté sa contribution. On se tourne maintenant vers le grand public afin de compléter le financement pour l’an 2. Un lien sur la plateforme Zeffy est en place et permet d’émettre instantanément les reçus fiscaux pour don de charité.
“On a décidé qu’à la hauteur de ce que nous sommes, on était capable, en tant que communauté, de soutenir une autre communauté.”
