Les potagers de façade, une petite révolution verte à Trois-Rivières
Un potager n’a pas forcément besoin d’être caché derrière la maison. À Trois-Rivières, les légumes peuvent pousser en façade, puisque la pratique est permise par la réglementation municipale depuis plusieurs années. Mieux encore, la Ville souhaite maintenant que les citoyens soient plus nombreux à profiter de cet espace pour verdir leur quartier.
C’est dans cette optique que l’organisme Cultive le partage lance cet automne son projet Cultiver la biodiversité nourricière, une initiative visant à recenser les jardins nourriciers déjà présents sur le territoire et à encourager les citoyens à en aménager davantage.
» On veut juste rappeler aux gens que notre devant de maison existe et qu’il peut être utilisé « , explique Laetitia Bertolino, coordonnatrice générale de Cultive le partage. L’organisme ne souhaite toutefois pas limiter son projet aux jardins de façade.
L’idée est notamment de faire découvrir les possibilités qui existent déjà autour de soi. » Il y a beaucoup d’initiatives citoyennes qui existent déjà à Trois-Rivières. Quand on se promène, on voit des jardins de façade, des jardins sous des balcons, des jardins dans les ruelles « , souligne Mme Bertolino.

Laetitia Bertolino, coordonnatrice générale de Cultive le partage. (Photo Stéphanie Paradis)
Une carte pour montrer ce qui existe déjà
Cultive le partage veut d’abord brosser un portrait de cette réalité encore peu documentée. Une cartographie participative a été mise en ligne sur le site de l’organisme. Les citoyens peuvent y inscrire leur jardin, son emplacement, le type d’aménagement et les légumes qui y sont cultivés.
La carte doit éventuellement servir de point de départ à un circuit de découverte des jardins citoyens. Des jardiniers pourraient accueillir des visiteurs dans leur cour, montrer leurs aménagements, partager leurs trucs et échanger avec des gens de leur quartier.
Le projet comprend également cinq défis citoyens visant à mettre en valeur différentes facettes des jardins nourriciers. Un jardin particulièrement diversifié, par exemple, pourra prendre part au défi de la biodiversité et courir la chance de remporter un prix.
Des ateliers et des conférences consacrés au jardinage sont aussi prévus au cours des prochains mois. L’automne servira surtout à connaître les initiatives existantes et à mobiliser les citoyens. Cultive le partage souhaite passer à une deuxième phase au printemps 2027, davantage axée sur l’accompagnement.
L’organisme entend alors offrir des ateliers pratiques, des services-conseils et du soutien aux citoyens qui souhaitent démarrer un jardin ou améliorer celui qu’ils possèdent déjà.
» Il peut y avoir des problématiques dans le jardin. Qu’est-ce qu’on fait quand il y a une maladie, quand il y a des insectes nuisibles qui envahissent notre jardin? On veut être là pour accompagner, conseiller « , explique Laetitia Bertolino.
L’objectif est aussi de rendre le jardinage moins intimidant pour les personnes qui n’ont jamais cultivé de légumes. » En accompagnant et en offrant ce soutien aux citoyens, ça enlève peut-être une petite peur de se dire : Je ne suis pas capable, je ne sais pas comment m’y prendre « , ajoute-t-elle.
Une question de nourriture, mais pas seulement
Pour Cultive le partage, multiplier les jardins nourriciers permettrait de répondre à plusieurs enjeux à la fois. Il y a d’abord la sécurité et l’autonomie alimentaires. L’organisme, qui travaille notamment à récupérer et redistribuer des surplus alimentaires grâce au glanage, veut également favoriser les échanges de denrées entre citoyens.
Mais les jardins peuvent aussi contribuer au verdissement des quartiers et à la lutte contre les îlots de chaleur. » Si on amène plus de plantes, plus de verdissement en ville, c’est sûr qu’on favorise des îlots de fraîcheur en ville « , fait valoir Mme Bertolino.
Le projet cherche également à recréer des liens dans les quartiers, en favorisant le partage de connaissances et les échanges entre voisins.
La Ville veut voir fleurir les façades
La Ville de Trois-Rivières appuie l’initiative et voit dans les jardins nourriciers une façon de donner une dimension concrète à ses objectifs en matière d’agriculture urbaine et d’adaptation aux changements climatiques.
La pratique s’inscrit dans la continuité du Plan d’agriculture urbaine de la municipalité, qui doit d’ailleurs être revisité prochainement.
La conseillère municipale du district des Rivières, Nancy Sabourin, estime pour sa part que les jardins représentent une manière simple pour les citoyens de contribuer directement à leur milieu de vie. Il existe toutefois certaines règles à respecter pour aménager un jardin en façade, dont la conservation d’une distance d’un mètre entre le début du jardin et le trottoir.
Le projet Cultiver la biodiversité nourricière bénéficie d’un financement de 20 000 $ provenant du volet Rayonnement local du Fonds de soutien à l’environnement Mauricie, issu de l’Entente sectorielle en environnement et développement durable de la Mauricie.

