Les avocats de l’aide juridique manifestent à Trois-Rivières

Sans entente avec Québec, les avocats de l’aide juridique ont manifesté dans les rues de Trois-Rivières ce matin.

Provenant d’aussi loin que du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, mais aussi de Montréal, de la Montérégie, des Laurentides et de Lanaudière, les manifestants se sont fait entendre devant les bureaux de circonscription de Sonia LeBel, députée de Champlain, et de Jean Boulet, député de Trois-Rivières. Ils ont également fait un arrêt au parc Champlain, au centre-ville, de même qu’au palais de justice de Trois-Rivières, où les membres du Syndicat des avocates et avocats de l’aide juridique Mauricie-Centre-du-Québec-CSN ont rejoint les grévistes sur l’heure du dîner.

Le syndicat réclame le maintien de la parité salariale entre les avocats de l’aide juridique et les procureurs de la Couronne.

 «  Nous plaidons les mêmes dossiers, dans les mêmes tribunaux, devant les mêmes juges que les procureurs de la Couronne. Nous méritons le même traitement », affirme Me Valérie Thiffeault Duchemin, avocate au Bureau d’aide juridique de Trois-Rivières.

Avocat criminaliste à Montréal, Me Manuel Gerbelli-Gauthier a rappelé que les avocats de l’aide juridique bénéficient de la parité salariale avec la Couronne depuis maintenant 35 ans: «  Nous ne demandons rien de nouveau, seulement le maintien de ce principe d’équité élémentaire. Il est regrettable que la présidente du Conseil du trésor, elle-même ancienne procureure de la Couronne, veuille mettre fin à cette parité salariale entre la défense et la poursuite. »

Toujours sans entente avec Québec, les avocates et avocats de l’aide juridique ont manifesté, ce matin, devant le bureau de circonscription de la députée de Champlain, Sonia LeBel.

 les grévistes ont rappelé à la présidente du Conseil du trésor qu’elle a elle-même appuyé, par le passé, le principe de parité salariale entre les avocats et avocates de l’aide juridique et leurs collègues de la Couronne.

La situation entraîne également des difficultés de recrutement dans les services d’aide juridique, notamment dans les régions où de nombreux postes demeurent vacants. « Ce n’est certainement pas en créant deux classes d’avocats que le gouvernement pourra consolider le réseau de l’aide juridique », renchérit Me Émilie Lacroix, avocate de l’aide juridique à Rivière-du-Loup.

Plusieurs programmes gouvernementaux sont mis à l’arrêt en raison de ce conflit de travail, dont le programme Rebâtir, service de consultation juridique en ligne pour les victimes de violence sexuelle ou conjugale, ainsi que du traitement prioritaire des dossiers qui en résultent.

Le Tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et de violence conjugale, le Programme  d’accompagnement justice et santé mentale, le Programme de mesures de rechange pour les  adultes en milieu autochtone et le suivi des recommandations de la Commission Laurent sont  aussi perturbés.

Les syndicats de l’aide juridique affiliés à la CSN représentent 250 avocates et avocats de Montréal, de Laval, des Laurentides, de Lanaudière, de la Mauricie-Centre-du-Québec, du Saguenay-Lac-Saint-Jean, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. (M.E.B.A)