Le tiers du budget du Cabinet à Trois-Rivières Ville Forte: “On n’a pas le choix”
Ayant récolté au moins 20% des votes lors des élections municipales du 2 novembre dernier, le parti Trois-Rivières Ville Forte aura droit au tiers du budget du cabinet du maire.
Dans une lettre envoyée à la direction générale de la Ville le 1er décembre, la cheffe de Trois-Rivières Ville Forte “confirme la désignation de madame Édith Lachance, conseillère municipale du district de Marie-de-l’Incarnation, à titre de conseillère désignée pour notre formation politique au sein du conseil municipal de la Ville de Trois-Rivières.”
En vertu des articles 114.4 à 114.12 de la Loi sur les cités et villes, la reconnaissance officielle du parti Trois-Rivières Ville Forte et la présence d’un représentant au sein du conseil ouvrent la possibilité au parti d’obtenir un financement correspondant au tiers du budget du cabinet, ce qui représente 200 000$ sur les 600 000$ prévus au budget pour le cabinet du maire.
La Ville doit aussi fournir un local et un ordinateur au parti.
“On n’a pas le choix. C’est la loi, laisse tomber le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin. On ne peut même pas se poser la question si on accepte ou pas. C’est la loi. On va voir de quelle façon ça aura un impact sur la dynamique du conseil ou non. Ce sera à vérifier. Pour le reste, on verra ce que la population en pense.”
Les conseillers municipaux ont été informés de la situation durant la plénière, mardi après-midi. Une résolution à ce sujet a été ajoutée en affaires nouvelles à l’ordre du jour. “Pour l’instant, les gens sont étonnés de voir cette situation arriver. Les gens sont en train de digérer la nouvelle”, ajoute M. Aubin.
C’est la première fois que le conseil de ville de Trois-Rivières doit composer avec une personne élue sous la bannière d’un parti. La cheffe de Trois-Rivières Ville Forte, Pascale Albernhe-Lahaie, rappelle que “le fait d’être une formation politique vient avec des moyens prévus par la loi”. “On a procédé comme le font tous les partis politiques au Québec. Ce n’est pas spécial à Trois-Rivières. Ce qui est spécial ici, c’est que c’est la première fois que ça survient, indique-t-elle. C’est une somme qui est déjà au budget. Ce n’est pas de nouveaux sous qui apparaissent. C’est le législateur qui a prévu ça dans la loi pour assurer une diversité de voix.”
“Je constate aussi par la réaction des gens qu’il y a une méconnaissance à Trois-Rivières autour des formations politiques. Je veux rassurer les gens à l’effet que tout a été fait dans les règles de l’art. Édith reste une conseillère comme les autres. Jean-François Aubin s’est toujours présenté comme un maire rassembleur et équitable. C’est le moment de le démontrer et donner le ton. À la fin, l’objectif est de travailler ensemble dans une perspective de collaboration”, ajoute Mme Albernhe-Lahaie.
“C’est exagéré”
Le conseiller du district de Pointe-du-Lac, François Bélisle, considère que la situation est inéquitable. “Ça m’écœure royalement, lance-t-il. Il y a un préjugé favorable envers les partis politique municipaux au Québec. Je pense que Trois-Rivières est l’exception qui confirme la règle. Là, les échanges se font dans la cordialité, mais la situation avec Trois-Rivières Ville Forte, c’est très inéquitable. Venir amputer de 200 000$ par année un cabinet qui dessert tous les élus, car le parti a un représentant au conseil, ça représente presque un million de dollars par mandat. Je pense qu’ils auraient pu demander moins. C’est exagéré.”
La conseillère municipale du district de Marie-de-l’Incarnation et membre de Trois-Rivières Ville Forte, Édith Lachance, a décliné notre demande d’entrevue.
