Le chantier du nouveau quartier général de la police est lancé
Le chantier du futur quartier général du Service de police de Trois-Rivières est officiellement entamé. Les clôtures sont érigées et la machinerie est en action sur le site à l’arrière de l’actuel quartier général du boulevard des Forges.
Lors de la séance publique du 16 juin, le conseil municipal a donné son aval à l’octroi du contrat de construction à l’entreprise Therrien inc. à hauteur de 76,8 M$. Au total, le règlement d’emprunt pour couvrir les frais associés au projet se chiffre à 84 M$, un coût comparable à des projets similaires réalisés ailleurs au Québec.
“C’est une étape importante pour la sécurité publique. L’édifice actuel ne suffit plus. Il y a des limites à agrandir par en dedans. Par ailleurs, comme il n’y a pas d’aide du gouvernement provincial, il s’agit de l’emprunt le plus important de la Ville de Trois-Rivières depuis la fusion. Il fallait aller de l’avant, mais pour le conseil municipal, il y avait une condition, soit celle de respecter l’enveloppe de 84 M$ qui avait été établie. C’est resté à l’intérieur de ce montant. On aurait été mal pris si ça avait sorti plus haut”, souligne le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin.
“Maintenant, le grand défi reste de s’assurer que les coûts n’explosent pas et que le chantier reste sous contrôle”, ajoute-t-il.

Maquette du nouveau quartier général de la police de Trois-Rivières. (Photo courtoisie)
Au moment de sa construction, le quartier général actuel avait été pensé pour une centaine d’employés. Aujourd’hui, le Service de police de Trois-Rivières compte 270 employés, dont 230 policières et policiers.
“Le futur bâtiment sera mieux adapté pour accompagner les victimes, mais également pour répondre au large éventail de besoins en matière de sécurité, besoins qui se sont multipliés les dernières années. On pourra aussi ajouter du personnel, ce qu’on n’est pas capable de faire en ce moment, explique Maxime Gagnon, directeur général du Service de police de Trois-Rivières. On va également respecter les normes de confidentialité et de sécurités que nécessite un poste de police. Présentement, notre bloc cellulaire est au milieu du bâtiment. On doit parfois se promener avec des détenus et on croise, par exemple, une victime, un employé ou une secrétaire, ce qui n’est pas souhaitable. On manque aussi beaucoup d’espace à l’intérieur pour faire des rencontres.”
Les travaux de construction du nouvel immeuble, derrière l’actuel bâtiment, s’échelonneront sur une période approximative de deux ans. Les opérations policières y seront déménagées vers la fin de l’année 2028.
La phase de rénovation du bâtiment existant sera alors entamée pour permettre d’y accueillir la Cour municipale, actuellement située à la bibliothèque Maurice-Loranger, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.
“La Cour municipale au Cap-de-la-Madeleine a été initialement conçue comme étant une salle multifonctionnelle, utilisée autant par la bibliothèque que la Cour municipale. Cependant, la Cour municipale fait partie des dix grandes villes et on a 170 séances, c’est-à-dire pratiquement toutes les semaines de l’année, sauf l’été, ce qui en fait l’une des Cours les plus actives au Québec. On est rendu à un niveau où le décorum judiciaire nécessite une amélioration”, indique Alex Hamelin, directeur des Services juridiques à la Ville de Trois-Rivières.
Au nouveau quartier général, la Cour municipale disposera de deux salles dédiées aux activités de la cour. Une salle de rencontre sera également disponible. “En ce moment, on n’a pas de salle pour que les gens puissent rencontrer en confidentialité leur témoin ou leur avocat. Là, on aura des locaux adjacents aux salles de Cour pour qu’il puisse y avoir des rencontres confidentielles. Ce sera un gros avantage. Le comptoir sera aussi réaménagé pour les personnes à mobilité réduite et on pourra offrir une meilleure discrétion quand il y aura des rencontres, par exemple, avec le percepteur des amendes”, précise M. Hamelin.

Maquette du nouveau quartier général de la police de Trois-Rivières. (Photo courtoisie)
Qu’elle ait été rapatriée ou non dans le quartier général de la police, la Cour municipale aurait tout de même dû faire l’objet d’un réaménagement, au minimum, afin de respecter les nouvelles normes demandées par le ministère de la Justice. Il faut, par exemple, que le bureau du juge soit distinct du personnel de la Ville, alors qu’en ce moment, le bureau du juge est adjacent à la cafétéria des employés.
“La cohabitation avec la bibliothèque n’était pas toujours évidente. Souvent, quand des gens quittent mécontents, il y a de la frustration et les gens partent sur les chapeaux de roue. Pendant ce temps, il y a des familles qui viennent à la bibliothèque avec de jeunes enfants. Ce n’est donc pas idéal”, note M. Hamelin.
Les activités de la Cour municipale seront transférées dans le quartier général en 2029.

(Photo Marie-Eve Alarie)
