La surdité au quotidien

Jeune homme dynamique dans la vingtaine, Sébastien Beaudoin est sourd profond depuis l’âge de 6 mois. Positif et déterminé, cela ne l’a toutefois jamais empêché d’atteindre ses objectifs. Présentement étudiant en architecture au Cégep de Trois-Rivières, il a accepté de s’entretenir avec l’Hebdo Journal. Voici l’entrevue réalisée.

À quel âge as-tu commencé à avoir une interprète?

J’ai commencé à avoir une interprète à l’âge de 5 ans, soit au début de la maternelle. Ma grand-mère voulait que j’aille dans une classe adaptée, mais ma mère voulait que je m’intègre comme les autres, alors elle a décidé de prendre une interprète pour que ce soit plus facile pour moi de suivre.

Comment s’est passé le premier contact avec ton interprète?

Le premier contact avec Isabelle, c’était un peu avant la maternelle. Je ne m’en souviens pas très bien, mais je sais que je m’entendais très bien avec elle. Isabelle est arrivée dans ma vie et on a fait le primaire et secondaire ensemble.

Fais-tu seulement appel aux services d’une interprète pour l’école?

Oui, seulement pour l’école. Par contre, rendu au Cégep, j’ai dû choisir une autre interprète puisque Isabelle est employée par la Commission scolaire de la Riveraine et elle ne pouvait pas me suivre. Elle m’a aidé à choisir la bonne personne pour me suivre au Cégep. Elle s’appelle Hélène et on s’entend très bien.

Quels sont les avantages d’avoir une interprète avec toi?

C’est plus facile de suivre le professeur. Elle m’aide aussi un peu pour la lecture et m’explique des contextes ou des phrases que je ne comprends pas. Ça me sécurise.

Et les désavantages?

Il n’y a pas beaucoup de désavantages pour moi parce que je suis habitué. Souvent, le monde pense que c’est ma mère. Le fait d’avoir quelqu’un en tout temps pendant les cours peut parfois être désagréable parce que je dois toujours m’asseoir en avant et c’est aussi plus difficile pour trouver des coéquipiers pour les travaux d’équipe en raison de la présence d’un adulte avec moi.

En dehors de l’école, quelles sont tes ressources?

Si j’ai besoin d’une interprète en dehors de l’école, souvent je demande à Isabelle ou à Hélène, mais c’est très rare. Je me débrouille assez facilement. J’ai toujours accepté ma surdité et je me suis adapté à la société.

Quelle est la recette de ton bonheur?

La persévérance, être positif et foncer sont mes trois principes pour réussir dans la vie. Malgré les nombreux obstacles que j’ai vécus, dont le décès de ma mère, je me suis toujours relevé. Depuis que je suis jeune, j’ai toujours voulu fonder une famille, avoir une maison neuve et bien réussir dans ma carrière. Ça fait encore partie de mes projets d’avenir. Sinon, j’ai mon permis et mon auto, alors je peux me promener comme les autres. La seule différence, c’est que je porte des prothèses auditives.

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