La patrouille verte victime de “situations violentes”
Chaque été, les membres de la patrouille verte sillonnent les rues de la ville en vélo ou en auto pour sensibiliser la population aux bonnes pratiques d’arrosage afin de faire respecter le Règlement sur l’utilisation de l’eau. Cet été, toutefois, la patrouille verte a été victime de “situations violentes” de la part de citoyens.
Dans une publication Facebook publiée le 7 juillet, la Ville de Trois-Rivières mentionne que “plusieurs situations violentes se sont produites sur notre territoire envers nos patrouilleuses et nos patrouilleurs”.
“On comprend que les gens n’aiment pas nécessairement recevoir un avis et se faire dire que ce qu’ils font n’est pas permis, qu’ils pourraient éventuellement recevoir une contravention, mais il y a moyen de rester respectueux. Nos patrouilleurs ont rapporté plein de situations où ils se font engueuler, se font dire toutes sortes de choses et se font menacer verbalement. Dans certains cas, on est proche de la menace physique. Ce n’est pas tolérable”, insiste le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin.
“Calmons-nous, poursuit-il. Vous avez le droit de ne pas être d’accord. Vous voulez contester le règlement? Contestez-le, mais ne tirez pas sur les messagers. Ces gens ne font que leur travail.”
Le maire souligne aussi que le Règlement sur l’utilisation de l’eau fait état d’un enjeu bien réel sur le territoire.
“Les gens ne sont peut-être pas d’accord avec notre politique sur l’utilisation de l’eau, mais il y a un réel en jeu. Tous les étés, on entend des municipalités où il commence à manquer d’eau. Par ailleurs, il y a des objectifs gouvernementaux provenant du gouvernement du Québec qui nous disent d’appliquer ces règles. On les applique parce que ça a du sens de le faire, que les gens aiment le règlement ou pas”, complète-t-il.
La directrice générale par intérim, Annie Pagé, rappelle que la patrouille verte faisant partie du personnel de l’administration municipale, la Politique de prévention de la violence dans les interactions avec le personnel de la Ville de Trois-Rivières s’applique.
“Cette politique nous permet de prendre certaines actions, comme des mises en demeure ou encore des constats d’infraction à l’encontre des personnes qui manquent de civilité de façon importante et marquée envers notre personnel, prévient Mme Pagé. Au niveau de l’administration, on n’hésitera pas à faire appel à notre politique et à la faire appliquer.”
D’autres services aussi affectés par l’incivilité
La patrouille verte est un exemple parmi plusieurs autres services de la Ville de Trois-Rivières à se retrouver aux prises avec une problématique de manque de civilité de la part de citoyens. C’est le lot des employés du 311, mais également des employés du service de l’Aménagement. D’ailleurs, des mesures ont dû être mises en place pour augmenter la sécurité du personnel au Centre de services de l’Ouest.
“Depuis deux ou trois ans, on voit une recrudescence de l’incivilité, des gens qui ne sont pas contents, des gens qui filment les interventions avec les réceptionnistes, des gens qui crient. Il y a des cas difficiles à gérer humainement parce qu’on voit souvent de la détresse chez les gens et on agit en conséquence. Mais il y a aussi l’agressivité qui est de plus en plus présente. On a l’obligation de protéger nos travailleurs, alors on prend des moyens pour y arriver. Au Centre de services de l’Ouest, on a dû faire des travaux pour sécuriser l’accueil et sécuriser l’accès au service des permis”, explique Dominic Thibeault, directeur de l’Aménagement et du Développement durable à la Ville de Trois-Rivières.
L’employé à l’accueil se retrouve maintenant dans un espace fermé sécurisé par des vitres. Pour y entrer, une puce électronique est nécessaire. Plusieurs autres portes menant vers des salles de réunion, entre autres, ont également été sécurisées grâce à un système de puces électroniques.
“La réceptionniste demande au citoyen ce dont il a besoin et lui faire remplir un formulaire avec certaines informations. Pendant ce temps, elle contacte le technicien ou la technicienne. Quand la personne est prête, elle vient chercher le citoyen et l’amène dans une salle de réunion. Avant, l’espace à l’accueil était plus ouvert comparativement à maintenant”, précise M. Thibeault.
Il n’empêche qu’à la longue, le manque de civisme à l’égard des employés a un impact au sein de l’organisation municipale.
“Ce qu’on voit dans nos employés, c’est que les techniciens qui rentrent à la Ville arrivent chez nous, puis ils finissent par aller au génie ou aux travaux publics parce qu’ils ont le même classement, mais qu’ils n’ont pas besoin d’être en relation avec les citoyens”, note M. Thibeault.
“Ils vont surveiller des contrats d’asphaltage ou de déneigement, par exemple. C’est plus tranquille que de délivrer des permis où, chaque jour, tu dois dire à quelqu’un que le projet qu’il veut faire ne se fait pas parce qu’il vient à l’encontre de la réglementation, poursuit-il. Ça fait en sorte que dans ma direction, j’ai une moyenne d’ancienneté des techniciens qui est très basse. Il y a des jeunes qui rentrent. On les forme, ils deviennent bons, puis vont prendre des occasions ailleurs. Il faut refaire la formation chaque fois et, selon la formation initiale de la personne, la courbe d’apprentissage est plus intense pour en venir à apprendre tous les règlements.”
Jusqu’à présent, le nouvel aménagement du Centre de services de l’Ouest semble encourager un comportement plus courtois, remarque Dominic Thibeault.
