La Boîte ronde produira gratuitement un balado pour Les Horizons ouverts

Les Horizons ouverts de Shawinigan, un centre de jour pour adultes autistes qui propose des activités socioprofessionnelles, des ateliers d’habilités sociales, des loisirs adaptés, ainsi qu’un suivi psychosocial individuel et de groupe, est l’organisme qui a été choisi par l’agence de création vidéo La Boîte ronde de Trois-Rivières qui produira gratuitement une série balado.

Léonie Robitaille, productrice au contenu et associée à la Boîte ronde, admet qu’elle et son équipe ont été surpris du grand nombre d’organismes, 35, qui ont soumis leur candidature.

“On ne pensait pas qu’on en aurait autant, mais en même temps, le milieu communautaire a assurément des besoins en communications assez grands. Ça reflète les besoins criants de ce secteur-là. Porter un projet de balado, ce n’est pas non plus tout le monde qui a ce désir-là, c’est quand même un médium qui est impliquant.”

La sélection s’est donc avérée un peu plus longue et complexe que prévue.

“Ça a été un choix déchirant. Si c’était juste de moi, je les ferais tous! Tout le monde mérite une belle visibilité. Les organismes travaillent fort avec peu. Les Horizons ouverts se sont démarqués parce que c’est une organisation qui a beaucoup de richesses en termes d’histoire. Ils ont mis beaucoup d’idées de témoignages et d’idées de sujets dans le formulaire de candidature.”

Aux Horizons ouverts, la directrice Maude Paquette-Martin se sent privilégiée.

“C’est un projet qui nous a vraiment allumés.  Quand on a reçu l’appel qui nous indiquait que c’était nous qui avions été sélectionnés, on était vraiment enchantés, heureux de faire rayonner notre mission, nos usagers. Notre mission est vaste, notre clientèle a beaucoup de choses à dire, doit se faire entendre. Ce sont des gens qui n’ont pas souvent l’opportunité de prendre la parole. Les familles de ces personnes-là, c’est aussi important de les faire connaître.”

À La Boîte ronde, le comité de sélection ne connaissait pas Les Horizons ouverts malgré ses 22 ans d’existence, ce qui a indirectement influencé le choix final.

“Ce n’était pas un critère officiel, mais dans notre réflexion, on s’est aussi dit, le but c’est de donner une vitrine à des gens qui en ont besoin, souligne Mme Robitaille. Cet organisme-là, il gagne à être connu, il est justement dû pour avoir de la visibilité.”

“Quand on n’est pas touché par cette réalité-là, l’épanouissement des adultes autistes, on a moins tendance à nous connaître, convient Mme Paquette-Martin, mais on a toujours fonctionné à plein régime. Là, on a des nouveaux locaux qui nous permettent d’accueillir plus de gens. Est-ce qu’on a besoin de faire de la publicité? Pas du tout. Nos listes d’attente sont longues.”

La directrice des Horizons ouverts confie tout de même que le moment pour une plus grande visibilité ne pouvait être mieux choisi.

“C’est vraiment en phase avec où on est rendu, avec notre vision, où on veut aller. On est un organisme en pleine croissance. On a une entreprise d’économie sociale qui est aussi en pleine croissance. On a le vent dans les voiles. Il y a plein de belles nouvelles qui s’en viennent.”

La série balado servira surtout à présenter les usagers pour qu’ils puissent raconter leurs histoires.

“L’objectif principal, c’est de faire rayonner notre clientèle, de faire rayonner toutes leurs capacités, leur potentiel, et de faire voir à quel point c’est possible de s’épanouir comme adulte. Parler d’inclusion des personnes neurodivergentes, c’est le fil conducteur, le ton qu’on souhaite avoir dans les épisodes du balado.”

Les membres de l’organisme prendront part à la conception de la série.

“J’ai une équipe extraordinaire qui va accompagner les usagers qui vont participer à l’idéation. Ce n’est pas moi toute seule dans mon bureau qui ai réfléchi à la feuille de route des épisodes. Les membres vont participer à l’idéation du projet, avec l’aide précieuse de l’équipe de La Boîte ronde que j’ai trouvée extraordinaire. On y va à notre rythme, main dans la main. On veut bien faire les choses, on veut que ça soit quelque chose de qualité pour captiver l’auditoire, susciter la curiosité, initier des questionnements. Tant mieux si ça sonne des cloches à parents ou des personnes autistes qui sont un peu isolées ou qui ne connaissent pas les solutions qui sont offertes à eux après le parcours scolaire.”

La grande popularité de l’appel à projets incitera probablement La Boîte ronde à répéter l’expérience, peut-être en y apportant certaines modifications.

“On a tellement senti l’élan d’intérêt qu’il est bien possible qu’on renouvelle un appel à candidatures, peut-être pas exactement dans le même format, mais dans un type de projet campé, précise Mme Robitaille. On a toujours fait des pro bono, c’est dans notre ADN, mais c’étaient souvent des gens qu’on rencontrait par hasard.”

C’est une série de six balados d’environ 20 à 30 minutes qui sera produite pour l’organisme.

“En création de contenu, il y a énormément de types de formats. On trouvait que le balado et le communautaire étaient un mix efficace, considérant que souvent c’est plein d’histoires. Des organismes communautaires, ce sont des bénéficiaires, des causes, des actions, il y a tellement de matière à raconter que d’encapsuler une vidéo corporative courte, c’est limitatif. En balado, prendre le temps de raconter, ça peut être payant pour eux parce qu’on va mieux comprendre leur mission.”