Innofibre : 14 M$ pour de nouvelles installations
Le centre Innofibre se dote d’une infrastructure de recherche d’envergure afin d’élargir ses champs d’expertise en matière de produits biosourcés. La construction du nouveau bâtiment, installé dans le parc industriel des Hautes-Forges, est permise par un investissement d’un peu plus de 14 millions de dollars.
Par ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimedias.ca
« Ce qu’on vit actuellement, c’est qu’on se dote de moyens pour mieux répondre aux besoins de l’industrie », résume Jean-Philippe Jacques, directeur d’Innofibre.
S’ajoutant aux infrastructures situées sur le campus de l’UQTR, la nouvelle installation du boulevard Parent permettra de diversifier l’expertise du centre d’innovation vis-à-vis des produits forestiers.
Innofibre souhaite aller plus loin dans certaines sphères précises de la recherche dans le domaine forestier, notamment pour les produits non tissés, le biocharbon, les produits biosourcés, la valorisation des bioressources résiduelles et la décarbonation.
Le centre d’innovation accompagne près de 150 partenaires différents chaque année, dont des entreprises à l’échelle internationale.
« Notre rôle, c’est de faire une recherche qui n’est pas en laboratoire, qui est précommerciale. On souhaite vraiment accélérer la commercialisation, pour être en mesure de développer des prototypes qui vont pouvoir être testés par les clients de nos partenaires de recherche », ajoute le directeur du centre de recherche.
En misant sur de nouveaux équipements spécialisés et sur des conditions plus près de la réalité industrielle, Innofibre entend consolider son positionnement dans l’industrie forestière, en plus de sa spécialisation dans les pâtes et papiers, les emballages et les biomatériaux.
« C’est sûr que lorsqu’on souhaite améliorer notre offre de service, par défaut, l’équipe va grossir. Mais notre souhait, ce n’est pas d’être le plus gros centre de recherche. Bien au contraire, c’est d’être le centre de recherche le plus pertinent pour le secteur forestier. On veut vraiment créer la différence. »
Fidèle à ses habitudes de participer à la formation de la relève, Innofibre accueillera dans son nouveau centre des étudiants collégiaux et universitaires. Une expansion de 5000 pieds carrés est également possible sur le terrain attenant aux nouvelles installations.
Différentes contributions
– Ministère de l’Économie et de l’Énergie (MEIE) : 9,4 M$
– Développement économique Canada pour les régions du Québec (DEC) : 2,3 M$
– Innofibre : 2,3 M$
– Contribution du Fonds du Grand Mouvement Desjardins par le biais de la Fondation du Cégep de Trois-Rivières : 150 000 $
– Séquoia industries : 100 000 $
Valoriser les résidus
Chercheuse au sein de l’axe des extraits fonctionnels, Annabelle Saint-Pierre fait part des nombreuses réalisations d’Innofibre en matière de valorisation de biomasse, en particulier pour la réutilisation de déchets résiduels.
« On va chercher des molécules de matière végétale et on va leur trouver une fonction pour les valoriser, puis créer de la valeur avec quelque chose qui est un déchet initialement. »
« Par exemple, on travaille avec des conifères pour développer des désinfectants de surface. Honnêtement, on n’a jamais rien trouvé de plus efficace pour faire ce genre d’application », témoigne-t-elle.
Bien que son équipe soit située à l’emplacement d’Innofibre du campus de l’UQTR, les nouvelles installations du parc industriel comprennent des équipements qui sont « indispensables » à leurs recherches.
« Même si à la base les équipements sont plus adaptés pour des produits végétaux comme des écorces, des arbres, des copeaux, on peut même appliquer nos équipements à des matières un peu plus atypiques, comme des résidus animaux », explique Annabelle Saint-Pierre.
Son équipe travaille notamment à trouver une nouvelle vie à des coquilles d’œuf ou à des microalgues, afin de trouver des solutions plus durables.
