Fréchette veut s’attaquer à l’itinérance et promet des investissements à Trois-Rivières
Après un bain de foule sur la rue des Forges, la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) et candidate dans Trois-Rivières, Christine Fréchette, s’est rendue à la Halte Douceur de Point de Rue afin de discuter d’itinérance et de prendre connaissance du travail effectué sur le terrain.
Le directeur général de Point de Rue, Philippe Malchelosse, en a profité pour lui présenter le concept de la Halte Douceur, un lieu d’accueil destiné aux personnes en situation d’itinérance. L’organisme mise notamment sur une approche qui cherche à favoriser l’inclusion sociale et à créer des liens avec les différents acteurs du milieu.
» Ce qui est très important, c’est d’adapter ce qu’on va développer dans les différentes régions du Québec. Parce qu’une solution qui fonctionne à Montréal ne fonctionne pas nécessairement à Nicolet « , a fait valoir Philippe Malchelosse.

Philippe Malchelosse, directeur général de Point de Rue, pour parler du concept de Halte Douceur avec Christine Fréchette. (Photo Stéphanie Paradis)
Après 30 ans dans le domaine, le directeur général estime que le Québec doit revoir sa manière de comprendre et d’aborder l’itinérance. Selon lui, il ne suffit pas d’assurer une stabilité résidentielle aux personnes concernées. » Je milite beaucoup pour l’inclusion sociale, c’est-à-dire pas juste s’assurer de la stabilité résidentielle, mais que les gens puissent avoir un rôle de citoyens « , a-t-il expliqué.
Pour M. Malchelosse, le prochain gouvernement devra donc aller au-delà du financement des organismes. Il réclame d’abord une vision commune et une meilleure harmonisation des services. » Je préfère avoir une vision avant de déposer des millions « , a-t-il lancé, déplorant que le financement par projets puisse placer les organismes en compétition les uns avec les autres alors qu’ils poursuivent essentiellement le même objectif.
Le directeur général estime par ailleurs que Point de Rue aurait besoin de 1,7 million de dollars supplémentaires par année afin de répondre à l’ensemble de ses besoins. Il souhaite également que les services puissent être offerts de façon continue, plutôt que de dépendre de mesures saisonnières.
Christine Fréchette s’est dite impressionnée par l’approche de la Halte Douceur, notamment parce que celle-ci ne se limite pas à intervenir auprès des personnes en situation d’itinérance, mais cherche également à travailler avec les commerçants et les citoyens. » Ils arrivent avec une approche vraiment complète « , a souligné la cheffe caquiste, ajoutant que l’expérience trifluvienne pourrait servir de modèle ailleurs au Québec.
La candidate a profité de sa visite pour annoncer deux objectifs en matière de lutte contre l’itinérance si la CAQ obtient la confiance des électeurs. Elle souhaite notamment qu’un millier de personnes supplémentaires soient protégées contre la perte de leur logement grâce à un programme permettant aux ménages admissibles de consacrer un maximum de 25 % de leur revenu au loyer.
Elle veut également hausser de 5000 à 6000 le nombre de personnes que le gouvernement chercherait à sortir de la situation d’itinérance au cours de la prochaine année.
Christine Fréchette a aussi réitéré son intention de travailler à un plan d’action national sur l’itinérance, en collaboration avec les municipalités, le gouvernement fédéral, le secteur privé et les organismes communautaires. Un sommet ou rendez-vous national pourrait être organisé au printemps prochain afin de présenter ce plan et d’établir des indicateurs de suivi.
Elle reconnaît toutefois que le retour sous un toit ne constitue pas, à lui seul, une solution. » Ce n’est pas tout de sortir de la rue « , a-t-elle souligné, faisant notamment référence aux enjeux de santé mentale et de dépendance qui peuvent accompagner certaines situations d’itinérance.
La cheffe caquiste avait choisi Trois-Rivières pour parler d’itinérance puisqu’elle estime que le phénomène, longtemps associé principalement aux grands centres, s’est maintenant étendu aux régions. » Maintenant, c’est aussi à Trois-Rivières « , a-t-elle rappelé.
Près de 100 M$ pour les infrastructures hospitalières
La visite à Trois-Rivières a également été l’occasion pour Christine Fréchette de parler de santé et de confirmer un engagement financier important pour les infrastructures hospitalières de la ville.
La cheffe caquiste a annoncé son intention d’inscrire dans les plans du gouvernement, advenant une victoire de la CAQ le 5 octobre, un projet d’agrandissement et de modernisation du CHAUR de Trois-Rivières. Elle parle d’un investissement de l’ordre de 95 à 100 millions de dollars qui permettrait notamment d’ajouter quatre niveaux et de moderniser les lieux de travail ainsi que les équipements.
» Ça va donner un lieu à la fois pour les Trifluviens pour se faire soigner, et également pour le personnel, pour travailler dans un cadre de travail agréable « , a déclaré Mme Fréchette.
L’annonce s’inscrit, selon elle, dans une volonté plus large de faire des infrastructures en santé et en éducation une priorité.
