Du toilettage bienveillant pour un pitou content
En mars prochain, cela fera déjà un an que Les Petites patounes, une entreprise de toilettage mobile, a élu domicile sur le boulevard Sainte-Madeleine tout en mettant de l’avant une approche bienveillante du toilettage, le TCAP, ou le toilettage comportemental art au poil. Amélie Vallée, propriétaire, a misé juste avec son nouveau service. L’équipe des Petites patounes est passée d’une à quatre personnes, incluant l’ajout d’une précieuse partenaire d’affaires, Cathie Simard.
Les Petites patounes ne se définissent pas comme un salon de toilettage traditionnel, mais plutôt comme un service d’accompagnement comportemental appliqué aux soins de toilettage. Amélie est spécialisée dans le comportement animal et est issue du monde du toilettage. La spécialisation de Cathie est plutôt orientée vers le lien humain-animal et sur les produits de naturopathie. Chacune travaille avec ses forces et certaines interventions se font même à deux.
L’entreprise se situe à la frontière entre le toilettage, le comportementalisme canin et l’intervention humain-animal. Tout d’abord, les Petites patounes respecteront toujours le rythme de l’animal et refusent la contention forcée, le travail de toilettage à la chaine ainsi que la performance esthétique. “Notre objectif premier, ce n’est pas un toilettage parfait, c’est un toilettage parfait pour les émotions de l’animal”, soutient Amélie.
Amélie et Cathie encouragent également les gardiens à rester avec leur animal lors du toilettage qui devient alors une expérience relationnelle impliquant autant le chien que son humain. Les gardiens sont invités à participer avec des récompenses et des encouragements dirigés vers leur animal, et repartent avec des exercices à refaire à la maison. Le moment du toilettage est également une opportunité d’apprentissage pour le gardien qui apprendra à reconnaitre les signaux de stress, notamment, qui sont utiles bien au-delà du toilettage. “On n’éduque pas seulement l’animal. On éduque aussi l’humain à vivre les soins avec lui. Le toilettage, ici, c’est plus un cours qu’un service à la chaine”, précise Amélie. “On ne peut pas se concentrer uniquement sur l’animal et laisser tomber l’humain. On travaille avec les deux”, ajoute Cathie.
Lorsque le chien arrive à sa séance, les Petites patounes testeront tout d’abord, graduellement, les limites de l’animal, et arrêteront dès qu’il manifestera un inconfort. Elles en profiteront pour faire une pause incluant le jeu afin de l’aider à la gestion de ses émotions, avant de poursuivre avec la séance. Le progrès est mesuré en confiance et en apaisement, et non pas en rapidité. “Quand le chien nous dit : c’est trop, on s’arrête. Puis on se demande : qu’est-ce qu’on peut faire pour que ce ne soit plus trop?”, explique Amélie.
“On favorise toujours le choix plutôt que l’obéissance. Ce n’est pas la même chose. Même si ça prend plus de temps, même si les journées sont longues, on respecte toujours ce que l’animal est capable de donner. On ne va jamais obliger un chien parce que c’est plus facile pour nous”, ajoute la propriétaire.
D’ailleurs, les séances sont toutes filmées à fin d’analyse. L’équipe peut ainsi faire un suivi des progrès de chaque animal et contribuer à l’amélioration de leur pratique.
Un service qui se démarque
Amélie Vallée affirme que les Petites patounes sont les seules en Mauricie à offrir cette approche spécialisée et travaillent d’arrache-pied pour établir des collaborations avec les vétérinaires, les animaleries et les toiletteurs traditionnels de la région. Leur clientèle est principalement composée de chiens refusés dans les autres salons, les animaux réactifs ou traumatisés, ou encore les animaux qui ne peuvent être toilettés autrement que sous anesthésie.
“Voir le soulagement dans les yeux du client quand ça fonctionne enfin, c’est indescriptible”, révèle Amélie.
Les Petites patounes cumulent d’ailleurs de belles histoires à succès avec leurs visiteurs canins, comme celle de Théo, un schnauzer agressif lors du toilettage et devenu coopératif avec le temps. Lorsqu’il est arrivé chez les Petites patounes, il n’avait pas été toiletté depuis trois ans. La progression s’est faite graduellement et durablement, grâce notamment à l’implication assidue de la propriétaire de Théo. “Il n’acceptait pas de se faire toiletter, il mordait et mordait, raconte Amélie. Après trois mois, on faisait des toilettages complets. Aucune morsure! Beaucoup de gâteries, mais aucune morsure!”, lance-t-elle en riant.
Un espace pensé pour le bien-être
Amélie et Cathie voulaient concevoir un espace thérapeutique afin d’offrir une réponse concrète à la détresse animale et, par la bande, à la détresse humaine. “On a tout refait nous-mêmes, du sol au plafond, en pensant au stress et au confort des animaux. Même l’aménagement du local est une extension de notre philosophie!”, s’entendent-elles pour dire.
Les travaux ont été réalisés en seulement 12 jours : démolition de faux murs, reconstruction complète des pièces et nettoyage majeur.
Les salles sont fermées et insonorisées afin de réduire le stress et comportent une fenêtre pour les observateurs. Les chats et les chiens bénéficient d’entrées distinctes afin d’éviter tout croisement anxiogène. Une zone a aussi été dédiée à la connexion humaine, à l’évaluation et à la détente.
Les salles, quant à elles, sont équipées d’une table et d’un bain électrique ajustable, muni d’une rampe d’accès pour favoriser l’autonomie de l’animal.
À l’avant du local, on retrouve aussi une petite boutique axée sur les suppléments et le bien-être global.
L’investissement des Petites patounes est bien plus que financier, elles qui sont en formation continue. “On ne fait pas des formations pour être meilleures que les autres, on les fait parce que ça nous intéresse vraiment”, soutient Cathie. “La science évolue. Pourquoi est-ce qu’on n’évoluerait pas avec elle?”, enchaine Amélie.
“Notre objectif, au final, ce n’est pas de garder le client à vie : c’est d’offrir une porte de sortie quand il n’y en a plus.”
