Développement Chavigny: les voisins exigent des bâtiments de deux étages maximum

Plusieurs résidents du secteur autour du projet de Développement Chavigny étaient de retour à la salle publique de l’hôtel de ville, mardi soir, pour déposer un mémoire et émettre leurs exigences envers la Ville et le promoteur dans ce dossier. 

Le groupe de résidents demande notamment l’interdiction totale des sous-sols et des excavations profondes, aucun pieutage lourd par battage et l’obligation de présence de sismographes de surveillance, ainsi que l’assurance que le projet n’ait aucun impact sur « les égouts déjà saturés du secteur ».

Le groupe exige également une hauteur maximale des bâtiments limitée à deux étages « pour respecter notre quartier familial », tandis que le projet présenté récemment par le promoteur propose plutôt des bâtiments de trois à sept étages de hauteur.

« Un simple déplacement géométrique des blocs sur le terrain ne réglera rien, affirme Linda Bouchard, porte-parole de 65 résidents du secteur ayant signé une pétition pour s’opposer au projet. Nos exigences sont minimales et non négociables. On refuse catégoriquement de jouer à la roulette russe financièrement avec notre patrimoine. On demande aussi un cautionnement bancaire obligatoire à la charge du promoteur pour réparer tout dommage qui surviendrait sur nos propriétés pour les années à venir. »

Sylvain Desmarais, un autre résident du secteur concerné par le Développement Chavigny, craint également les impacts que pourraient avoir les travaux de pieutage sur le site de l’ancienne Villa du Jardin fleuri. 

« Quand ils ont pieuté pour le Colisée Vidéotron, on l’entendait chez nous sur la rue Dion et on sentait les vibrations à certains moments. Là, ce serait à côté de nous autres, rappelle-t-il. C’est un peu frustrant de voir qu’on s’est fait présenter pratiquement le même projet quelques mois plus tard. »

Questionné sur sa réaction face à ces demandes, le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin, indique « recevoir » ces demandes, mais souhaite également voir ce que le promoteur proposera.

« Après, on verra. C’est normal que, dans un premier temps, les citoyens nous mentionnent leur 100%, mais dans la vie, on n’a pas toujours notre 100%. Serons-nous capables de s’approcher de quelque chose? On verra, mais c’est difficile de se prononcer en ce moment », commente M. Aubin.

Le promoteur s’est montré ouvert à retravailler le projet. Une rencontre avec le maire de Trois-Rivières est d’ailleurs prévue dans les prochains jours. 

« La prochaine rencontre risque d’être plus importante pour la suite des choses. On verra ensuite pour la suite des choses », ajoute le maire.

La conseillère du district Chavigny, Maryse Bellemare, s’est engagée à remettre le mémoire citoyen et la pétition déposés par les citoyens du quartier. « Je rappelle l’importance de l’implication citoyenne et du dialogue. Les gens qui s’impliquent comme vous font grandir une ville. On fera un suivi avec les gens du secteur à la suite de la prochaine rencontre avec le promoteur », réagit Mme Bellemare. 

Rappelons qu’au lendemain de l’assemblée de consultation publique du 31 août, le conseil municipal avait décidé de retirer le point concernant les modifications réglementaires nécessaires à la réalisation du projet Développement Chavigny sur le site de l’ancienne Villa du Jardin fleuri de l’ordre du jour pour se donner une marge de manœuvre afin d’échanger avec le promoteur.

« On aurait pu mettre ce projet sur un certain statut sans possibilité d’ouverture de registre ou de processus de référendum, mais on a choisi d’opter pour un processus référendaire pour ce projet. Le dernier mot, c’est le citoyen qui va l’avoir », conclut le maire.

Le zonage actuel du terrain de l’ancienne Villa du Jardin fleuri n’autorise que des propriétés unifamiliales isolées d’un étage.