Développement Chavigny: vers une autre révision du projet?

Mardi soir, le conseil municipal de la Ville de Trois-Rivières devait décider d’aller de l’avant ou non avec les modifications réglementaires nécessaires à la réalisation du projet Développement Chavigny sur le site de l’ancienne Villa du Jardin fleuri. Les élus ont finalement décidé de retirer le point de l’ordre du jour pour se donner une marge de manœuvre afin d’échanger avec le promoteur. 

L’objectif est de connaître les intentions du promoteur quant à une éventuelle révision de son projet. 

« Ça nous permettra de prendre une décision éclairée. Ça nous donne l’occasion de continuer le dialogue dans un esprit de collaboration. Mon souhait est que la Ville, les citoyens et le promoteur travaillent ensemble pour en fait un projet harmonieux et adapté à la réalité du milieu, tout en tenant compte des enjeux de densification dans le secteur », explique Maryse Bellemare, conseillère du district de Chavigny. 

« On veut laisser une chance au promoteur de modifier le projet. On souhaite le rencontrer rapidement. Le dossier pourrait bouger d’ici la prochaine séance publique », précise-t-elle.

Le zonage actuel du terrain de l’ancienne Villa du Jardin fleuri n’autorise que des propriétés unifamiliales isolées d’un étage. Le promoteur souhaite y construire plus de 600 logements.

Lors de l’assemblée de consultation publique à ce sujet tenue lundi soir, plus d’une cinquantaine de résidents du secteur ont émis des préoccupations importantes en lien avec l’impact sur la circulation sur la rue Notre-Dame Ouest, l’impact du projet sur la nappe phréatique, la hauteur des bâtiments qui y sont prévus, ainsi que des craintes de voir la valeur de leur maison diminuer en raison du projet. 

« C’est clair que d’après ce qui est ressorti de l’assemblée de consultation lundi soir, les citoyens trouvent qu’il y a encore trop d’éléments dérangeants. La vraie question était de voir si on retirait le point ou non de l’ordre de jour. On a réalisé que si on continuait jusqu’à l’étape du registre, ça aurait pris seulement 12 personnes pour demander un référendum. Avec la mobilisation qu’il y a eue pour l’assemblée de consultation, c’était évident qu’il y aurait eu les 12 signatures nécessaires », indique le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin.

« Les reports et les retours à la table à dessin ont une limite. Pour le promoteur, c’est de l’argent qu’il dépense chaque fois, ajoute-t-il. Ça a une limite pour nos équipes aussi. Ça fait déjà un petit bout qu’on travaille sur un projet comme ça. À un moment donné, il faut tracer une ligne et dire on s’arrête là. On pense qu’il y a encore une possibilité. (…) L’évaluation qu’on a faite, c’est que le projet ne passerait pas tel qu’il est. Il faut écouter ce que les gens disent. En retirant le point, on veut se rasseoir avec le promoteur pour voir si on peut trouver une solution pour que le projet soit modifié et qu’il ait plus d’acceptabilité sociale. Le promoteur est sérieux et il a bien travaillé. Mais s’il n’y a pas de façon de retravailler le projet, le projet sera définitivement abandonné. »

Ultimement, la Ville ne souhaite pas que ce terrain demeure dans son état actuel, non développé. 

« Il reste peu de grands terrains du même genre dans la ville. Il faut le densifier, mais c’est de voir à quel niveau, avance le maire. Est-ce que des bâtiments de quatre ou cinq étages pourraient rejoindre davantage les gens? Ceux qui pensent qu’il y aura seulement des propriétés unifamiliales sur ce terrain, c’est de rêver. On ne peut pas dans le contexte actuel », conclut M. Aubin.