Désencombrement résidentiel: la Viderie mobile à la rescousse

À quelques semaines du traditionnel déménagement du 1er juillet, deux jeunes Trifluviens de 17 ans ont choisi de transformer un besoin observé dans leur quartier, une idée née sur les bancs d’école, en projet entrepreneurial. Avec Viderie Mobile, Olivier Bilodeau et Jules Massicotte offrent un service de ramassage d’encombrants misant sur l’accessibilité, le tri et la réutilisation.

Par Fatoumata Dapa / fdapa@lechodelatuque.com

Entre la fin du secondaire et leur entrée au cégep, Olivier Bilodeau et Jules Massicotte ont décidé de lancer Viderie Mobile, une entreprise spécialisée dans le ramassage d’encombrants, le désencombrement résidentiel et de petits travaux connexes à Trois-Rivières et dans les environs.

Le concept est né d’un constat simple: voir des objets abandonnés dans leur environnement immédiat et constater que certaines personnes manquent de ressources ou d’aide pour s’en départir.

“On était à l’école, on se demandait s’il y avait une façon qu’on pourrait se trouver un petit revenu en même temps d’un truc qui pourrait aider la ville ou rendre service au final”, explique Jules Massicotte.

Inspirés par le modèle de “junk removal”, les deux jeunes ont mis leur idée sur pied en quelques semaines: création des outils promotionnels, ouverture des réseaux sociaux, acquisition d’équipement de base et démarchage auprès des résidents.

“On voyait qu’il y avait un problème, puis qu’il y avait peut-être une solution qui n’est pas trop compliquée qu’on est capables d’offrir”, ajoute Olivier Bilodeau.

Leur service consiste à se déplacer chez les clients pour récupérer meubles, électroménagers, résidus de rénovation, débris ou objets encombrants. Ils offrent aussi certains services complémentaires comme le déplacement de mobilier, de petites démolitions, le démontage de structures ou l’aide à l’organisation d’espaces.

Les prix sont établis selon plusieurs critères, notamment le volume, le poids, l’emplacement des objets et le temps requis. Selon les entrepreneurs, les mandats réalisés jusqu’à maintenant ont varié entre 40 $ et 600 $.

“Le client nous envoie des photos, on lui donne un prix. Si après ça ce n’est pas rentable pour nous, ce n’est pas de leur faute. On est très honnêtes, très transparents avec les clients”, souligne Olivier Bilodeau.

Au-delà du service de ramassage, les deux associés disent vouloir limiter au maximum l’enfouissement. Une partie des objets récupérés est triée puis dirigée vers des filières de réemploi ou de recyclage, notamment par des dons aux organismes appropriés. C’est d’ailleurs l’un des éléments distinctifs de leur approche.

“Une partie de notre job, c’est de redonner une deuxième vie. Ça serait facile d’aller au dépotoir, on lâche ça dans la dompe puis laisser ça là, mais nous autres, ce n’est pas dans nos valeurs”, mentionne Jules Massicotte. “Puis le but, après, ce n’est pas de refaire du profit, de gosser la deuxième fois, c’est vraiment d’aider les gens. Par exemple, on a fait plusieurs voyages aux Artisans de la paix où plusieurs meubles ont été pris. Donc dès qu’il y a des choses qui sont réutilisables, on les envoie où on pense qui est le meilleur pour eux autres”, ajoute Olivier Bilodeau.

L’entreprise, qui existe depuis environ deux mois, fonctionne actuellement avec des remorques prêtées par leurs familles et des investissements initiaux consacrés notamment à la publicité et à l’adaptation d’un véhicule pour le transport.

Miser sur l’audace et la constance pour entreprendre à 17 ans

Pour les cofondateurs de Viderie Mobile, lancer une entreprise à cet âge repose autant sur une idée que sur la capacité de la concrétiser. Les deux jeunes entrepreneurs estiment que le courage, la détermination et la confiance sont des qualités essentielles pour passer de l’intention à l’action.

“C’est facile de parler, d’avoir des idées, mais de se lancer, d’être en face de clients, de gens, de leur présenter ça puis en démontrant que tu es sérieux là-dedans, avoir un bon pitch pour que les gens soient intéressés, c’est quelque chose”, explique Olivier Bilodeau.

“Ça prend du courage, de la confiance puis de la détermination parce qu’il y a toujours plus de travail qu’on le pense”, affirme t-il.

Ils soulignent aussi l’importance de l’audace et du sens humain dans leur démarche entrepreneuriale. “On a investi beaucoup de choses dans ça, puis ça veut dire qu’on croit en notre projet, mais avec ça, il fallait avoir, le courage de le faire. Il faut aussi avoir le bien de sa ville à cœur, ou juste avoir une tête à penser aux autres, ou de l’altruisme, quelque chose comme ça”, précise Jules Massicotte.

Au-delà du service offert, ils misent sur la proximité avec la clientèle et la fiabilité. “C’est important de respecter ta parole, d’être fiable, puis d’être organisé pour réussir à tout placer ça comme il faut. Être là quand les clients sont là, c’est important pour qu’ils soient satisfaits”, renchérit Olivier Bilodeau.

Des ambitions qui dépassent Trois-Rivières

Même si Viderie Mobile n’en est qu’à ses débuts, les entrepreneurs disent déjà réfléchir au potentiel de croissance. Ils souhaitent d’abord consolider leur présence dans la région avant d’envisager un développement plus large.

“Quand on est partis, je pense qu’on ne s’imaginait pas que ça allait grandir comme ça”, affirme Jules Massicotte. Sans fixer de limite précise à leur projet, ils envisagent déjà la possibilité d’élargir leur clientèle et éventuellement desservir d’autres villes. “On n’a pas une ligne d’arrêt. On va aller le plus loin qu’on peut”, résume Olivier, ajoutant: “Le ciel est la limite.”

Alors que la période des déménagements approche, les deux jeunes disent déjà avoir réservé certaines plages au début de juillet afin de répondre à la demande.

“On sait que c’est là que le besoin va être. On s’était préparés d’avance puis on est prêts. Les gens peuvent nous contacter via Facebook”, affirme Olivier Bilodeau.

En parallèle, ils souhaitent poursuivre certaines initiatives bénévoles amorcées dans leur quartier avec des opérations ponctuelles de nettoyage.

“Oui, on est entrepreneurs, mais on est aussi citoyens de cette ville-là. Il faut en prendre soin”, conclut Jules Massicotte.