Comment expliquer à un enfant qu’il a le cancer?

CANCER. Apprendre à quelqu’un qu’il a le cancer n’est pas une mince tâche. Mais comment doit-on s’y prendre pour expliquer à un enfant qu’il a le cancer? Concept bien connu dans le monde des adultes, le cancer est souvent une chose bien abstraite pour les enfants.

C’est souvent aux parents que revient la tâche de parler de la maladie à leur enfant. «Souvent, les parents vont utiliser des mots différents en fonction de l’âge. Certains parlent d’un envahisseur à combattre. D’autres vont tenter d’utiliser des référents connus en disant, par exemple, que c’est une maladie qui est plus forte que la grippe», explique Véronique Massé, conseillère à l’accueil et services aux familles pour Leucan, région de Québec.

Mais rares sont ceux qui utilisent vraiment le mot cancer. «C’est tout simplement parce que la plupart des enfants ne savent pas ce que c’est, indique Mme Massé. Les parents vont davantage imager la maladie. On peut, entre autres, leur prêter des livres pour imager les cellules cancéreuses. De plus, ils ont des recommandations faites par la psychologue de l’hôpital pour les mots à choisir.»

Il arrive aussi que des familles fassent appel à Leucan lorsque leur enfant est en fin de vie. «À cette étape-là, souvent les parents sont plus démunis, ils ne savent pas comment leur expliquer ça, remarque Mme Massé. Les enfants ne comprennent pas toujours bien le concept de la mort. Une journée, l’enfant peut sembler saisir qu’il ne sortira pas de l’hôpital et, l’autre jour, il peut dire à ses parents qu’il va faire tel projet en sortant de l’hôpital.»

Le cas d’Éliane

Hubert Bonneville et Joany Bellemare sont les heureux parents de la petite Éliane, 4 ans. Le couple de Saint-Étienne-des-Grès a appris le cancer de leur fille il y a deux ans. Éliane sait qu’elle est malade, qu’elle a le cancer. Mais ses parents ont préféré miser les actions à faire pour guérir le plus vite possible au lieu de miser sur ce qu’est sa maladie.

«On ne lui a pas donné de détails sur ce qu’est le cancer, indique sa maman. On a plus misé sur l’importance de se laver les mains et de faire attention aux microbes. Elle est plus conscientisée à ça.»

«On n’a pas eu besoin de lui expliquer vraiment, renchérit son papa. Elle venait tout juste d’avoir deux ans. C’est sa vie. Qui a des souvenirs avec l’âge de deux ans? Elle, à date, c’est ça sa vie. C’est normal pour elle d’avoir mal aux jambes, de manquer d’appétit et de faire de l’insomnie.»