Chez Siemens Énergie, Ruba Ghazal parle d’interdire les lockouts

L’autobus de campagne de Québec solidaire s’est arrêté devant Siemens Énergie sur la rue Bellefeuille à Trois-Rivières vendredi. La porte-parole Ruba Ghazal, venue écouter les travailleurs en lockout depuis bientôt six mois, a abordé un des engagements de Québec solidaire: l’interdiction des lockouts, au moment où les négociations pourraient reprendre entre les parties patronale et syndicale.

Accompagnée des candidats de Québec solidaire des circonscriptions de Trois-Rivières, Steven Roy Cullen, de Champlain, Katherine Heckersbruch, et de Maskinongé, Simon Piotte, Mme Ghazal a discuté avec plusieurs travailleurs présents sur la ligne de piquetage.

« L’employeur Siemens a décidé de mettre à la porte, avec un lockout, une centaine de travailleurs, en faisant de l’économie sur leur salaire au lieu de négocier pour leurs conditions de travail. On a un employeur qui fait des profits mirobolants de 16 milliards de dollars et qui décide, alors qu’on est en pleine crise du coût de la vie où tout coûte extrêmement cher, de dire à des travailleurs:  »je vous remercie, ne venez pas travailler, je ferme l’usine ». Pendant ce temps-là, il en profite pour faire des projets dans son usine, c’est totalement inacceptable. La place de cet employeur-là avec les travailleurs devrait être autour de la table de négociation. C’est comme ça qu’on règle les conflits de travail. Ça ne se règle pas en disant aux gens de sortir de l’usine, de les mettre à genoux et de les mettre dans une précarité financière. C’est vraiment un comportement sans cœur. »

L’interdiction des lockout qui figure dans le programme de QS s’inspire d’autres pays.

« Ça se fait en Europe notamment, au Portugal, en Espagne, en France, dans des pays modernes où les droits des travailleurs et des travailleuses ne sont pas bafoués. Cette pratique-là, c’est une pratique d’un autre âge. Ça ne devrait pas exister dans le Québec de 2026. On n’est pas en 1950. Ce n’est pas la première fois que je vais rencontrer des travailleurs un peu partout au Québec (dont les employeurs) mettent les gens à genoux en pensant qu’ils vont plier. Ça ne marche pas. »

Elle aimerait que d’autres partis emboîtent le pas dans son engagement d’interdire les lockouts.

« J’ai entendu tous les chefs de partis dire qu’ils se préoccupent du coût de la vie. Maintenant, il ne suffit pas juste de s’en préoccuper. Il faut aussi poser des gestes. Un des gestes, c’est d’interdire cette pratique des lockouts qui va à l’encontre et qui brime les droits des travailleurs et des travailleuses. »

Elle a invité la première ministre sortante et candidate caquiste dans la circonscription de Trois-Rivières, Christine Fréchette, à venir elle aussi discuter avec les travailleurs de Siemens.

« Il reste encore du temps. Ça a été dit par les Métallos: ils ne sont pas partisans. Ils ne viennent pas avec nous juste parce que c’est Québec solidaire. Ils viennent avec n’importe quel élu, n’importe quel candidat, encore plus quand c’est la première ministre. Qu’elle vienne rencontrer les travailleurs et les travailleuses, comprendre l’impact sur leur vie. »

Par ailleurs Mme Ghazal a été questionnée sur sa première présence à Trois-Rivières durant la campagne à moins de trois jours de l’élection.

« C’est pour dire aux gens que ce sont eux qui ont le pouvoir d’envoyer le maximum de députés solidaires à l’Assemblée nationale parce qu’on va être le rempart contre les coupes dans nos services publics, contre l’austérité. Il y en a qui vous ont dit de voter stratégique. Moi je vous dis: votez avec votre cœur si vous êtes d’accord qu’il faut protéger les droits des travailleurs et travailleuses, si vous êtes d’accord qu’il ne faut pas couper dans les services publics. »

La porte-parole solidaire convient qu’elle aimerait minimalement conserver le même nombre de députés qui avaient été élus à l’élection de 2022.

« J’invite les Québécois et Québécoises à envoyer le maximum de députés de Québec solidaire à l’Assemblée nationale. À chaque fois qu’on a eu un député de plus, ça a fait la différence. Il y a des régions, que ce soit en Estrie, que ce soit à Québec, où on a plus entendu parler de la voix des députés de Québec solidaire que la voix de ministres, de députés du gouvernement. »

Reprise imminente des négociations

Le président de la section locale 8396 du Syndicat des Métallos, Michael Proulx, a brièvement pris la parole durant la mêlée de presse de Ruba Ghazal pour témoigner de l’état d’esprit des travailleurs en lockout depuis le 15 avril.

« Un conflit de travail, ce n’est jamais facile. Ça amène son lot d’incertitude, de problèmes. Il y a des séparations qui peuvent survenir suite à ça, des difficultés financières. Interdire les lockouts, c’est sûr que nous, on n’est pas contre ça, certainement. Le Syndicat de la métallurgie a toujours la volonté de retourner à la table pour parvenir à un règlement dans le but d’une conclusion de convention collective. »

Il a été permis d’apprendre que les syndiqués et la partie patronale pourraient très bientôt reprendre les négociations qui sont au point mort depuis le 30 juillet.

« Il y a des dates qui sont en train de se présenter, prochainement, dans un horizon aussi près que la semaine prochaine. »